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COVID-19 : l’Alberta présente trois scénarios pour un retour en classe

Un enfant dans une salle de classe lève le bras en tenant un crayon dans sa main.

Les conseils scolaires francophones de l'Alberta ne souhaitent pas un retour en classe précipité.

Photo : iStock

Stéphanie Rousseau

Le gouvernement de l’Alberta a annoncé mercredi qu’il envisageait trois scénarios pour la reprise des cours à la rentrée, selon l'évolution de la propagation de la COVID-19 dans la province.

La ministre de l’Éducation, Adriana LaGrange, a précisé que, dans le scénario 1, les écoles rouvriront normalement et que le virus sera maîtrisé. Le scénario 2 propose des mesures de précaution telles que la distanciation sociale et l'utilisation d’équipement de protection personnelle pour les enseignants, et le scénario 3 se base sur la possibilité que l’école devra se poursuivre à la maison, comme c’est le cas actuellement.

Nous n'avons pas encore pris de décision, mais nous envisageons toutes les possibilités, a indiqué la ministre de l'Éducation, Adriana LaGrange.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

La semaine dernière, le premier ministre, Jason Kenney, a confirmé que les écoles ne rouvriront pas avant septembre. Pour des parents qui assurent à la fois travail et école à la maison, la situation est parfois compliquée, mais, du côté des enseignants et des conseils scolaires francophones, la décision a été bien accueillie.

Des élèves lèvent la main dans une classe.

À la rentrée, les enseignants pourraient être munis de matériel de protection comme des gants ou des masques.

Photo : iStock

Réaction des conseils scolaires francophones

Pour le président du conseil scolaire FrancoSud, Erwan Goasdoué, un retour en classe trop précipité n’aurait pas été une bonne idée.

La décision de ne pas renvoyer les élèves en classe est un choix qu’on appuie pour la sécurité des élèves et de leur famille, dit-il.

Même si on avait pu renvoyer les élèves à l’école, ça n’aurait pas été avant le début juin, et encore là, ça aurait été une grosse perturbation avec peu de temps au calendrier scolaire, soutient-il. Un autre élément qu’on a pris en compte, c’est qu’on est conscient que, même si les écoles avaient rouvert, beaucoup de parents nous auraient dit : "Je préfère ne pas y envoyer les enfants avant septembre." On le sait très bien. C’est un message qu’on a beaucoup entendu en parlant avec les parents dans les conseils d’école.

Erwan Goasdoué juge que le Québec va peut-être trop vite en autorisant un retour en classe, alors que l'augmentation des cas de COVID-19 est loin d’être maîtrisée dans cette province.

Il reste encore beaucoup d’inconnues et, à mon avis, je ne sais pas si la décision prise au Québec est la bonne.

Erwan Goasdoué, président du conseil scolaire FrancoSud

Même son de cloche au conseil scolaire Centre-Nord, de la part de son directeur, Robert Lessard.

Compte tenu des circonstances et, puisqu’en Alberta il y avait déjà un programme d’apprentissage à la maison je crois que la décision était probablement la plus sage. Forcer un retour des élèves en ce moment, avec un apogée du virus [attendue] vers la mi ou la fin mai, il me semble que la décision de poursuivre les apprentissages à la maison était la bonne, dit-il.

Robert Lessard croit aussi que beaucoup de parents auraient évité d’envoyer leurs enfants à l’école, même si les cours avaient repris.

Je pense qu’on aurait eu un taux d’absentéisme assez élevé. Avec toutes les mesures de distanciation sociale, cela nous aurait pris un certain temps pour nous organiser pour, finalement, avoir trois ou quatre semaines d’école [qui resteraient]. Je pense que, dans les circonstances, comme l’école à la maison fonctionne bien, même si ce n’est pas parfait, c’était probablement une décision sage, ajoute-t-il.

La province a laissé entendre qu'elle étudiait l’idée d’autoriser certains programmes à reprendre avant septembre ou à relancer les cours avant la rentrée.

Nous anticipons un retour en septembre, mais on va suivre les consignes et s’adapter en fonction des échéanciers que le gouvernement va mettre en place.

Robert Lessard, directeur Conseil scolaire Centre-Nord

À quoi ressemblera l'école en septembre?

Le président de l’Association des enseignants et enseignantes de l’Albert, Jason Schilling, dit que ses membres ne souhaitent pas un retour avant l’automne. Il croit que ces prochaines semaines sont nécessaires pour que la situation se stabilise et que les conseils scolaires aient le temps d’organiser une rentrée sécuritaire.

C’est certain que beaucoup d’enfants et d’enseignants s’ennuient, mais c’est simplement trop dangereux de retourner à l’école actuellement. Il reste trop d’inconnues qui ne sont pas réglées et il faut s’assurer que nous avons les protocoles en place avant de pouvoir rouvrir les écoles, dit-il.

Des discussions sont en cours pour prévoir le retour, notamment sur la question de munir les enseignants de matériel de protection comme des gants ou des masques

Une question que nous avons beaucoup reçue, par exemple, est: "Comment mettre en place la distanciation sociale avec les élèves?" Les classes accueillent des groupes de 30 à 40 élèves, les enseignants se demandent comment mettre en place des mesures de distanciation de manière efficace et en protégeant tout le monde, explique Jason Schilling.

Robert Lessard renchérit : Le défi le plus grand est celui de la distanciation sociale dans les classes, surtout chez les plus jeunes qui sont habitués à une certaine proximité. Il y a toute une nouvelle dynamique qui doit se créer à l’intérieur de l’école au niveau des routines qui vont devoir être réfléchies. Donc nous avons besoin de temps pour préparer cela.

Il croit qu’il est possible d’envisager des horaires décalés où certains groupes seraient en classe le matin, et d’autres, l'après-midi, par exemple.

On n’a pas toutes les solutions, on n’est certainement pas rendu à ce point-là, mais on réfléchit et on essaie d’apprendre aussi de ce qui se fait ailleurs, pour voir les défis auxquels ils font face et les solutions qu’ils trouvent, précise-t-il.

On se rend bien compte que la situation n’est pas normale, affirme pour sa part Erwan Goasdoué.

Idéalement, tout le monde aimerait qu’il n’y ait pas de virus et que les enfants soient à l’école, on est d’accord. Mais, dans le contexte actuel, il y a quand même des choses très positives qui se passent,

Erwan Goasdoué, président du conseil scolaire FrancoSud

Pour sa part, le psychiatre pour enfants Kelly Schartz, qui enseigne à l’Université de Calgary, rappelle que les parents ne doivent pas se mettre trop de pression sur les épaules.

Les enfants sont très influencés par les émotions de leurs parents. Alors, c’est important pour les parents de comprendre que leur manière de répondre à cette crise, leur gestion de leurs frustrations et de leur sentiment d’isolation influencent leurs enfants. En même temps, ce n’est pas le moment pour les parents de s'obliger à avoir un environnement parfait à la maison. C’est irréaliste. Tout le monde vit la même crise, et il faut juste la prendre un jour à la fois, dit-il.

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