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3 millions d'emplois perdus au Canada depuis le début de la pandémie

Le taux de chômage au Canada a bondi de 7,8 % en mars à 13 % en avril. Le Québec est la province la plus durement touchée.

Des chaises retournées sur des tables dans un restaurant fermé.

L’impact de la COVID-19 sur le commerce au détail au Canada est catastrophique.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

L'épidémie de coronavirus a entraîné la perte de 2 millions d'emplois au Canada en avril, faisant bondir le taux de chômage au Canada à 13 %, révèle vendredi Statistique Canada.

C'est 5,2 points de pourcentage de plus qu'en mars, où 1 million d'emplois avaient disparu, essentiellement lors des deux dernières semaines du mois, en raison des mesures de protection de la santé publique mises en place.

Depuis que des données comparables ont commencé à être publiées en 1976, seul le taux de chômage de 13,1 % observé en décembre 1982 a été plus élevé que celui enregistré le mois dernier, souligne l'agence fédérale.

Statistique Canada précise cependant que le taux de chômage serait de 17,8 % si les données avaient été ajustées pour tenir compte des personnes qui n'ont pas été considérées comme des chômeurs pour des raisons propres à la crise de la COVID-19.

Au cours de la semaine du 12 avril, 1,1 million de personnes étaient inactives, mais elles avaient travaillé récemment (en mars ou en avril) et voulaient travailler, indique-t-elle.

Elles n'ont pas été considérées comme étant au chômage, mais [...] inactives parce qu'elles n'ont pas cherché d'emploi, vraisemblablement en raison des fermetures prolongées d'entreprises et des occasions très limitées de trouver du travail.

Plus de 7 millions de Canadiens ont d'ailleurs demandé à obtenir la Prestation canadienne d'urgence, un nouveau programme qui couvre non seulement les nouveaux chômeurs, mais aussi d'autres Canadiens contraints de demeurer chez eux en raison de l'épidémie.

CHÔMAGE

Depuis février, l'emploi a baissé de 15,7 %, ce qui dépasse de loin les diminutions enregistrées au cours de précédents ralentissements du marché du travail, note en outre Statistique Canada.

La récession de 1981-1982, par exemple, avait entraîné une baisse totale de l'emploi de 612 000 (-5,4 %) sur période d'environ 17 mois.

Les économistes s'attendaient en moyenne à une perte de 4 millions d'emplois et à un taux de chômage de 18 % en avril au Canada, selon la société de données sur les marchés financiers Refinitiv.

Le Québec plus durement touché que les autres provinces

Au Québec, le taux de chômage s'est établi à 17,0 %, un niveau sans précédent depuis 1976. C'est le taux le plus élevé parmi les provinces, devant Terre-Neuve-et-Labrador (16 %), l'Alberta (13,4 %) et le Nouveau-Brunswick (13,2 %).

Le nombre de chômeurs au Québec a augmenté plus rapidement (+101,0 % ou +367 000) que dans toutes les autres provinces.

L'Île-du-Prince-Édouard (10,8 %) est la province qui s'en tire le mieux, devant l'Ontario et la Saskatchewan (11,3 %), le Manitoba (11,4 %), la Colombie-Britannique (11,5 %) et la Nouvelle-Écosse (12 %).

L'emploi a aussi reculé dans toutes les provinces pour un deuxième mois de suite, le Québec enregistrant la baisse la plus prononcée (-18,7 % ou -821 000).

CHÔMAGE

À Montréal, le taux de chômage s'est établi à 18,2 % en avril, en hausse de 13,4 points de pourcentage depuis février. L'emploi y a chuté de 18 %, soit davantage qu'à Vancouver (-17,4 %) et Toronto (-15,2 %).

La diminution de l'emploi en avril a été proportionnellement plus prononcée dans le secteur des biens (-15,8 %; -621 000 emplois) que dans le secteur des services (-9,6 %; -1,4 million).

Les secteurs de la construction (-21,1 %; -314 000) et de la fabrication (-15,7 %, -267 000) ont enregistré les diminutions les plus marquées dans le secteur des biens.

Dans le secteur des services, l'emploi a notamment reculé dans le commerce de gros et de détail (-14,0 %; -375 000) ainsi que dans les services d'hébergement et de restauration (-34,3 %, -321 000).

Statistique Canada souligne observe aussi que :

  • 39,4 % des Canadiens qui sont en emploi, mais qui ont travaillé moins de la moitié de leurs heures habituelles, craignaient de perdre leur emploi au cours des quatre prochaines semaines;
  • 21,1 % des Canadiens vivent dans des ménages qui ont du mal à respecter leurs obligations financières;
  • 27,5 % des Canadiens ont commencé à travailler à domicile depuis le début de la crise;
  • la baisse de l'emploi touche un peu plus les femmes (-16,9 %) que les hommes (-14,6 %);
  • l'emploi chez les jeunes de 15 à 24 ans a diminué de 873 000 (-34,2 %) depuis février, ce qui en fait le groupe d'âge le plus touché.

Aux États-Unis, un taux de chômage jamais vu depuis les années 1930

L'économie américaine a pour sa part détruit 20,5 millions d'emplois au mois d'avril, du jamais-vu en si peu de temps, et le taux de chômage a bondi à 14,7 %, au plus haut depuis les années 1930, selon les données du département du Travail publiées vendredi.

Cette hausse, la plus élevée depuis la création de ces données en 1948, est due à la mise à l'arrêt brutal de l'économie à cause de la COVID-19.

L'emploi a fortement chuté dans tous les principaux secteurs, avec des pertes d'emplois particulièrement importantes dans les loisirs et l'hôtellerie, précise le département du Travail dans un communiqué.

Le nombre de personnes sans emploi est passé de 15,9 millions à 23,1 millions.

Par ailleurs, le nombre de personnes qui occupent un emploi à temps partiel pour des raisons économiques a presque doublé, et atteint 10,9 millions.

Le taux de chômage de mars était de 4,4 %.

Au coeur de la crise financière de 2009, le taux de chômage avait été, au plus haut, de 10,1 %.

C'était tout à fait attendu et sans surprise, a commenté le président américain Donald, vendredi matin, à Fox News. Même les démocrates ne rejettent pas la faute sur moi là-dessus.

Avec les informations de Agence France-Presse

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