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Québec incapable de justifier ses contrôles policiers entre Ottawa et Gatineau

Un policier de la Sûreté du Québec qui intercepte les automobilistes.

Les contrôles routiers vont se poursuivre pour les passages d'Ottawa vers Gatineau.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Le gouvernement du Québec n’est pas en mesure d’expliquer sur quels fondements il se base pour maintenir les barrages routiers aux ponts interprovinciaux entre Gatineau et Ottawa. Depuis quelques jours, différents ministres et ministères se renvoient la balle, sans être en mesure de répondre à nos questions.

Selon les statistiques compilées par chacune des provinces, le nombre de cas de COVID-19 à Ottawa est moins élevé que dans d’autres régions près de l’Outaouais. C’est le cas des Laurentides, région qui sera accessible par les résidents de l’Outaouais dès le 11 mai prochain.

L’institut national de santé publique du Québec dénote 94,1 cas de COVID-19 par 100 000 habitants à Gatineau, contre 242 pour la région des Laurentides. À Ottawa, 145,2 cas par 100 000 habitants sont recensés par Santé publique Ontario.

Lors de l’annonce de la levée graduelle des barrages en Outaouais, qui doit avoir lieu le 11 mai, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, justifiait en partie sa décision de conserver les contrôles aléatoires entre Ottawa et Gatineau, puisqu'il « il y avait quand même une préoccupation compte tenu de la situation en Ontario ».

Le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, avait renchéri en mentionnant qu’« on ne peut pas oublier le voisin, où ça ne va pas très bien ». « Le nombre de cas explose à Ottawa, où il y a beaucoup plus de décès », avait-il affirmé.

En effet, le nombre de décès est plus élevé à Ottawa qu’à Gatineau. Par 100 000 habitants, l’Outaouais recense 1 mort, contre 13 à Ottawa. Il faut toutefois préciser que 25 institutions de santé d’Ottawa, comme des foyers de soins de longue durée, sont touchées par des éclosions de COVID-19, contre deux CHSLD en Outaouais. Le nombre de morts par 100 000 habitants est de 8 dans les Laurentides et de 73 à Montréal.

Qui prend la décision?

Mme Guilbault et le Dr Arruda en conférence de presse.

Le cabinet de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault n'a pas voulu répondre à nos questions.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Alors, pourquoi les résidents de la plupart des régions du Québec, incluant Montréal, auront-ils accès à l’Outaouais dès le 11 mai, mais pas les résidents d’Ottawa, sauf pour des déplacements essentiels?

Obtenir des réactions à ce sujet a été complexe. Depuis lundi, nous tentons d’obtenir des réponses. Tant le cabinet de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault que celui du ministre responsable de l’Outaouais n’ont pas voulu accorder d’entrevue, soutenant que cette décision de maintenir les contrôles policiers aux ponts interprovinciaux n’était pas politique, mais plutôt une recommandation de la Santé publique.

Sans vouloir nous expliquer pourquoi, le ministère de la Santé et des Services sociaux, qui chapeaute la Santé publique, nous a dirigés mardi soir au ministère de la Sécurité publique. Nous attendons toujours leur réponse.

C’est une question de protéger les gens, croit le maire de Gatineau

Maxime Pedneaud-Jobin en entrevue à Radio-Canada.

Le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin .

Photo : Radio-Canada

À la lumière de ces données, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, ne change pas d’avis. À partir du moment où la santé publique le recommande, moi je le défends, soutient-il. C'est une question de protéger les gens.

Le maire estime que ces barrages policiers sont un outil de sensibilisation exceptionnel.

Il y a des désagréments, mais ce n’est rien comparativement à sauver des vies.

Une citation de :Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Il y a plus de risques dans la ville de Montréal et les résidents de Montréal vont pouvoir visiter Gatineau, a pour sa part dénoncé le maire d'Ottawa, Jim Watson. Je ne pense pas que c’est une bonne idée [les barrages], mais je respecte que la Ville de Gatineau et la province du Québec aient le droit de faire [ces contrôles], a-t-il affirmé lors d'un point de presse, mercredi.

Garder l’étanchéité des zones déconfinées

Des policiers demandent aux automobilistes la raison de leur déplacement.

Des policiers questionnent les automobilistes pour éviter les déplacements non-nécessaires

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Le chercheur Drissa Sia, professeur au département des sciences infirmières de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), croit que c’est justifié de garder les contrôles entre Ottawa et Gatineau, du moins jusqu’à ce que les gouvernements aient réussi à faire leurs déconfinements respectifs. Il faut garder l'étanchéité entre les zones qu'on déconfine, explique-t-il.

Il faut éviter l’importation de nouveaux cas.

Une citation de :Drissa Sia, professeur au département des sciences infirmières de l’Université du Québec en Outaouais

Selon M. Sia, tout gouvernement doit faire preuve de prudence face à la levée de barrages. Il estime que le déconfinement doit se faire de façon progressive. On passe à une autre zone jusqu’à faire le tour, conclut-il.

Avec les informations d'Antoine Trépanier

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