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Le Manitoba retire la limite de 30 jours pour les médicaments sur ordonnance

Médicaments sur l'étalage d'un pharmacien.

En avril, la limite de 30 jours a été éliminée au Nouveau-Brunswick pour les médicaments sur ordonnance pour lesquels il n’y a pas de pénurie.

Photo : Getty Images / Darwin Brandis

À partir de lundi, la limite d’un mois pour le renouvellement des médicaments sur ordonnance sera supprimée au Manitoba, a annoncé vendredi le ministre de la Santé, des Aînés et de la Vie active, Cameron Friesen. 

Depuis le 20 mars, les Manitobains ne peuvent obtenir leurs médicaments sur ordonnance que pour 30 jours à la fois. 

Au début de la pandémie, le gouvernement était soucieux de l’approvisionnement en médicaments venant de certains pays, comme la Chine et l’Inde, explique Cameron Friesen.

Cette mesure empêchait la population manitobaine de viser les stocks disponibles pour faire des réserves, comme cela a été le cas pour le papier-toilette. 

Elle était nécessaire pour éviter une pénurie de médicaments dans la province, soutient le ministre, en ajoutant être conscient des conséquences qu’elle a pu avoir sur les Manitobains.

La plupart des ordonnances garantissent 90 jours de médicaments pour un patient. Pour obtenir la même quantité de médicaments, il faut trois ordonnances de 30 jours, donc payer trois fois les frais d'ordonnance. 

Cameron Friesen à une table avec un micro, et des drapeaux de la province du Manitoba derrière lui.

Cameron Friesen a également abordé le sujet mercredi au Palais législatif.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

Cela n'a pas été facile, surtout au moment où de nombreux foyers manitobains ont eu des interruptions de salaire, reconnaît le ministre Friesen. 

Depuis lundi, l’économie reprend progressivement dans la province. La situation dans les pays étrangers se stabilise également, dit Cameron Friesen pour expliquer la décision. La situation a beaucoup changé depuis le mois de mars, lance-t-il. 

« Nous savons que certaines manufactures en Chine qui avait cessé ou ralenti leur production sont de retour, et que la distribution globale [des médicaments] n’a pas été touchée autant que prévu », assure-t-il.

Il est encore trop tôt, juge un pharmacien

Avant l’annonce du ministre de la Santé, un pharmacien de Winnipeg, Carey Lai, soutenait qu’une pénurie pouvait encore se produire, si on revenait à une limite de 90 jours sur le renouvellement des médicaments. 

Le propriétaire de Leila Pharmacy, sur le chemin Pembina, soulignait que de nombreux médicaments proviennent de l’extérieur du Canada.

Cameron Friesen assure que certains médicaments menacés de pénuries seront toujours restreints par des limites de renouvellement. 

Nous allons étudier la situation pour chaque médicament.

Cameron Friesen, ministre de la Santé, des Aînés et de la Vie active

Un groupe de travail sera chargé de la surveillance et du suivi continu de la disponibilité de médicaments dans la province, annonce le ministre de la Santé. Le nouveau groupe de travail, composé de fonctionnaires ainsi que de représentants de pharmaciens du Manitoba, pourra décider d’imposer une limitation de 30 jours pour certains médicaments.

Stress financier sur les aînés 

Un couple d’aînés de Virden, au Manitoba, attendait avec impatience l’élimination de cette mesure.

La limite de 30 jours représentait un fardeau financier pour ces deux retraités, qui disent ne pas pouvoir se permettre de dépenser autant d’argent en frais d’ordonnance.

Une femme prend les mains d'une personne âgée.

Le ministre Cameron Friesen reconnaît que cette mesure a un impact financier sur les personnes âgées qui ont des problèmes de santé chroniques.

Photo : iStock

Ces frais supplémentaires représentent les deux tiers de la franchise annuelle de 2800 $ que Bob Didluck, et sa femme payent pour des médicaments prescrits. Avec la limite des 30 jours, ces coûts peuvent tripler, indique M. Didluck.

Tous les trois mois, plutôt que tous les mois, nous essayons par tous les moyens d'économiser de 1000 $ à 2000 $ par année témoigne Bob Didluck, 78 ans.

Selon le site du gouvernement manitobain, 97 % de ces frais d'ordonnance s'élèvent à moins de 30 $. Dans les 3 % des cas restants, ils peuvent atteindre 900 $.

Recours possibles 

Le chèque de 200 $ attribué aux aînés pour les aider dans leurs dépenses liées à la  COVID-19 pourra également aider à rembourser ces frais additionnels, indique Cameron Friesen.

Le ministre de la Santé indique de son côté ceux qui ont connu une baisse de leur revenu peuvent faire réviser leur Régime d'assurance-médicaments du Manitoba.

Pour la majorité de la population manitobaine, ces frais d’ordonnance sont pris en charge dans le cadre d’une franchise Pharmacare, dit Carey Lai. Il encourage les personnes dont ce n’est pas le cas à parler avec leur médecin et leur pharmacien pour trouver d’autres possibilités de remboursement.

Il y a beaucoup de ressources pour les clients qui ont des difficultés financières pendant la pandémie, conclut Carey Lai.

Avec des informations de Peggy Lam

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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