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Un tiers des adolescents du Québec vivent une forme de détresse durant le confinement

Une adolescente regarde son téléphone dans un café.

La dépression frappe davantage les jeunes de 15 à 24 ans que tous les autres Canadiens.

Photo : iStock

Pierre-Alexandre Bolduc

Un tiers des adolescents au Québec vivent une certaine forme de détresse en confinement, selon une nouvelle étude de l'Université du Québec en Outaouais. Le nombre élevé de jeunes souffrant de symptômes dépressifs surprend la chercheuse Kristel Tardif-Grenier. « Il faut prendre soin de nos adolescents », lance-t-elle.

Kristel Tardif-Grenier et son équipe ont épluché les témoignages écrits de 1251 jeunes âgés de 12 à 17 ans, partout à travers le Québec entre le 8 et le 30 avril dernier. Selon leurs conclusions, 30 % d'entre eux vivent mal le confinement.

D'après les données de l'étude, 58 % des garçons et 65 % des filles de ce groupe présentent un niveau significatif de symptômes dépressifs.

Les symptômes qu'on constate le plus dans ce groupe-là, c'est une perte d'espoir dans l'avenir, c'est un sentiment de dévalorisation et un grand sentiment de solitude, explique Kristel Tardif-Grenier.

Pour les adolescents, leur première source de soutien quand ils vivent des moments difficiles, c'est leurs amis!

Une citation de :Kristel Tardif-Grenier, professeure au Département de psychoéducation et de psychologie de l'Université du Québec en Outaouais

Témoignage d'adolescents dans l'étude

Au tout début, je trouvais que c'était amusant, car j'étais en congé. Par contre, maintenant je pleure à chaque soir.

- Juliette, 17 ans, Québec

Je suis fâché facilement et j'ai l'impression d'être un connard.

- Xavier, 13 ans, Montréal

C'est difficile avec ma famille, on ne s'endure plus.

- Chloé, 17 ans, Estrie

J'ai très envie de faire des trucs que je ne suis censée faire, comme sortir pendant la nuit quand mes parents dorment pour aller chiller avec mes amis.

- Emma, 15 ans, Laurentides

Kristel Tardif-Grenier soutient que certains jeunes ont l'impression que l'avenir sera sombre et se sentent moins bons par rapport à d'autres groupes dans la société.

Les adolescents sont à une période de leur vie où ils doivent se détacher de leurs parents. Ça fait partie de ce qu'on appelle leurs tâches développementales. Et là, avec le confinement, on les place dans une situation où ils se retrouvent à vivre l'inverse, c'est-à-dire qu'ils sont collés sur leurs parents, explique la professeure.

Les jeunes qui sont plus en détresse [consomment] davantage d'alcool et de drogues.

Une citation de :Kristel Tardif-Grenier, professeure au Département de psychoéducation et de psychologie de l'Université du Québec en Outaouais

Des solutions urgentes

Le groupe de chercheurs demande au gouvernement d'envisager d'accélérer la réouverture des loisirs culturels et sportifs destinés aux jeunes dans le respect des consignes de la santé publique.

Kristel Tardif-Grenier est professeure au Département de psychoéducation et de psychologie de l'Université du Québec en Outaouais (UQO).

Kristel Tardif-Grenier est professeure au Département de psychoéducation et de psychologie de l'Université du Québec en Outaouais (UQO).

Photo : Radio-Canada

Il s'agit d'une question cruciale pour la santé mentale, le bien-être psychologique et le développement des jeunes, selon les universitaires.

On a vu cette semaine un assouplissement des règles pour les aînés. Les aînés représentent quand même une population qui est hautement à risque par rapport au virus, par rapport au taux de mortalité et d'hospitalisation. Alors est-ce qu'on peut maintenant réfléchir aux adolescents? demande Kristel Tardif-Grenier.

Certains ados contents d'être à la maison

À l'inverse, Kristel Tardif-Grenier et son équipe ont aussi découvert qu'environ 30 % des jeunes aiment être confinés à la maison et se sentent moins stressés et plus heureux qu'à l'habitude.

Ils sont presque soulagés de voir la pression scolaire diminuer, de pouvoir prendre soin d'eux et de pouvoir passer du temps en famille.

Une citation de :Kristel Tardif-Grenier, professeure au Département de psychoéducation et de psychologie de l'Université du Québec en Outaouais

Il y en a beaucoup qui nous ont nommé toutes sortes d'activités qu'ils font maintenant avec leurs parents, comme par exemple aller prendre des marches, jouer à des jeux de société. Donc, ils semblaient vivre positivement ces contacts-là avec les parents, soutient Kristel Tardif-Grenier.

Enfin, un tiers des témoignages recueillis ont été catégorisés comme neutres par les chercheurs. Ces jeunes ne présentaient aucun symptôme d'anxiété ou de dépression. Ils trouvent le contexte dommage, mais ils sont aussi contents d'être à la maison. Ils affirmaient que certaines journées sont parfois plus difficiles que d'autres.

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