•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La majorité des garderies privées non subventionnées ne pourront pas rouvrir lundi

Photo: Radio-Canada / Ivanoh Demers
Photo génériques pour illustrer les garderies au Québec. 

Photo prise dans une garderie à Montréal, Québec, Canada

Sur la photo: (Gauche à droite)

LE 4 JUIN 2019 2019/06/04

Le nombre d'enfants par éducatrice va être revu à la baisse durant les prochaines semaines.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La vaste majorité des garderies privées non subventionnées du Québec estiment qu’elles ne pourront pas rouvrir leurs portes lundi le 11 mai. Les propriétaires affirment que les pertes financières seront trop lourdes et qu’elles n’ont pas les capacités de répondre aux exigences sanitaires.

Les garderies recevront 5,95 $ par jour, par place occupée de la part du gouvernement, afin de rembourser une partie de leurs frais fixes.

Elles vont également recevoir la contribution des parents, une somme qui représente entre 40 $ et 45 $ par jour, pour chaque enfant présent.

Cependant, ces revenus sont loin de couvrir les dépenses. Plusieurs propriétaires craignent de devoir mettre la clef sous la porte définitivement.

On doit diminuer le nombre d'enfants par éducatrice de moitié. Ça équivaut à payer le double pour le personnel éducateur. On est incapables d'y arriver, affirme la directrice de la garderie Le Soleil, à Beauport, Widad Berkchi.

« J'ai fait des simulations et nous allons avoir de lourdes pertes financières, si on rouvre. Ça varie de 1000 $ à 2000 $ par jour durant la première phase.  »

— Une citation de  Widad Berkchi, directrice, garderie Le Soleil

C'est un peu plus que 500 $ par jour de pertes que nous devrons débourser de nos poches personnelles, si on veut que la garderie continue, estime pour sa part la directrice de la garderie Du Jardin, à Pont-Rouge, Julie Lamarre.

Elle ajoute que cette situation n’est pas causée par une mauvaise gestion ou un manque de prévoyance de sa part.

On avait un fonds qui pouvait nous permettre de subvenir environ un mois sans revenus. Plusieurs frais sont payables même pendant que nous sommes fermés. On a presque éliminé tout le fonds de la garderie, affirme Julie Lamarre.

Les garderies privées non subventionnées représentent un peu plus de 60 000 places dans le réseau de la province.

La présidente de la Coalition des garderies privées non subventionnées du Québec, Marie-Claude Collin, soutient que la situation financière de ces deux garderies ne fait pas exception.

Suite à un sondage effectué auprès des garderies privées non subventionnées au Québec, il y a plus de 92 % des gens qui disent qu'ils ne peuvent pas rouvrir lundi ou le 19 mai dans la zone chaude, avance-t-elle.

Marie-Claude Collin cite sa garderie en exemple. Avec les nouvelles mesures sanitaires, elle ne pourra pas accueillir plus de deux enfants à la pouponnière.

Deux enfants, nous à la garderie, on va recevoir 400 $ pour ces deux enfants et je vais payer mon éducatrice 847 $. Ça n'a pas d'allure, illustre-t-elle.

Pas de matériel sanitaire

Autre embûche majeure : les garderies privées non subventionnées affirment ne pas avoir encore reçu les masques ni les visières qui doivent protéger le personnel de la COVID-19.

Le gouvernement nous écrit chaque jour pour nous dire qu'il va nous dire quand on va les recevoir, comment on peut les récupérer. Mais on n'a rien reçu jusqu'à présent. Il faut former le personnel à l'utilisation de ce matériel, rappelle Widad Berkchi.

La Coalition des garderies privées non subventionnées du Québec demande au ministère de la Famille de verser à ses membres les frais de garde qu’ils auraient reçus si tous les enfants avaient été présents.

Elle réclame également que la subvention pour les frais fixes soit haussée à 14 dollars par jour par enfant présent.

Ce serait, selon Marie-Claude Collin, un traitement comparable à celui des Centres de la petite enfance.

On le sent qu'on est vraiment des partenaires dans le réseau. On travaille énormément avec le ministre. Il a une écoute, mais là, il ne faut pas juste écouter. Il faut des actions, affirme-t-elle.

Je n’ai pas vraiment confiance dans ce qu’avance le gouvernement. Il s’est rétracté plusieurs fois. On dirait qu’on n’a pas assez de valeur. On représente 20 % du réseau et on n’a pas assez de valeur pour le ministère de la Famille, conclut Widad Berkchi.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !