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La température et la latitude ne semblent pas associées à la propagation de la COVID-19

Mais la fermeture des écoles et l'éloignement physique ont des effets positifs pour la contrer.

Un thermomètre devant la Place des Arts de Montréal montre une température de 36 degrés celcius.

Ni la température ni la latitude ne semblent avoir un effet probant sur les risques de propagation du SRAS-CoV-2.

Photo : iStock / Marc Bruxelle

Radio-Canada

Ni la température ni la latitude ne semblent avoir un effet probant sur les risques de propagation du SRAS-CoV-2 à l’origine de la COVID-19, montre une étude menée par des scientifiques de l’Université de Toronto.

Une croyance présidentielle

Beaucoup de gens pensent que le nouveau coronavirus s’en ira en avril avec la chaleur [...] d’ici avril ou au cours du mois d’avril, la chaleur tuera ce genre de virus, affirmait Donald Trump le 10 février dernier, voulant minimiser les risques que représentait le SRAS-CoV-2.

La Maison-Blanche brandissait à l’époque des travaux préliminaires qui laissaient entendre que le virus s’affaiblit dans une atmosphère chaude et humide ainsi que sous les rayons du soleil.

L’idée n’était pas déraisonnable. La propagation de certains virus, comme celui de l’influenza, suit des schémas saisonniers. C'est même le cas pour certains autres coronavirus, comme ceux qui causent le rhume, qui ont tendance à se développer davantage durant la saison froide.

Mais les résultats des récents travaux du Dr Peter Jüni et de ses collègues de l’Université de Toronto, comme d'autres avant eux, ne soutiennent pas cette réalité. Ils ont montré peu ou pas d'association entre la latitude et la température dans l’évolution de la pandémie. Ces résultats ont même surpris les chercheurs, dont le détail des travaux est publié dans le Journal de l’Association médicale canadienne (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Nous avions mené une étude préliminaire qui laissait à penser que la latitude et la température pouvaient jouer un rôle, mais lorsque nous avons répété l'étude dans des conditions beaucoup plus rigoureuses, nous avons obtenu le résultat inverse.

Peter Jüni, Peter Jüni, médecin à l'hôpital St Michael associé à l’Université de Toronto

Par contre, une faible association a été observée avec le taux d’humidité dans l’air. D’autres travaux devront être menés pour explorer ce lien.

À l'inverse, les interventions de santé publique ont été fortement associées à une réduction de la croissance de l'épidémie.

L'étude canadienne a porté sur 144 zones géographiques d'Australie, des États-Unis et du Canada ainsi que d’autres pays. Au total, plus de 375 600 cas confirmés de COVID-19 ont été analysés.

Les données de pays comme la Chine, l'Italie, l'Iran et la Corée du Sud ont été exclues des analyses parce qu’au moment de l’étude, le virus était soit en déclin, soit au pic de son évolution.

Pour estimer cette évolution dans les autres pays, les chercheurs ont comparé le nombre de cas au début et à la fin de mars pour déterminer l'influence de plusieurs facteurs, tels que la latitude, la température, l'humidité, la fermeture des écoles, les restrictions des rassemblements et l’éloignement social.

Les trois derniers facteurs semblent pour leur part avoir un effet positif sur la propagation.

Notre étude fournit de nouvelles preuves, en utilisant les données mondiales de l'épidémie COVID-19, que ces interventions de santé publique ont réduit la croissance de l'épidémie.

Peter Jüni, médecin à l'hôpital St Michael associé à l’Université de Toronto

À l’heure du déconfinement

Le Dr Jüni estime que les résultats de la présente étude sont d'une grande pertinence puisque de nombreux pays, et certaines provinces et territoires canadiens, envisagent d'assouplir ou de retirer certaines de ces règles de santé publique.

Sa collègue Dionne Gesink, co-auteure des travaux et épidémiologiste à l’École de santé publique Dalla Lana, affirme que le respect de ces règles demeure essentiel, particulièrement au moment de l’arrivée de l’été au pays.

Il est important que les gens le sachent. Ces interventions de santé publique sont vraiment importantes parce qu’elles sont la seule chose qui fonctionne en ce moment pour ralentir la pandémie.

Dionne Gesink, épidémiologiste à l’École de santé publique Dalla Lana

Les auteurs notent plusieurs limites à leur étude, telles que l'incapacité à estimer les taux réels d’infection à la COVID-19 et le respect de la distanciation sociale.

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