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Clearview AI ne vendra plus sa technologie de reconnaissance faciale aux entreprises

L'entreprise a longtemps soutenu que son application n’était accessible qu'aux forces de l'ordre.

Des personnes dans la foule d'un concert avec des carrés sur leur visage. Simulation d'un système de reconnaissance faciale.

La technologie de reconnaissance faciale de Clearview AI peut identifier quelqu'un à partir d'une seule photo.

Photo : Twitter / Fight for the Future

Radio-Canada

L'entreprise controversée d’intelligence artificielle Clearview AI, qui a développé une application de reconnaissance faciale en puisant plus de 3 milliards de photos dans le web, promet de ne plus vendre sa technologie aux entreprises et annulera les abonnements de toute personne qui n’est pas membre des forces de l’ordre.

C’est du moins ce qu’avance Clearview dans des documents de cour déposés en lien avec l’une des demandes de recours collectif contre l’entreprise et consultés par le site BuzzFeed News.

Déposée en Illinois, cette poursuite soutient que Clearview a violé la loi de l’État concernant l’utilisation de données biométriques à des fins commerciales. Les plaignants et plaignantes souhaitent obtenir une injonction temporaire qui empêcherait l’entreprise de se servir des informations de toute personne ayant déjà résidé en Illinois pour alimenter ses algorithmes.

L’entreprise souhaite de son côté que l’injonction ne soit pas accordée, parce qu’elle prend des mesures volontaires pour respecter les lois de l’État. C’est pour cette raison que Clearview s’est également engagée à annuler les abonnements de toute personne résidant en Illinois.

Les mesures que le plaignant dit avoir prises ne répondent pas aux exigences de la requête en injonction préliminaire et portent toujours préjudice à la vie privée des résidents et résidentes de l’Illinois, a toutefois répondu Me Scott Drury, l’un des avocats responsables du recours collectif, à BuzzFeed News.

Ce n’est pas la première fois qu’une entreprise technologique fait l’objet d’un recours collectif en Illinois pour son utilisation des données biométriques. Facebook a, par exemple, accepté de payer 550 millions de dollars pour régler un recours collectif dans cet État plus tôt cette année.

Plus de 2200 clients

Le New York Times a levé le voile sur les pratiques de Clearview AI dans une enquête publiée en janvier. Son logiciel peut identifier les gens à partir d’une seule photo de leur visage : il suffit de téléverser une photo de la personne que l'on veut identifier, et l’application en trouve toutes les images publiques, en plus de mentionner les sources de chacun des clichés.

Ce qui suscite la controverse dans cette histoire est, entre autres, que l’entreprise a recueilli et utilisé les informations personnelles des gens sans leur consentement. Elle a été mise en demeure par Google, Facebook et Twitter, qui ont exigé de l'entreprise qu'elle ne puise plus dans les images de leurs plateformes pour alimenter ses algorithmes.

Le PDG de Clearview, Hoan Ton-That, a longtemps justifié les pratiques de son entreprise en disant que les données utilisées étaient publiquement disponibles et qu’il agissait en toute légalité.

Hoan Ton-That assis sur des marches dans une photo studio.

Hoan Ton-That est le fondateur et PDG de Clearview.

Photo : hoantonthat.com/

L’entreprise a également longtemps maintenu qu’elle vendait seulement sa technologie aux forces de l’ordre. Elle a affirmé avoir aidé les autorités à identifier des prédateurs sexuels, des gens impliqués dans des histoires de vol d’identité, et même une personne trouvée morte sur un trottoir.

Mais en février, une liste des plus de 2200 clients de Clearview AI a été volée et divulguée aux médias. Parmi ces noms figuraient des entreprises privées comme les chaînes de magasins Macy’s et Walmart. Le Bureau d'assurance du Canada, le service policier de VIA Rail et la chaîne de pharmacies Rexall, qui compte 415 magasins au pays, se sont également servis de l'outil.

En mars, le New York Times a révélé que de richissimes personnes ayant investi dans l'application l'ont utilisée comme un jouet. L'une de ces personnes a par exemple surveillé la clientèle de son épicerie et a aussi identifié un homme qui avait un rendez-vous romantique avec sa fille à l’aide de cette technologie.

Utilisée par la GRC et la police canadienne

De plus, l'on apprenait plus tôt cette année que plus de 600 services policiers – dont la GRC et 34 autres services policiers canadiens – avaient utilisé l'application de Clearview AI. Tous, sauf la GRC, n'auraient utilisé que la version d'essai gratuite de l’application.

Le commissaire Daniel Therrien avait alors annoncé qu'il enquêterait sur l'utilisation du logiciel par la GRC. M. Therrien et trois de ses homologues provinciaux procèdent également à une enquête conjointe sur l'utilisation de la technologie de Clearview AI de manière plus générale.

Avec les informations de Buzzfeed News, et The New York Times

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