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Des écoles secondaires « d’urgence » réclamées pour les élèves à besoins particuliers

Un gros plan sur les casiers, avec les cadenas sur les portes, dans un corridor vide.

Les écoles secondaires sont fermées depuis le 13 mars au Québec.

Photo : Radio-Canada / Holly Caruk

Des parents demandent l’ouverture d’écoles secondaires « d’urgence » pour accueillir les élèves à besoins particuliers. Ils craignent de voir cette clientèle, aux prises avec d'importantes difficultés d'apprentissage, régresser dans leur cheminement.

La semaine dernière, le ministère de l’Éducation a confirmé que les écoles spécialisées à mandat régional, comme l’École de l’Envol à Québec, pourront accueillir les jeunes du niveau préscolaire à secondaire.

Toutefois, 75 % des 209 000 élèves qui présentent un handicap ou une difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) fréquentent une classe régulière, selon des données de 2017-2018.

On sent une injustice, lâche Émilie Martel, dont le fils de 13 ans, atteint d’un trouble du spectre de l’autisme, fréquente une classe spécialisée à l’École secondaire Roger-Comtois, une école régulière de Québec.

Son enfant est à un niveau scolaire de 4e année du primaire. Elle craint qu’il perde ses acquis.

Mme Martel salue le travail des éducateurs qui assurent un suivi par visioconférence, mais souligne que c’est une façon d’apprendre mal adaptée pour ses besoins. Son développement nécessite des interactions soutenues.

On nous a dit qu’il y aura des capsules vidéos. L’intention est louable, mais je me demande à quel point l’information va rentrer.

C’est sans compter la socialisation fortement réduite sans école, cruciale pour le développement des enfants autistes.

Il parle de moins en moins, il est de plus en plus renfermé.

Écoles d’urgence

Qu’est-ce que le ministre de l’Éducation entend faire pour soutenir ces enfants-là?, s’inquiète Bianca Nugent, présidente de la Coalition de parents d’enfants à besoins particuliers.

Elle demande au ministre Jean-François Roberge de désigner des écoles secondaires d’urgence dans toutes les régions et toutes les commissions scolaires pour accueillir de manière graduelle ces élèves.

Comme on le fait pour les classes d’été, on pourrait ouvrir les classes du secondaire pour consolider les acquis, précise-t-elle.

Émilie Martel appuie cette proposition et redoute le retour au travail, qui ne lui permettra plus de prendre autant soin de son fils.

Contrairement aux élèves du régulier, ceux à besoins particuliers ont beaucoup moins d’autonomie, rappelle-t-elle.

On se sent complètement laissé en plan, ajoute Émilie Martel.

On aurait aimé un plan vraiment dédié aux élèves du secondaire avec besoins particuliers.

Bianca Nugent, présidente, Coalition de parents d'enfants à besoins particuliers du Québec

Suivis même à la maison

Par courriel, le ministère de l’Éducation indique que malgré la fermeture des établissements d’enseignement secondaire le réseau scolaire doit demeurer en contact avec les élèves demeurés à domicile et leur proposer des activités pédagogiques visant à consolider leurs apprentissages, et ce, jusqu’à la fin de l’année.

On rajoute que les services complémentaires, comme l’orthophonie ou la psychologie, doivent être offerts à l’ensemble des élèves, qu’ils soient en classe ou à la maison.

Tous les membres de l’équipe-école (enseignants, professionnels et personnel de soutien) doivent s’allier pour soutenir les élèves, particulièrement ceux qui sont plus vulnérables.

Bianca Nugent espère que le ministre Roberge sera sensible aux demandes de ces parents avec un enfant à besoins particuliers, surtout que l’éducation aux enfants vulnérables était citée comme l’une des principales raisons du retour à l’école.

On s’attend à ce que le ministre nous contacte, qu’il prenne la peine de lire nos courriels et nos recommandations [...] les parents des élèves à besoin particulier, on représente près d’un demi-million de personnes. On espère que nos voix vont compter, conclut-elle.

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