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COVID-19 : Québec offre de nouvelles primes aux employés de première ligne

Le travail à temps plein sera mieux rémunéré dans les CHSLD infectés et les « zones rouges » des hôpitaux.

Une femme membre d'une équipe soignante circule à l'extérieur le visage recouvert d'un masque de protection, les mains gantées et vêtue d'un sarrau.

Les primes offertes jeudi suffiront-elles à combler les absences « au front » de la guerre contre le nouveau coronavirus?

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le gouvernement Legault desserre les cordons de la bourse pour convaincre le personnel des établissements pour aînés et des centres hospitaliers de s'investir encore plus dans la lutte contre la pandémie et pour recruter de la main-d'œuvre disposée à faire de même.

Accompagné du président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, le premier ministre François Legault a annoncé jeudi que de nouvelles primes pour le travail à temps plein seront offertes à ceux qui œuvrent dans les CHSLD où la COVID-19 a fait son nid ainsi qu'à certains travailleurs déployés dans les « zones rouges » d'une vingtaine d'hôpitaux montréalais.

Ainsi, une personne qui travaillerait à temps plein pendant quatre semaines dans l'un de ces établissements recevrait une prime pouvant aller jusqu'à 1000 $ par mois. Un préposé aux bénéficiaires, par exemple, verrait sa rémunération hebdomadaire bondir de 12 % à 30 %, ont estimé MM. Legault et Dubé.

Des subventions seront versées aux résidences privées pour aînés (RPA), aux ressources intermédiaires ou de type familial (RI-RTF) et aux CHSLD privés afin que ces milieux de vie soient eux aussi en mesure d’offrir les mêmes bonifications à leurs employés.

Québec offrira en outre 500 $ par semaine au personnel des régions qui accepte d'aller travailler à Montréal, à Laval ou en Montérégie, où la pandémie frappe fort plus fort qu'ailleurs.

Selon les calculs du président du Conseil du Trésor, les travailleurs de la santé à plein qui cumuleront ces deux types de primes pourront donc toucher jusqu'à 3000 $ de plus par mois.

Objectif : éviter les bris de service

Ces mesures, dont pourraient profiter près de 100 000 personnes, coûteront 70 millions de dollars par mois, selon les estimations de l'État. Elles demeureront en vigueur tant et aussi longtemps que se poursuivra l'état d'urgence sanitaire.

Les incitatifs présentés jeudi visent non seulement à encourager le personnel à pied d'oeuvre depuis le début de la crise en le rémunérant davantage, mais aussi à recruter davantage pour remplacer les absences dans le réseau, qui ont presque doublé en moins de trois semaines, passant de 6000 employés manquants, le 20 avril, à 11 600 aujourd'hui.

Sans compter que, parmi ceux qui se rendent encore au travail, 50 % sont à temps partiel, a précisé le premier ministre, un taux qui atteint même les 60 % dans les CHSLD.

Notre objectif, c'est non seulement de les retenir [les employés], mais d'avoir des gens bien payés qui vont contribuer à l'effort de groupe.

Christian Dubé, président du Conseil du Trésor

Les primes annoncées jeudi s'ajouteront à celles déjà offertes dans le secteur public de 4 % pour tous les travailleurs de la santé et de 8 % pour les employés de première ligne.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Québec annonce de nouvelles primes : entrevue avec Christian Dubé

M. Legault a présenté ces nouvelles primes lors de la conférence de presse quotidienne des autorités québécoises, à laquelle il n'avait pas participé mercredi.

Plus tôt dans la journée, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, avait annoncé la conclusion d'une entente avec ses homologues des provinces en vertu de laquelle Ottawa augmentera ses transferts afin de leur permettre de bonifier les salaires des travailleurs essentiels.

Cette entente ne servira pas à financer les primes annoncées jeudi par Québec, mais elle contribuera à éponger partiellement les 890 millions investis dans le Programme incitatif pour la rétention des travailleurs essentiels (PIRTE), annoncé par les ministres Girard et Boulet, le mois dernier.

La preuve que les employés sont « sous-payés »

Par voie de communiqué, la CSN a déclaré peu de temps après la conférence de presse de jeudi que ces nouvelles primes étaient les bienvenues, tout en soulignant qu'elles venaient encore une fois confirmer que les travailleuses et les travailleurs des services publics sont sous-payés.

La centrale déplore toutefois qu'elles ne s'appliquent pas à toutes les travailleuses et tous les travailleurs au front, notamment le personnel des services de garde d’urgence, qui est aussi sur la première ligne depuis le début, souligne-t-elle.

Même accueil positif à la FTQ, qui s'attend maintenant à ce que le gouvernement offre une augmentation d'au moins 12 % dans le cadre des négociations entreprises il y a deux semaines pour rehausser spécifiquement le salaire des préposés aux bénéficiaires.

Avec les informations de La Presse canadienne

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