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COVID-19 : des manifestants demandent de mieux protéger les sans-abri

Un campement de sans-abri fait de tentes.

Des campements de sans-abri ont recommencé à voir le jour depuis le début de la pandémie à Toronto.

Photo : Radio-Canada

À bord de leurs voitures, des manifestants demandent à ce que les sans-abri de Toronto soient mieux protégés contre la COVID-19. La Ville compte plus de 235 sans-abri infectés et certains refuges ne respectent pas encore les mesures de distanciation physique.

Plusieurs voitures ont fait le tour de l'Assemblée législative de l'Ontario, mercredi, au centre-ville de Toronto.

Les manifestants et intervenants auprès des sans-abri considèrent que les efforts de la Ville ne sont pas suffisants pour répondre à la crise et que le nombre réel de personnes infectées est plus élevé que le nombre de cas recensés.

Une affiche sur une voiture.

Des messages pour aider les sans-abri étaient affichés sur les voitures des manifestants. « Nous avons besoin de tests de dépistage, pas des contraventions et des arrestations », peut-on lire sur celle-ci.

Photo : Radio-Canada / Paul Smith

Il est encore difficile de faire respecter les mesures de distanciation physique dans les refuges et des centaines de personnes attendent toujours d'être déplacées vers des chambres d'hôtel.

Les manifestants et militants réclament des mesures immédiates pour déplacer plus rapidement les sans-abri et fournir de l'équipement de protection individuelle aux membres du personnel et aux résidents dans les refuges.

35 000 masques pour les employés des refuges

Le jour même où la manifestation s'est tenue, la Ville de Toronto a annoncé qu'elle fournira de l'équipement de protection individuelle pour les employés dans les refuges.

Cette semaine, ces fournitures supplémentaires seront distribuées [...] pour permettre le port quotidien des masques par tout le personnel de première ligne à travers le système de refuges, peut-on lire dans un communiqué.

sous un pont de Toronto des tas d'ordures et une tente plantée c'est un endroit où dorment quelques sans-abri.

De nombreux militants contre la pauvreté jugent que la Ville de Toronto n'en fait pas assez pour protéger les sans-abri.

Photo : Radio-Canada / Grant Linton

À partir de la semaine prochaine, la Ville fournira 35 000 masques au personnel dans les refuges chaque semaine.

Les protestataires demandent aussi que des tests de dépistage soient faits régulièrement et rapidement dans les refuges et autres établissements qui accueillent les sans-abri.

Un deuxième hôtel pour les sans-abri infectés

Un deuxième emplacement pour les sans-abri qui se remettent de la COVID-19 ouvrira ses portes vendredi à Toronto.

Le premier hôtel qui a été réservé par la Ville au mois d'avril peut accueillir 200 personnes.

Ce second hôtel permettra d'accueillir jusqu'à 250 sans-abri supplémentaires qui sont atteints de la maladie.

L'une des chambres de l'hôtel.

Le transfert des sans-abri des refuges vers des chambres d'hôtel se fait trop lentement, selon l'avocate Jessica Orkin.

Photo : Ville de Toronto

Des professionnels de la santé seront sur place pour accompagner les sans-abri qui ont le virus.

Des intervenants en santé communautaire ont aussi participé à la mise en place de ce nouvel emplacement au centre-ville de Toronto.

Les clients sont logés dans des chambres d'hôtel individuelles et reçoivent un modèle intégré de soins utilisant une approche axée sur la réduction des méfaits et les traumatismes, offrant des soins médicaux, des soins infirmiers, des soins de toxicomanie et des services de prévention des surdoses, écrit la Ville de Toronto par voie de communiqué.

La poursuite contre Toronto et l'Ontario va de l'avant

Mais ces nouvelles mesures sont insuffisantes aux yeux de l'avocate Jessica Orkin, qui poursuit la Ville de Toronto et l'Ontario pour une mauvaise gestion de la crise dans les refuges.

Le recours constitutionnel d'une coalition d'organisations communautaires contre Toronto a été déposé devant les tribunaux le 23 avril et une semaine plus tard la province a été ajoutée à celui-ci.

La poursuite demande que la province exerce ses pouvoirs d’urgence sanitaire pour offrir plus de ressources à la Ville pour répondre à la crise, notamment.

Une demande d'injonction a été déposée le 4 mai.

Si elle est acceptée, l'injonction permettrait d'ordonner des changements immédiats aux règlements sur les refuges de Toronto pour assurer la santé et la sécurité des gens qui les fréquentent.

Les refuges dans un état déplorable

En principe, elle sera entendue le 27 mai devant la Cour supérieure à Toronto.

Selon ces groupes, dont l'Association canadienne des libertés civiles, le système de refuge actuel est déplorable et menace la santé et la sécurité des personnes qui y ont recours.

Ils affirment que la situation dans laquelle se trouvent les sans-abri viole leurs droits définis par la Charte canadienne des droits et libertés et le Code des droits de la personne de l'Ontario.

Les conditions dans les refuges ne sont pas sécuritaires, les risques sont très élevés et la Ville n'a pas fait ce qu'elle pouvait pour faire les changements nécessaires rapidement.

Jessica Orkin, avocate

Il y a encore des centaines de personnes qui doivent être relogées pour permettre d'avoir au moins deux mètres entre les lits dans les refuges [...] c'est le minimum, ajoute Jessica Orkin.

Selon la Ville de Toronto, près de 2000 personnes ont été relogées. Il ne resterait que 5 % des sans-abri torontois à diriger vers d'autres endroits afin que la distanciation physique soit effective dans les refuges.

Selon des documents judiciaires, la Ville dit pouvoir compléter tous les déplacements nécessaires d'ici le 15 mai.

Une femme qui porte des lunettes

L'avocate Jessica Orkin a déposé l'action en justice. Elle représente un certain nombre d'organisations, dont beaucoup travaillent avec des personnes hébergées dans les refuges.

Photo : CBC/Lorenda Reddekopp

Toutefois, ces informations sont mises en doute par plusieurs groupes de lutte contre la pauvreté et l'itinérance, en plus de l'avocate Jessica Orkin.

Selon eux, le nombre de sans-abri qui doivent être relogés est plus élevé.

Une lettre à John Tory

Plus de 100 leaders religieux ont également écrit une lettre au maire de Toronto, John Tory, pour lui faire part de la mauvaise gestion de la crise de la COVID-19 dans les refuges de la ville.

Nos bénévoles et notre personnel sont dépassés. Nous ne pouvons indéfiniment porter le fardeau du rythme lent et apparemment réticent de la ville, peut-on lire dans la lettre.

Les dirigeants des églises du centre-ville de l’est de Toronto affirment ne pas avoir vu le soutien nécessaire et essentiel de la Ville pour freiner les effets de COVID-19 sur ses sans-abri.

Les églises de Toronto, débordées, ont été durement touchées par la crise dans leurs efforts pour fournir des services et du soutien, peut-on lire dans un communiqué.

Ils demandent, comme les manifestants, d’en faire plus pour venir en aide aux plus vulnérables.

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