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La justice abandonne les accusations criminelles contre un ex-conseiller de Trump

Plan rapproché de Michael Flynn, qui regarde devant lui.

Michael Flynn avait reconnu s'être parjuré avant de se rétracter.

Photo : Reuters / Joshua Roberts

Dans un geste exceptionnel, le département de la Justice a laissé tomber, jeudi, les accusations de parjure liées à l'enquête sur la Russie, desquelles l'ex-conseiller à la sécurité nationale du président Donald Trump avait plaidé coupable à deux reprises, avant de se rétracter.

Le département demande au juge fédéral chargé du dossier, Emmet Sullivan, d'abandonner les accusations déposées contre Michael Flynn d'avoir menti au FBI. Une telle mesure lorsqu'un accusé a déjà reconnu sa culpabilité est très inhabituelle.

Il reste au juge Sullivan de statuer sur la requête, liée à l'un des dossiers les plus importants ayant découlé de l'enquête sur l'ingérence de la Russie dans la présidentielle de 2016 et d'une éventuelle coordination entre Moscou et le camp Trump.

Le département de la Justice affirme que l'interrogatoire du FBI avec Michael Flynn, en janvier 2017, a été mené sans aucune base d'enquête légitime.

Après un examen approfondi de tous les faits et circonstances de cette affaire, y compris des informations nouvellement découvertes et divulguées [...], le gouvernement conclut que [l'interrogatoire] n'était pas lié à l'enquête de contre-espionnage du FBI sur M. Flynn et qu'il était injustifié.

Extrait de la requête du département de la Justice

Accusé d'avoir menti au FBI au sujet de ses conversations avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergueï Kisliak, peu avant l'entrée en fonction du président Trump, Michael Flynn avait reconnu sa culpabilité en cour fédérale en décembre 2017, puis l'année suivante, au cours d'une audition sur sentence qui avait avorté.

Le juge Sullivan avait souligné qu'il avait commis un crime très grave : [Vous étiez] un haut responsable du gouvernement qui aviez fait de fausses déclarations au FBI alors que vous vous se trouviez dans l'enceinte de la Maison-Blanche, l'avait-il sermonné.

Après avoir changé d'avocats, Michael Flynn avait engagé une procédure afin de retirer sa reconnaissance de culpabilité en début d'année. Le lieutenant-général à la retraite avançait que les procureurs du FBI avaient violé ses droits, fabriqué les accusations portées contre lui, dissimulé des preuves et l'avaient contraint à signer une reconnaissance de culpabilité. Ses avocats l'avaient même présenté comme la victime d'un complot partisan.

Plus tôt cette année, le procureur général Bill Barr avait nommé un procureur extérieur au dossier pour examiner comment il avait été mené.

Les avocats de l'accusé avaient récemment soutenu que le département de la Justice avait découvert des documents qui laissaient présager une faute professionnelle.

Signe d'un possible désaccord avec le département qui l'emploie, le procureur qui a mené les poursuites, Brandon Van Grack, s'est abruptement retiré du dossier en début de journée, selon le New York Times. Le site Politico ajoute qu'un seul procureur, un ancien assistant de Bill Barr, a signé la requête, car l'autre procureur ayant géré le dossier avec Me Van Grack était absent lors de la présentation de la demande du département.

Les avocats de Michael Flynn avaient attaqué Me Van Grack à répétition dans des documents de cour, critiquant par exemple des malversations incroyables.

Au cours de l'enquête, Michael Flynn avait accepté de collaborer avec le FBI, et le procureur spécial Robert Mueller, responsable de l'enquête sur la Russie, n'avait sollicité aucune peine d'emprisonnement pour l'ancien collaborateur du président, invoquant son aide substantielle dans l'investigation. Il risquait une peine d'emprisonnement de cinq ans.

Trump vindicatif

Donald Trump, s'adressant aux reporters.

Donald Trump a défendu Michael Flynn et critiqué l'administration de son prédécesseur.

Photo : Associated Press / Evan Vucci

Devant les journalistes, le président Trump s'est porté à la défense de son ancien collaborateur, se montrant du même souffle vindicatif à l'égard des responsables du dossier.

Michael Flynn était un homme innocent, a-t-il lancé depuis le bureau ovale. Maintenant, à mes yeux, c'est un guerrier encore plus grand.

Il a été ciblé par l'administration Obama, et il a été ciblé pour essayer de faire tomber un président, a-t-il soutenu.

J'espère que beaucoup de gens vont payer le prix fort, parce que ce sont des gens malhonnêtes et corrompus. Ce sont des ordures. Ce sont des ordures.

Donald Trump

Le président Trump avait déjà dit, notamment sur Twitter, envisager sérieusement de gracier son ancien conseiller, qui avait aussi œuvré à sa campagne présidentielle.

L'ex-général à la retraite a été contraint de quitter son poste de conseiller à la sécurité nationale en février 2017 pour avoir menti au vice-président Mike Pence, également au sujet de ses contacts avec l'ambassadeur Kisliak pendant la période de transition.

Lors de ses conversations avec l'ex-ambassadeur russe, il avait été question des sanctions imposées par l'administration Obama contre Moscou.

Michael Flynn avait quitté l'administration Trump après seulement 24 jours, le plus court mandat jamais exercé par un conseiller à la sécurité nationale. La communauté du renseignement craignait que la Russie ne puisse le faire chanter.

Des échos de l'affaire Stone pour le département de la Justice

Le geste du département de la Justice survient trois mois après sa recommandation, également très inhabituelle, de revoir à la baisse la sentence d'un autre collaborateur du président Trump, Roger Stone, une décision qui lui avait valu plusieurs critiques.

Les procureurs avaient initialement recommandé que M. Stone purge de sept à neuf ans derrière les barreaux après avoir été reconnu coupable, en novembre 2019, de sept chefs d'accusation, liés également à l'enquête sur la Russie, dont ceux d'avoir menti au Congrès, fait obstacle aux travaux d'un comité de la Chambre des représentants et corrompu des témoins.

Le président Trump avait lancé une salve de tweets afin de pourfendre leur travail et celui de la juge responsable du dossier, ce qui lui avait attiré des accusations d'ingérence politique.

Avec les informations de New York Times, et Washington Post

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