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L’Inde est la première démocratie à imposer une application de traçage de la COVID-19

Des personnes portant des masques regardent leurs téléphones cellulaires.

Des millions de travailleuses et de travailleurs sont obligés de télécharger l'application de traçage de la COVID-19 en Inde.

Photo : afp via getty images / INDRANIL MUKHERJEE

Radio-Canada

Si plusieurs pays encouragent leur population à télécharger une application pour tracer les contacts des personnes contaminées par le nouveau coronavirus, l’Inde est devenue, cette semaine, la première démocratie à le rendre obligatoire pour des millions de personnes, soulevant des inquiétudes en matière de vie privée.

Baptisée Aarogya Setu, l’application est offerte en téléchargement depuis le début d'avril, mais l’Inde a seulement commencé son déconfinement lundi. Même si la politique officielle du pays est que l'adoption de l'application est facultative, tout le personnel gouvernemental est obligé de la télécharger. De nombreuses grandes entreprises privées, des commerces et certains territoires particulièrement touchés par le virus l’exigent aussi, selon le site Buzzfeed News (Nouvelle fenêtre).

Les personnes obligées de télécharger Aarogya Setu qui refusent de le faire pourraient perdre leur emploi, être mises à l’amende ou même aller en prison. L’application a été téléchargée plus de 90 millions de fois.

Ce genre d’obligation n’a été mise en place dans aucun autre pays démocratique, selon le Covid Tracing Tracker de la revue MIT Technology Review (Nouvelle fenêtre), un outil qui permet de comparer l’utilisation des applications de traçage partout dans le monde.

En Chine, toutes les personnes doivent scanner un code QR affiché sur leur téléphone à l’entrée de tout lieu public, que ce soit un autobus ou un commerce, pour avoir l'autorisation d’entrer ou non. Tout comme en Inde, l’application est techniquement facultative, mais les déplacements des gens qui ne la téléchargent pas sont extrêmement limités.

Respect de la vie privée

Au-delà de l’obligation de télécharger l’application pour des dizaines de millions de personnes dans ce pays qui n’a aucune loi sur le respect de la vie privée, ce qui inquiète des spécialistes en cybersécurité est le fonctionnement même de l’application.

L’Inde avait initialement annoncé qu’elle se servirait du système de traçage de Google et d’Apple, basé sur la technologie Bluetooth. Celui-ci assure un certain respect de la vie privée en ne récoltant aucune information comme le nom de la personne, son état de santé ou son emplacement géographique.

Le pays a plutôt décidé de développer sa propre application qui se sert des données de géolocalisation des gens et qui leur demande des informations personnelles. Et le gouvernement est, jusqu’à maintenant, peu transparent sur la manière dont les données sont stockées.

Il y a ici une violation des droits de la personne qui est injustifiée, a déclaré l’analyste du groupe de droits numériques Access Now au MIT Technology Review. Il y a un risque que cet outil puisse être reconverti en outil de surveillance après la pandémie.

On ne sait toujours pas si une telle application verra le jour au Canada. Le premier ministre, Justin Trudeau, a confirmé la semaine dernière que son gouvernement jonglait avec l'idée d'avoir recours à des moyens technologiques pour tracer les cas de COVID-19, tout en affirmant que les données personnelles des gens devaient être protégées si le Canada choisissait cette voie.

L’Alberta et le Nouveau-Brunswick sont les deux seules provinces ayant confirmé qu’elles offriraient une application de traçage.

Avec les informations de MIT Technology Review, et Buzzfeed News

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