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Des primes réclamées pour les pilotes d'avion médical

Un avion aéromédical du gouvernement québécois.

Des dizaines d'évacuations aéromédicales liées à la COVID-19 ont eu lieu ces dernières semaines au Québec.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Lorsqu'un patient atteint de la COVID-19 est transporté par voie aérienne, au Québec, tout le personnel à bord doit porter le même équipement de protection. Au niveau salarial, cependant, tout le monde n'est pas égal : les pilotes et les agents de bord ne touchent pas la prime à laquelle ont droit les infirmières et les médecins.

Au cours des dernières semaines, 35 patients atteints de la COVID-19 ou suspectés de l'avoir contractée ont bénéficié d'une évacuation aéromédicale, au Québec, car ils habitent en région éloignée.

À bord de l'appareil DASH-8 du gouvernement se trouvent un médecin, deux infirmières, un pilote, un copilote et un agent de bord. Il s'agit d'un petit avion, pratiquement conçu comme une ambulance, où la promiscuité est grande.

Tous portent les équipements de protection personnelle, tels que les gants, le masque et la jaquette, confirme par courriel Marie-Claude Lacasse, porte-parole au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

Or, seul le salaire des infirmières et du médecin est bonifié de 8 %. Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) invite le gouvernement à corriger la situation.

Si le personnel de la santé a droit à une prime, pourquoi est-ce que nos gens, qui ont le même milieu de travail, qui côtoient les mêmes patients, qui partagent le même air, n'auraient pas droit à la même prime aussi?, s'interroge le président général du SFPQ, Christian Daigle.

Ce qu'on souhaite, c'est d'avoir l'équité avec le réseau de la santé.

Christian Daigle, président général du SFPQ
Christian Daigle en entrevue devant la station de Radio-Canada sur la rue Saint-Jean, à Québec

Christian Daigle, président général du SFPQ

Photo : Radio-Canada

Zone rouge

Un document interne du ministère des Transports (MTQ) indique d'ailleurs que tout l'avion est jugé à risque, d'après une analyse réalisée par le CHU de Québec.

Ce qui ressort de ces travaux, c’est que, comme le patient doit passer par la porte avant, l’ensemble de l’avion est considéré comme zone rouge, peut-on lire dans cette note datée du 27 avril dernier.

Pour limiter les risques, les pilotes ne sont toutefois pas impliqués dans le transbordement des patients, poursuit le document. Cette mesure ne justifie toutefois pas l'absence de prime, selon M. Daigle.

Ces gens-là [les pilotes et les agents de bord] ne sont pas différents du reste de la population. Ils ont les mêmes craintes. Ils ont la même anxiété que le personnel de la santé, dit M. Daigle.

Le personnel qui s'occupe de faire l'entretien ménager à l'intérieur de l'avion, présentement, provient du réseau de la santé et a droit aux primes également.

Christian Daigle, président général du SFPQ

Aucun cas confirmé

Une vingtaine de pilotes et six agents de bord sont concernés par la demande de prime du SFPQ. Jusqu'ici, aucun d'entre eux n'a reçu de résultat positif à la suite d'un test de dépistage de la COVID-19, confirme M. Daigle.

Le MSSS ne semble d'ailleurs pas faire la même lecture que le MTQ quant aux risques auxquels le personnel est exposé, à l'intérieur des avions médicaux du gouvernement.

L’agent de bord et les pilotes sont dans une zone propre, non exposée aux patients infectieux, écrit la porte-parole Marie-Claude Lacasse.

Au moment d'écrire ces lignes, le Secrétariat du Conseil du Trésor n'avait pas indiqué à Radio-Canada s'il comptait octroyer une prime aux pilotes et aux agents de bord qui réalisent des évacuations aéromédicales.

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