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Québec permet les visites dans les centres jeunesse, mais impose des conditions

Un garçon est assis seul sur un banc au bord de la rue.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux assouplit les règles entourant les visites et les sorties des jeunes dans les centres jeunesse, en temps de pandémie.

Photo : Ivanoh Demers

Les proches d'un jeune d'un centre jeunesse pourront désormais le visiter ou communiquer avec lui, même si ce dernier ou son visiteur est déclaré positif à la suite d'un test de la COVID-19, selon ce qu'a décidé la ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec. Toutefois, la DPJ peut refuser ces contacts si elle s'estime incapable de les assurer en respectant des mesures de sécurité.

C'est la situation actuelle de la pandémie de COVID-19 qui permet d'assouplir certaines mesures mises en place [...], écrit la ministre Danielle McCann dans son arrêté, daté du 5 mai 2020.

En vertu de ces assouplissements, les sorties seront aussi possibles pour un jeune qui est hébergé dans un centre de réadaptation, moyennant plusieurs conditions liées à la pandémie de coronavirus.

Le feu vert accordé par Québec est énoncé comme suit : le directeur de la protection de la jeunesse est tenu d'aménager d'une façon qui permet de protéger la santé de la population, l'exercice d'un contact en présence physique d'un enfant avec ses parents, ses grands-parents ou toute autre personne autorisés en vertu d'une décision ou d'une ordonnance de la Cour.

La ministre ajoute que, lorsque le contact physique n'est pas possible parce qu'il pourrait contrevenir à la santé de la population, la DPJ doit remplacer cette visite par un contact à distance s'exerçant notamment par des moyens technologiques.

L'arrêté ministériel précise encore que ces visites auprès d'un jeune d'un centre de réadaptation peuvent avoir lieu même quand cet enfant, ou son visiteur, a reçu un diagnostic de la COVID-19 et présente toujours un risque de contagiosité ou est en attente de recevoir le résultat d'un test de dépistage de la COVID-19.

Le jeune d'un centre jeunesse peut aussi recevoir cette visite si lui-même, ou son visiteur, présente des symptômes associés au coronavirus, si le visiteur revient de voyage ou s'il est vulnérable à la COVID-19.

Cependant, le directeur de la protection de la jeunesse peut aussi refuser la visite ou le contact à distance s'il considère que ces événements pourraient compromettre la santé de la population, en vertu de l'état d'urgence sanitaire qui a été prolongé au moins jusqu'au 13 mai au Québec.

L'arrêté signé par la ministre McCann ne précise pas de quelle manière son ministère s'assurera que la DPJ a tout mis en oeuvre pour permettre la visite, la sortie ou le contact en question.

Le port du masque est encouragé

Qu'il s'agisse d'une visite dans un centre ou d'une sortie du jeune, les mesures sanitaires doivent être expliquées et appliquées, précise le MSSS dans ses directives.

Elles comprennent le lavage systématique des mains, une limite du partage d'objets comme le cellulaire et une distanciation physique de deux mètres. Lorsque cette distance ne peut être observée, le port du masque est encouragé non seulement pour l'adulte accompagnateur, mais, si possible, pour le jeune lui-même.

À l'occasion d'une sortie, le jeune devra également faire l'objet d'une surveillance constante et, en dernier recours, de mesures de contrôle. Lors du retour au centre de réadaptation, l'évaluation de l'état de santé global du jeune sera nécessaire.

Détresse et isolement

Lors de visites au centre, la direction devra décaler les heures d'arrivée ou de départ pour éviter les mélanges de groupes, prévoir un accès spécifique aux visiteurs et trier ces derniers, et s'assurer qu'aucun d'entre eux ne présente de symptômes d'infection respiratoire.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) précise que ces règles pourront évoluer selon les recommandations évolutives des autorités de santé publique.

Ces huit semaines de confinement dans les centres de réadaptation ont créé détresse et isolement pour ces jeunes qui présentaient déjà des difficultés d'adaptation. De plus, à la fin d'avril, le personnel de ces centres frôlait l'épuisement.

Le Groupe Pétales Québec, qui offre du soutien aux familles dont les enfants souffrent d'un trouble de l'attachement, salue cette ouverture manifestée par le gouvernement du Québec. La directrice de Pétales Québec, Danielle Marchand, se dit toutefois inquiète de la manière dont seront appliquées ces mesures très strictes. Elle souhaite que du soutien et de l’accompagnement adéquats soient apportés à ces familles qui attendent depuis des semaines de revoir leur jeune.

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