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Francis Faubert et Stéphanie Boulay se construisent un nid dans la Petite-Nation

L’équipe de l’émission Les Malins a demandé au couple d’artistes formé par Stéphanie Boulay et Francis Faubert d’enregistrer leurs réflexions sur ce qu’ils vivent ensemble, en ce temps de confinement, afin de les partager avec le public.

Un homme et une femme assis, main dans la main, devant un champ en début printemps.

L'auteur-compositeur-interprète natif de l'Outaouais Francis Faubert partage son confinement avec son amoureuse, Stéphanie Boulay, du duo les Soeurs Boulay.

Photo : Avec la gracieuseté de Francis Faubert

Marika Bellavance

Un temps d’arrêt à la campagne, en Outaouais. C’est le choix qu’ont fait l’auteur-compositeur-interprète Francis Faubert et Stéphanie Boulay, l’aînée des deux sœurs Boulay, il y a deux mois, alors que le monde entier était mis sur pause.

En couple depuis plus d’un an, les nouveaux fiancés cherchaient un lieu où s’évader de la ville depuis déjà un bon moment. En octobre dernier, leur choix s’est arrêté sur une maison au Lac-Simon, dans la Petite-Nation.

Pour Francis, natif du petit village de Duclos, près de Wakefield, ce retour aux sources lui fait du bien. J'ai toujours été très attaché à l'Outaouais, mentionne l’artiste.

Un homme qui qui coupe une planche de bois avec un scie à onglets.

Francis Faubert demeure très attaché à la région outaouaise, où il est né.

Photo : Avec la gracieuseté de Francis Faubert

Avant la pandémie, on était la moitié du temps à Montréal, l'autre, à la campagne, explique-t-il. Mais dans les circonstances actuelles, ces allers-retours n’étaient plus nécessaires. Les amoureux ont choisi de s’isoler dans leur « petit paradis », loin de la métropole.

Je sens vraiment qu’on a changé de vie depuis deux mois. Revenir à la vie d’avant, à Montréal, ce serait “bousculant”, affirme Francis.

Pourtant, le rythme de vie qu’ils ont adopté à la campagne n’est pas plus lent qu’en ville. Au contraire, leurs journées sont plutôt chargées.

On a deux litres de kombucha qui fermentent, une serre avec un potager, trois poules, un poulailler qu’on a fait nous-mêmes, [Stéphanie] fait du pain.

Francis Faubert, auteur-compositeur-interprète
Une femme en train d'utiliser un rouleau à pâte sur un comptoir de cuisine.

Stéphanie Boulay profite du confinement pour littéralement mettre la main à la pâte, notamment en faisant son pain.

Photo : Avec la gracieuseté de Francis Faubert

En fait, on travaille plus ici qu’à Montréal, renchérit Stéphanie. Mais c’est un travail qui leur plaît. On réalise qu’on aime ça, être à la campagne, souligne-t-elle.

Bien qu’ils apprécient cette nouvelle réalité, les artistes ressentent un certain niveau d’incertitude par rapport aux prochains mois. On vit sur nos réserves en ce moment. Si on veut continuer à vivre comme ça, ça va prendre un revenu, un moment donné, s’inquiète la chanteuse.

Un métier à l’avenir incertain

D’ailleurs, ce temps d’arrêt apporte son lot de questionnements.

La tournée de Stéphanie, avec sa sœur Mélanie Boulay, a dû être interrompue en raison de la crise. De son côté, Francis avait, lui aussi, plusieurs spectacles de prévus au cours de l’été. Comme tous les artistes, le couple se retrouve maintenant devant l’inconnu. Et cette incertitude les préoccupe.

Mélanie et Stéphanie Boulay en prestation dans le studio d'ICI Musique.

Les soeurs Boulay étaient en pleine tournée quand la COVID-19 a mis un frein à leur série de spectacles.

Photo : Radio-Canada / ICI Musique / Mathieu Lavoie

Je ne sais pas si le live, aller voir des shows, va rester une priorité pour les gens. Je ne sais pas c’est quoi, l’avenir de notre métier.

Stéphanie Boulay, auteure-compositrice-interprète

En ce moment, tout le monde est en train de réfléchir à une façon de se démarquer, note Francis. C’est beaucoup de pression.

Un mode de vie minimaliste

Cette pause leur permet également de prendre un certain recul par rapport à leur carrière et aux dépenses qui y sont rattachées.

La coiffure, les vêtements, les restaurants : ça me coûtait cher d’être une chanteuse, réalise Stéphanie.

Même son de cloche chez Francis, qui énumère aussi le coût des hôtels, des musiciens, des techniciens et du transport. Et il faut payer notre loyer, ajoute-t-il.

Une femme qui fait du jardinage sur une table.

Les semis du couple Faubert-Boulay sont prêts à être transplantés dans le potager.

Photo : Avec la gracieuseté de Francis Faubert

Ce nouveau rythme de vie, plus minimaliste, leur apparaît plus économique. Avec le potager, l’argent qu’on sauve en tomates, en légumes, ça a un prix, fait-il valoir.

Retourner à Montréal? Rester à la campagne? Chose certaine, ils ont encore envie de faire de la tournée. Je pense qu’on profite du moment pour s’autonomiser, diminuer notre coût de vie et pouvoir continuer à faire ce métier-là, constate Francis.

Malgré tout, les amoureux se considèrent « chanceux » et « privilégiés » de pouvoir passer du temps ensemble à la maison. Et ils ont une pensée pour le personnel soignant et les travailleurs essentiels, qui vont au front chaque jour depuis le début de la crise.

Il y en a pour qui ce n’est pas une opportunité. C’est une crise et de l’overtime. C’est du sacrifice. C’est pas mal moins “arc-en-ciel” pour eux autres.

Francis Faubert, auteur-compositeur-interprète

Entre-temps, les deux fiancés continuent d’accumuler les projets.

Le potager dans la serre attend juste de se faire mettre dans le jardin, dit Francis.

J’ai appris comment [construire un poulailler]. Je n’avais jamais rien construit avant, précise Stéphanie.

Et ensemble, ils se construisent un quotidien à deux, dans leur petit coin de paradis. Ce qui ne les empêche pas d’espérer que le public sera au rendez-vous lorsque la crise sera terminée.

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