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Un enfant en plein accès de colère.

Des parents ontariens remarquent une hausse des accès de colère de leurs enfants.

Photo : iStock/PHDG

La pandémie de la COVID-19 a une influence négative sur la santé mentale de nombreux jeunes Ontariens, conclut un sondage Ipsos. Trois enfants sur cinq sont touchés. Bon nombre d’entre eux peinent à gérer leur stress en cette période de confinement. L’organisme Santé mentale pour enfants Ontario « s’attend presque à un tsunami » de cas nécessitant des services d’aide professionnelle.

Une nouvelle étude d’Ipsos permet de mesurer certaines conséquences psychologiques de la crise sanitaire sur les Ontariens de tous âges.

Un peu plus des deux tiers des répondants s’attendent à ce que la pandémie ait des répercussions sérieuses et durables sur la santé mentale de la population.

Les effets sont déjà bien réels. Les parents sondés ont fait remarquer que leurs enfants sont plus stressés au point où, dans 30 % des cas, cela a des conséquences dans leur quotidien.

Près d’un enfant sur quatre a même le sentiment de ne pas pouvoir surmonter son anxiété.

31 % des enfants ont maintenant un trouble du sommeil, 25 % ont changé leurs habitudes alimentaires, 17 % sont extrêmement irritables et 16 % ont des difficultés de concentration, selon un sondage Ipsos. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les changements de comportement les plus notables chez les enfants touchent le sommeil, les habitudes alimentaires, l’irritabilité et la concentration.

Photo : Radio-Canada / Camile Gauthier

Joseph De Koninck, professeur émérite à l’École de psychologie de l’Université d’Ottawa, n’est pas surpris que de nombreux enfants peinent à bien dormir ces jours-ci.

Ces perturbations seraient, dans la majorité des cas, attribuables à un changement de routine.

Les enfants s’imaginent souvent bien des choses épeurantes durant la nuit.

La présence de lumière au moment du coucher peut nuire à l’endormissement, selon Joseph De Koninck.

Photo : iStock / fizkes

C’est une occasion, puisqu’on peut les contrôler pendant la journée, de les garder très actifs [...] de s’assurer qu’ils soient suffisamment exposés à la lumière et qu’ils aillent se coucher suffisamment tôt pour se relever normalement à la même heure qu’ils se lèveraient [pour aller] à l’école.

Joseph De Koninck, professeur en psychologie à l’Université d’Ottawa et membre de l’Institut de recherche sur le cerveau

La firme Ipsos a effectué le Sondage sur la santé mentale et la dépendance des enfants, des jeunes et des adultes en Ontario au temps de la COVID-19. Du 28 au 30 avril 2020, 1002 Ontariens ont rempli le sondage en ligne. La marge d’erreur est de 3,5 %, 19 fois sur 20.

C’est la première fois cette année qu’Ipsos inclut des questions sur l’état psychologique des enfants dans sa mesure annuelle de l’indice de risque lié à la santé mentale des Ontariens.

Les données recueillies donnent ainsi des munitions à Santé mentale pour enfants Ontario qui représente une centaine de prestataires de service pour enfants et adolescents.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

La directrice générale, Kim Moran, réclame une aide d’urgence de Queen’s Park.

Nous demandons au gouvernement d’étendre les services en embauchant 1400 experts en santé mentale juvénile de sorte que les enfants et leur famille ne doivent pas attendre.

Kim Moran, directrice générale, Santé mentale pour enfant Ontario

Avant le début de la pandémie, l’organisme estimait que 28 000 jeunes Ontariens étaient sur des listes d’attente pour des traitements et que certains patientent depuis deux ans et demi.

Mme Moran rappelle que le gouvernement a annoncé en mars une nouvelle stratégie pour améliorer les services en santé mentale dans la province. Mais nous n’avons pas encore vu l’argent de cette stratégie être distribué, déplore-t-elle.

L’accessibilité des services demeure un enjeu aux yeux des Ontariens sondés alors que 38 % s'inquiètent de ne pas pouvoir obtenir l’aide dont ils pourraient avoir besoin. Moins du quart des répondants ont par ailleurs indiqué qu’ils vont solliciter ou qu'ils requièrent l’aide psychologique d’un professionnel.

La vice-présidente aux affaires publiques d’Ipsos, Jennifer McLeod Macey, croit que la différence entre le nombre de personnes qui estiment avoir besoin d’aide et celles qui en font réellement la demande devrait être surveillée attentivement.

Je crois que plus nous verrons de gens en difficulté, plus nombreux ils seront à chercher de l’aide. [...] D’excellentes ressources sont disponibles, mais les listes d’attente ne feront que s’allonger à mesure que la demande augmente.

Jennifer McLeod Macey, vice-présidente aux affaires publiques d’Ipsos

Mme McLeod Macey précise que leurs études démontrent souvent que les régions rurales, particulièrement dans le Nord de la province, sont désavantagées en ce qui a trait à l’accessibilité des services de santé.

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