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Capacité de dépistage : le Collège des médecins met de la pression sur Québec

Un professionnel de la santé tient un écouvillon et une languette pour faire un test de dépistage.

Le Québec vise la réalisation de 14 000 tests quotidiens, mais pourrait être incapable d'y arriver, faute d'employés en nombres suffisants.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Collège des médecins du Québec demande au gouvernement d’être plus souple avec de nombreux professionnels de la santé, comme les dentistes et les diététistes, afin qu’ils puissent contribuer aux efforts de dépistage de la COVID-19.

Depuis le mois d’avril, il revient à l’Office des professions, une branche de l’État québécois, d'analyser les propositions soumises par les différents ordres professionnels afin que leurs membres puissent agir en lien avec la pandémie.

Le Collège des médecins demande donc que les dentistes, les hygiénistes dentaires, les diététistes, les audiologistes et les orthophonistes soient ajoutés dès maintenant à la liste des professionnels qui peuvent effectuer des tests de dépistage de la COVID-19.

Alors que le gouvernement amorce un processus de déconfinement, […] il est essentiel de mettre l'expertise de ces professionnels à contribution afin d'être en mesure d'atteindre la cible des 14 000 tests quotidiens, écrit l’ordre professionnel des médecins dans un communiqué.

Québec s'était fixé un objectif de 14 000 tests quotidiens dès vendredi. Mais jeudi, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a évoqué « des problèmes de ressources humaines » qui pourraient entraîner une révision à la baisse de l’objectif.

Dans ce contexte, il faut « optimiser le rôle des professionnels au front », indique le Collège des médecins, qui ajoute que trop de demandes envoyées à l'Office des professions par différents acteurs restent lettre morte.

Ce qui n'est pas tout à fait exact, tient à préciser l'Office. Nous n'avons pas le pouvoir d'autoriser les professionnels à réaliser ou non des activités, indique le porte-parole Jacques Nadeau. Lorsqu'une demande est soumise, explique-t-il, elle est analysée et la recommandation de l'Office est soumise aux autorités, dans ce cas-ci le ministère de la Santé, qui prennent la décision.

En attente

À l’Ordre des dentistes du Québec, on précise que l’Office des professions a donné un avis favorable à la participation des dentistes aux efforts de dépistage. L’avis aurait été transmis au ministère de la Santé au cours de la semaine.

L’ordre compte 5400 membres, dont certains travaillent actuellement en hôpital et d’autres traitent des urgences dentaires.

Les détails sur la participation éventuelle des dentistes demeurent flous, mais on sait déjà que ce sera sur une base volontaire qu’ils effectueront des tests de dépistage de la COVID-19.

Du côté des diététistes, on est en attente d’une réponse. La demande a été déposée à l’Office des professions le 20 avril. Je ne blâme pas le ministère de la Santé, les gens y travaillent fort et on a une belle coopération avec la direction de la planification de la main-d'oeuvre. Je ne sais pas où ça bloque, tient à souligner Paule Bernier, présidente de l'Ordre professionnel des diététistes du Québec.

Les 3300 membres de l’ordre pourraient bien sûr effectuer des tests de dépistage, indique-t-elle, en plus de contribuer d’une autre façon, soit en administrant des médicaments. Mais pour l’instant, le cadre réglementaire qui régit la profession ne le permet pas.

Chez les hygiénistes dentaires, qui avaient rapidement obtenu l’autorisation de vacciner les Québécois lors de la crise du H1N1 en 2009, on a contacté le ministère dès la semaine du 6 avril.

On croyait naïvement que le ministère de la Santé pourrait décréter rapidement l’ajout de nos professionnels au réseau de la santé, mais on a appris récemment que notre demande suivait le cours régulier avec l’Office des professions, explique Diane Duval, présidente de l’Ordre des hygiénistes dentaires du Québec.

Les 6700 membres de l’ordre sont on ne peut plus habilités à effectuer des tests de dépistage, dit-elle, puisqu’ils possèdent une expertise unique en matière de protection contre les infections.

Il faut trouver une façon de faciliter les discussions entre le gouvernement et les différents acteurs du réseau, pense Mme Duval.

Avant le mois d'avril, l'Office des professions ne devait pas être consulté pour de tels changements de tâches chez les professionnels, rappelle Paul-André Gallant, président de l'Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec.

On a été parmi les premiers à loger une demande, le 6 avril. On a relancé l'Office des professions à de multiples reprises depuis, et on obtient toujours la même réponse : "on est en train d'analyser la demande", dit-il.

Les 3500 professionnels de l'ordre ne peuvent donc toujours pas contribuer aux efforts de dépistage. On nous dit qu'il manque de personnel pour le faire. On est complètement consternés, on ne sait plus où donner de la tête, lance M. Gallant.

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