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Ruches urbaines : une fausse bonne idée?

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Des abeilles arrivent à la ruche.

Le reportage de Maxime Denis

Photo : iStock

Maxime Denis

Les ruches urbaines ont poussé comme des champignons sur les toits d'organismes ou d'entreprises dans la dernière décennie au pays. Si l'objectif est de vouloir protéger les abeilles et d'assurer leur survie, il faut savoir que les ruches urbaines ont des conséquences sur les abeilles sauvages.

Les citadins, en milieu urbain, se sont conscientisés au rôle des abeilles. Par contre, maintenant, c'est devenu un mouvement tellement populaire que c'est en train de nuire aux abeilles qu'on dit “sauvages”, a lancé Valérie Fournier, professeure à la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation de l'Université Laval.

Valérie Fournier.

Valérie Fournier, professeure titulaire au Département de phytologie de la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation à l'Université Laval

Photo : Radio-Canada / Maxime Denis

Dès 2015, la Ville de Lyon, en France, a constaté que les nombreuses ruches urbaines présentes sur son territoire nuisaient aux abeilles sauvages.

Il existe 350 espèces d'abeilles sauvages ou indigènes au Québec. Elles sont solitaires. Certaines vivent dans le sol et ne produisent pas de miel, mais ont un important rôle pour la biodiversité.

L'abeille domestique est une abeille exotique, une abeille européenne qui a été introduite avec les colons français

Valérie Fournier, professeure à la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation de l'Université Laval

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Les abeilles domestiques viennent donc piger dans le pollen et le nectar des abeilles sauvages.

L'abeille domestique est plus compétitive. Elle va chercher les sources de pollen et de nectar de façon plus efficace, souligne la spécialiste.

Elles sont aussi en plus grand nombre. On peut en compter 20 000 dans une ruche, parfois plus, explique-t-elle.

Les abeilles sauvages se retrouvent donc sans nourriture.

Les abeilles jouent un rôle crucial pour l'agriculture. Selon les Nations unies, environ un tiers des récoltes mondiales dépendent des pollinisateurs.

Deux grandes solutions se distinguent pour permettre à toutes les espèces de cohabiter.

D'abord, limiter le nombre de ruches en ville, comme l'a fait la Ville de Lyon, en France. On pense que la capacité de saturation a été atteinte dans la ville de Montréal, a indiqué Mme Fournier.

Planter des fleurs

Deuxièmement, planter plus de fleurs serait une solution en milieu urbain pour offrir plus de pollen et de nectar aux abeilles.

Un pissenlit dans un champ.

Un pissenlit

Photo : Radio-Canada / Sebastien Vachon

Sans nécessairement planter des fleurs, on peut aussi laisser les pissenlits pousser, souligne la professeure.

Le fameux pissenlit, que beaucoup n'aiment pas, c'est une fleur au printemps qui est vraiment très prisée des pollinisateurs. Il s'agit d'une fleur nutritive avec beaucoup de nectar, un bon pollen aussi, avec plusieurs bons acides aminés. Évidemment, on peut quand même tondre quand le pissenlit devient blanc, en graines, précise-t-elle.

Il est important de laisser des accès à proximité pour les abeilles sauvages, car elles ne parcourent que 500 mètres, voire un kilomètre dans leur habitat. Pour sa part, l'abeille domestique a l'avantage de pouvoir voler jusqu'à 10 kilomètres.

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