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Difficile d’arrêter de fumer durant le confinement

Les experts ignorent encore quel sera l'effet de la crise sur le tabagisme.

Un fumeur qui porte un masque.

Plus de deux millions d'Ontariens consommaient des produits du tabac en 2017, selon Santé publique Ontario.

Photo : Getty images/iStock / martin-dm

Plusieurs fumeurs disent que la COVID-19 les motive à vouloir écraser la cigarette. Il est toutefois difficile d’arrêter en temps de crise, selon eux.

Sur les médias sociaux, c’est impossible d’utiliser une application sans lire quelque chose sur la COVID-19. Ça fait monter mon anxiété, et c’est dans ces moments-là que j’ai le plus envie de fumer, raconte Izabella Jones.

La jeune femme de 22 ans en est à son 15e jour sans cigarette.

Izabella Jones devant un grand terrain boisé.

Izabella Jones s'estime chanceuse de vivre avec ses grands-parents, qui possèdent une grande propriété à Niagara-on-the-Lake, où elle peut faire des promenades pour se changer les idées.

Photo : Izabelle Jones

Elle ajoute qu’en plus du stress, le confinement la prive de distractions qui pourraient l’aider à surmonter ses envies.

Elle aimerait, par exemple, aller passer du temps au centre commercial pour se changer les idées. Je trouve ça difficile sans ce genre de distraction.

La jeune femme note toutefois qu’elle a peu de tentation autour d’elle puisqu’elle sort peu et qu’elle vit avec ses grands-parents, des non-fumeurs qui la soutiennent dans son choix d’arrêter.

Izabella Jones dit aussi avoir l'appui d'un groupe Facebook qui rassemble des fumeurs qui tentent d’arrêter. Elle n’a pas cherché à obtenir de soutien professionnel.

Des cliniques fermées

Des services d'aide aux fumeurs sont temporairement suspendus à cause de la COVID-19.

Le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) notait à la fin du mois d’avril une diminution de 70 % du nombre de personnes qui s’inscrivent à son programme de traitement contre la dépendance à la nicotine.

Les gens désirent toujours cesser de fumer, assure le Dr Peter Selby, un spécialiste des problèmes de dépendance au CAMH. Toutefois, ils sont incapables d’avoir accès aux traitements.

Photo du Dr Peter Selby.

Le Dr Peter Selby rappelle à ceux qui fument de bien se laver les mains avec de l'eau et du savon avant et après chaque cigarette pour minimiser les risques d'attraper et de transmettre la COVID-19.

Photo : Radio-Canada

Il explique que la majorité des quelque 300 cliniques partenaires du programme STOP du CAMH ont fermé ou encore réduit leurs services en raison de la pandémie.

Le Dr Selby continue d’offrir des consultations par téléphone ou par télémédecine à certains patients qui avaient déjà entrepris leur traitement avant le début de la pandémie.

Les patients nous disent qu’ils ont des difficultés à cause du stress et de l’ennui.

Le Dr Peter Selby, chef du service médical à la division psychiatrique et clinicien-chercheur, CAMH

Le Dr Selby explique que le CAMH tente de s’adapter aux mesures de confinement, notamment en travaillant à mettre sur pied un programme pour envoyer par la poste des produits de remplacement de la nicotine gratuitement aux fumeurs de l’Ontario. Il s’agit d’un programme qui existe déjà pour les jeunes fumeurs.

La ligne Télésanté du gouvernement ontarien offre aussi du soutien à ceux qui veulent cesser de fumer. Or, les temps d'attente étaient de plusieurs jours au début du mois d'avril pour les questions qui ne touchaient pas la COVID-19.

Le temps d'attente moyen pour parler avec une infirmière était de neuf heures la semaine dernière, selon le ministère de la Santé.

De son côté, la Société canadienne du cancer affirme que le nombre de personnes qu’elle aide avec son service de Téléassistance pour fumeurs est resté environ le même qu’avant la pandémie dans les provinces et territoires où il est offert.

En Ontario, l’organisation propose un soutien par clavardage et courriel seulement.

L’effet de la pandémie sur le tabagisme

Les experts disent qu’il est trop tôt pour savoir si la pandémie aura un effet positif ou négatif sur le tabagisme.

En général, en temps de crise, la consommation de substances augmente, incluant l’usage de la cigarette, signale Robert Schwartz, le directeur de l’Unité de recherche sur le tabac de l’Ontario.

Il croit cependant que deux facteurs pourraient jouer contre cette tendance : le fait que les cigarettes sont moins accessibles en confinement et la peur de certains fumeurs d'avoir des complications à cause de leur tabagisme s’ils contractent la COVID-19.

Des mégots de cigarette.

Les données sur les ventes de cigarettes pourraient entre autres fournir des indices sur la tendance au pays durant la pandémie. Statistique Canada a cependant suspendu la publication de ces renseignements durant la crise.

Photo : Radio-Canada / CBC / Robert Short

Selon un rapport de Santé publique Ontario publié en 2018, le tabagisme cause 16 000 morts prématurées chaque année. Il s’agirait ainsi de la principale cause évitable de décès prématuré dans la province.

En 2017, 15 % des Ontariens fumaient régulièrement, selon ce même rapport.

Santé publique Ontario évalue que le tabagisme coûte environ 7 milliards de dollars par année à la province.

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