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Illustration d'une femme assise dans un fauteuil, un ordinateur portable sur les genoux, dans un salon décoré d'une lampe, de plantes et de livres.

Ce ne sont pas tous les environnements de télétravail qui sont favorables.

Photo : iStock

Le confinement risque d’avoir des conséquences sur la santé physique de plusieurs télétravailleurs qui s’organisent du mieux qu’ils peuvent chez eux, souvent dans un environnement qui ne répond pas aux meilleures pratiques ergonomiques.

Incapables de voir leur massothérapeute, leur chiropraticien ou leur kinésiologue en raison de la fermeture des cliniques et des cabinets, nombreux sont ceux qui doivent prendre leur mal en patience et endurer maux et bobos.

Manon Cyr, qui travaille à la maison depuis deux mois en raison de la pandémie de COVID-19, souffre le martyre.

Présentement, je suis privée de mes services de chiro et de masso, donc physiquement, c’est extrêmement difficile, confie la télétravailleuse de Saguenay, qui a l’habitude de consulter ces professionnels de la santé au moins une fois par mois.

Manon n’est manifestement pas la seule à souffrir.

Je vous dirais que depuis deux semaines, il y a plus de téléphones. Les gens appellent pour savoir si on a recommencé parce que les douleurs commencent à être plus présentes et plus intenses, remarque sa chiropraticienne, Julie Doucet, dont la clinique de Jonquière est présentement fermée.

La Dre Doucet prend toutefois ses appels à distance, offre des services de téléconsultation et peut traiter certaines urgences.

Julie Doucet devant sa clinique.

Julie Doucet prévoit une hausse des douleurs musculosquelettiques en raison du télétravail.

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

En cette période où les gens travaillent dans leur salon, leur cuisine ou même leur chambre à coucher, les douleurs rapportées sont principalement au cou et aux bras. La plupart du temps, elles sont exacerbées par une posture et de l’équipement inadéquats.

Beaucoup de douleurs de cou, de douleurs reliées au télétravail, donc des postes de travail à la maison qui ne sont pas tout à fait ergonomiques. C’est certain que quand on est installé sur notre table de cuisine, c’est plus difficile d’être ergonomique, observe Julie Doucet.

Enfants et ados touchés

Les adultes subissent les contrecoups du télétravail, dont les impacts sont empirés par une baisse d’activité physique et des déplacements réduits. Les enfants et les adolescents ne sont pas épargnés, eux qui, règle générale, utilisent les écrans et les jeux vidéo beaucoup plus qu’en temps normal.

Des positions assises longtemps à regarder des écrans, souvent la tête trop par en avant, ça va amener des problématiques neuromusculosquelettiques. Beaucoup de ce qu’on appelle le cou texto. Tout ce qui amène la tête vers l’avant pour les écrans, on devrait avoir beaucoup plus de demandes.

Dre Julie Doucet, chiropraticienne

Lorsqu’ils reprendront du service, les chiropraticiens s’attendent à une recrudescence du nombre d’appels de télétravailleurs au corps hypothéqué. Ils devront traiter avec soin ceux atteints de problèmes particuliers et aux prises avec des douleurs chroniques.

Manon Cyr en entrevue devant un bureau de chiropratique.

Atteinte de douleurs chroniques, Manon Cyr souffre le martyre en télétravail, alors qu'elle se trouve privée de sa chiropraticienne et de sa massothérapeute.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

C’est le cas de Manon Cyr, qui vit un cauchemar quotidien. Des médicaments la soulagent un brin, mais il n’y a pas de remède miracle.

Étant donné que je suis à la maison, je n’ai pas un bureau adapté du tout. J’ai de vieilles blessures qui reviennent comme des tendinites, confie la technicienne au service de la paie chez Refraco.

On ne peut pas les voir présentement, donc ce sont des conditions qui risquent de s’aggraver avec le temps, craint Julie Doucet.

L'enseigne de la clinique de la Dre Julie Doucet.

La clinique de la Dre Julie Doucet, située dans le secteur Arvida, est présentement fermée en raison de la crise de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

En attendant la réouverture des cliniques, quelques trucs et astuces sont de mise. L’Association des chiropraticiens du Québec offre des capsules sur son site Internet et sur sa page Facebook. Un petit coup de fil à son chiro peut aussi aider à changer le mal de place.

Continuer à bouger. Bien s’hydrater. Boire de l’eau. Ce sont des choses auxquelles on pense plus au travail, mais à la maison, notre routine étant défaite, ça peut peut-être nous gêner un peu plus. Sinon, faire des étirements, relève la Dre Marie-Hélène Boivin, présidente de l’Association des chiropraticiens du Québec.

La Dre Marie-Hélène Boivin chez elle en entrevue par vidéoconférence.

La Dre Marie-Hélène Boivin, présidente de l'Association des chiropraticiens du Québec, lors d'une entrevue réalisée par vidéoconférence.

Photo :  Capture d’écran

La kinésiologue Myriam Boucher insiste sur l’importance d’une bonne posture pour éviter les blessures.

Si vous êtes affaissé ou écrasé, si votre posture est croche, c’est certain qu’il va y avoir des répercussions au niveau musculosquelettique, prévient-elle.

En attendant la réouverture des cliniques, un processus qui sera très certainement encadré par des mesures bien strictes, les télétravailleurs doivent tenter du mieux qu’ils peuvent de soigner leurs bobos tout en essayant de garder le moral.

À la maison, c’est un bureau de fortune dans le salon. On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a, mais j’espère sincèrement que les services vont recommencer bientôt.

Manon Cyr, télétravailleuse

Douleurs au dos, tensions dans les trapèzes, maux de tête et douleurs sciatiques sont le type de blessures qui feront résurgence au cours des prochaines semaines et des prochains mois, si l’on se fie aux prévisions de la présidente de l’Association des chiropraticiens du Québec.

L’être humain est un tout. C’est sûr que tout va ensemble. Nos postures vont avoir une influence sur nos douleurs. Nos douleurs vont avoir une influence sur notre humeur et sur notre stress aussi donc il faut vraiment essayer d’avoir une bonne hygiène de vie dans ces périodes plus difficiles, signale Marie-Hélène Boivin.

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Saguenay–Lac-St-Jean

Santé physique et mentale