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La Russie détecte toujours plus de cas, Moscou impose les masques

Les autorités expliquent cette situation par la multiplication des tests effectués et non par une accélération de la propagation. Mais des doutes sur la fiabilité des chiffres russes persistent.

Un homme portant une cagoule dorée marche. Derrière lui, on voit le Kremlin.

Un homme cagoulé marche près du Kremlin, à Moscou.

Photo : Getty Images / AFP/ALEXANDER NEMENOV

Agence France-Presse

La Russie a enregistré jeudi un nouveau record de cas de nouveau coronavirus détectés, revendiquant un grand effort de dépistage destiné à préparer un timide déconfinement, notamment à Moscou, où le port du masque de protection sera imposé.

Un record quotidien de 11 231 infections par la COVID-19 a été atteint, selon les chiffres annoncés jeudi, tandis que la mortalité semble toujours rester faible, avec 88 décès en 24 heures, portant le total à 1625.

Avec désormais 177 160 cas recensés, la Russie dépasse la France pour se classer au 4e rang européen et au 5e rang mondial en nombre de contaminations, selon le comptage établi par l'AFP.

Mais l'envolée de ce chiffre depuis une semaine s'explique, assurent les autorités, par la multiplication des tests effectués – 4,8 millions selon le comptage de jeudi – et non par une accélération de la propagation.

L'objectif de cette politique de dépistage est de mettre au jour les cas asymptomatiques ou légers de la maladie de la COVID-19, qui ne sont pas nécessairement comptabilisés dans d'autres pays faute d'accès aux tests, afin de mettre en quarantaine ces patients et ainsi juguler la propagation du virus.

Pour le maire de Moscou Sergueï Sobianine, qui pilote la cellule de crise nationale ainsi que dans la capitale, la forte hausse du nombre des personnes contaminées est donc une très bonne chose, même si en termes de cas quotidiens, la Russie se classe au 2e rang mondial derrière les États-Unis.

Ce dépistage accru explique aussi, affirment les autorités russes, la faible mortalité : avec 1625 morts, la Russie reste très loin des niveaux enregistrés en France (plus de 25 000 morts pour 174 000 cas) et même en Allemagne (7000 décès pour 166 000 malades).

Des experts soupçonnent cependant les statistiques russes d'être tronquées et que des décès dus à la COVID-19 ont pu être attribués à d'autres causes.

Trois travailleurs portant masque, gants et vêtement de protection creusent des tombes.

À Saint-Pétersbourg, des travailleurs portent des équipements de protection pour creuser des tombes destinées aux victimes de la COVID-19.

Photo : Getty Images / AFP/OLGA MALTSEVA

Outre sa politique de dépistage, la Russie explique la faible mortalité par des mesures sanitaires prises très tôt, comme la fermeture des frontières et le confinement des populations jugées les plus à risque.

Moscou reste néanmoins de loin le principal foyer de la pandémie dans ce pays avec 92 676 cas et va donc reconduire au-delà du 12 mai, et jusqu'à une date encore indéterminée, l'essentiel des mesures de confinement imposées depuis le 28 mars.

Le déconfinement s'annonce lent

D'autres régions russes, moins touchées, devraient pouvoir lever certaines restrictions la semaine prochaine, mais le déconfinement devra être lent. Le président Vladimir Poutine a réclamé mercredi à chaque entité régionale un plan d'action, tout en leur intimant l'ordre de ne rien précipiter.

Seul allègement prévu dans la capitale, la reprise des chantiers et du travail dans les usines pour 500 000 personnes, afin de soulager certaines des entreprises et certains des salariés dont les revenus ont fondu avec les mesures d'isolement social.

Mais ce retour s'accompagne de nouvelles restrictions. À compter du 12 (mai), les règles dans les transports en commun (de Moscou) seront durcies : il faudra porter masques et gants, a annoncé Sergueï Sobianine.

La grande majorité de la population moscovite restera donc confinée, l'essentiel des bureaux et des commerces ainsi que tous les restaurants et les services à la personne demeureront fermés.

La vitesse à laquelle (nous reviendrons à la normalité) dépendra de nous-mêmes, de notre discipline. Je ne veux pas jouer aux devinettes, mais je pense que le retour à une vie normale sans restrictions n'est pas pour bientôt.

Sergueï Sobianine, maire de Moscou

M. Sobianine a néanmoins noté des progrès sur le front médical. Pour la première fois depuis fin mars, aujourd'hui, le nombre des personnes quittant l'hôpital est plus important que le nombre de celles qui sont nouvellement hospitalisées.

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