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Comment l'étude des fossiles peut améliorer notre dentition

Une main tient un fossile.

Une partie de la mâchoire inférieure d'un priosphenodon trouvée dans le désert en Argentine.

Photo : Aaron LeBlanc

Des chercheurs canadiens ont découvert des similitudes uniques entre la dentition de fossiles datant de plusieurs millions d'années et celles des mammifères, des études qui pourraient aider à améliorer la santé de nos dents dans le futur.

Il faut imaginer des lézards de plus de 1 mètre, explique Aaron LeBlanc. Ce paléontologue de la Faculté des sciences de l'Université de l'Alberta a participé à des fouilles archéologiques dans un désert de la province Rio Negro, en Argentine, pour étudier des fossiles de priosphenodon, une espèce disparue.

C'est plein de plantes épineuses et il n’y a personne là-bas. C’est l’endroit parfait pour les paléontologues parce qu’il y a plein de roches, dit-il.

Après deux ans de recherche en collaboration avec une équipe de chercheurs de Buenos Aires et de l'Université McGill, à Montréal, les résultats concernant le priosphenodon sont sans pareil, selon Aaron LeBlanc.

Ces animaux, qui vivaient sur la Terre il y a 95 millions d'années, se distinguent par leur régime herbivore et par leur dentition. Avec deux rangées de dents sur la mâchoire supérieure et quelques-unes sur la mâchoire inférieure, ces reptiles pouvaient se nourrir de plantes coriaces existant dans le désert argentin.

Ces paléontologues se sont penchés sur la durée de vie unique de leurs dents si résistantes. L'émail de leurs dents est très épais pour des reptiles et ressemble à celui des mammifères.. C'est une découverte inédite, explique le chercheur de l’Université de l’Alberta.

Un désert.

Le désert de la province Rio Negro, en Argentine, est le lieu rêvé pour les archéologues et paléontologues.

Photo : Aaron LeBlanc

Un lézard aux dents d'acier

Alors que le varan à queue épineuse, son cousin contemporain vivant en Australie et Nouvelle-Zélande, se nourrit d’insectes, le priosphenodon a évolué au fil des siècles du Crétacé supérieur grâce à des dents avec un émail cinq fois plus épais.

Sa dentition était si solide qu’il perdaient rarement ses dents. Bien au contraire, des dents pouvaient pousser à l’arrière de sa mâchoire, de façon à allonger son crâne.

Selon le paléontologue Aaron LeBlanc, la dentition de cette espèce éteinte se serait adaptée à un régime alimentaire à base de plantes difficiles à ingérer.

Améliorer notre santé

En étudiant l'évolution de la dentition de fossiles, ces chercheurs canadiens et argentins espèrent également fournir des solutions innovantes pour améliorer la résistance des dents des êtres humains.

Je travaille beaucoup avec des dentistes, ajoute Aaron LeBlanc. C’est important d’étudier l’évolution de la dentition d’autres espèces pour comprendre comment l’émail dentaire peut évoluer en fonction des régimes alimentaires.

En analysant des espèces aux dents plus résistantes, il serait possible, dans le futur, de créer des émaux artificiels et des prothèses plus résistants pour mieux réparer les dents cassées.

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