•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le taux de chômage atteint un record historique au Manitoba

File d'attente dans un bureau de Service Canada.

Il faut remonter à 1994 pour voir un taux de chômage presque aussi élevé au Manitoba.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Le taux de chômage au Manitoba a atteint un sommet historique en avril, à 11,4 % de la population active. Environ 1 emploi sur 12 a disparu dans la province au cours des deux premiers mois de la crise sanitaire provoquée par le nouveau coronavirus.

Il faut remonter à février 1994 pour voir un taux de chômage presque aussi élevé au Manitoba. Selon Emmanuelle Bourbeau, qui est économiste principale à Statistique Canada, il était alors à 10,3 %.

Le taux de chômage avait déjà légèrement progressé en mars, pour atteindre 6,4 % de la population active. En février, soit il y a tout juste trois mois, ce taux était de 5,2 %.

Près d’un quart des jeunes sans emploi

Les jeunes de 15 à 24 ans ont connu la plus forte diminution du nombre d’emplois. On constate une hausse de 11 points de pourcentage, explique Emmanuelle Bourbeau. Le taux de chômage pour cette catégorie de population est de 24,6 %. En comparaison, seuls 9,6 % des 15 à 24 ans étaient sans emploi en février.

Le retrait de milliers de jeunes adultes de la main-d'œuvre manitobaine a un impact démesuré sur l'économie provinciale, malgré leurs salaires relativement bas, selon Fletcher Baragar, qui est économiste à l'Université du Manitoba.

Ce groupe dépense beaucoup. Ses membres vivent essentiellement d’un chèque de paie à l’autre. Donc, ils ont une forte propension à dépenser. Ils n’économisent pas beaucoup, explique-t-il.

Près de 44 % des pertes d’emplois dans le commerce, l’hébergement et la restauration

Les secteurs du commerce de gros et de détail, les services d’hébergement et de restauration sont les secteurs qui ont été les plus touchés par la variation de l’emploi entre mars et avril, ajoute Mme Bourbeau.

Ces secteurs représentent 43,5 % des pertes d’emplois dans la province au cours des deux derniers mois. Ce sont aussi des emplois peu rémunérés, ce qui signifie que les personnes ayant les plus faibles revenus au Manitoba ont aussi été celles qui ont été les plus durement frappées par la crise.

Les secteurs des soins de santé et l’assistance sociale, eux, représentent 17,1 % des pertes d’emplois. La raison principale en est que beaucoup de cliniques dentaires et d'autres services de soins non urgents ont dû fermer leurs portes pendant de nombreuses semaines.

À l’inverse, l’emploi a peu varié dans les secteurs de l'agriculture, financier, des assurances et de l’enseignement, précise Emmanuelle Bourbeau.

21 % des gens qui travaillaient en février ont subi les effets de la COVID-19

En réalité, le nombre de personnes sans emploi est probablement plus élevé parce que de nombreuses personnes ne travaillent plus durant autant d’heures qu’avant, soit parce que leur entreprise a fermé et fonctionne au ralenti, soit parce qu’elles doivent rester à la maison pour prendre soin de leurs enfants.

Si on regarde les absences et les effets cumulatifs sur le marché du travail depuis le début de la pandémie, on constate que la hausse totale des absences susceptibles d’être attribuables à la COVID-19 depuis février [est de] 136 400 [personnes], précise Emmanuelle Bourbeau.

Si on inclut ces absences-là en plus de la perte d’emploi au cours de la période de deux mois, l’effet global est que 20,8 % des personnes qui avaient un travail au mois de février ont subi des effets pouvant être liés à la COVID-19, poursuit-elle.

Les prochaines statistiques concernant le chômage seront publiées le 5 juin.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir
Avec les informations de cbc

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !