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La Journée internationale sans régime durant le confinement

une assiette coupée en deux. À gauche, une assiette remplie d'un hamburger, à droite, des feuilles d'épinard.

La Journée internationale sans régime dénonce le culte de la minceur et l'inefficacité des régimes amaigrissants.

Photo : iStock

Une nutritionniste de Val-d’Or et la cheffe de projets du Groupe ÉquiLibre expliquent le but de la Journée internationale sans régime. Ensemble, elles déboulonnent aussi certains mythes.

Le 6 mai marque la Journée internationale sans régime, mise sur pied en 1992 par la féministe britannique Mary Evans Young afin de dénoncer l’inefficacité des régimes amaigrissants et les dangers reliés à l’obsession d’une silhouette mince.

Non aux régimes et oui aux mauvaises habitudes de vie?

Le Groupe ÉquiLibre, qui souligne la Journée internationale sans régime depuis 13 ans, met l’accent sur l’acceptation de son corps. Comme l’explique André-Ann Dufour Bouchard, nutritionniste et cheffe de projets chez ÉquiLibre, les gens croient souvent, à première impression, que la journée tente de promouvoir une alimentation malsaine.

Je trouve ça intéressant de voir que c’est comme ça que les gens la perçoivent parce que ça démontre à quel point, juste de parler de se permettre de manger certains aliments, ça vient choquer, ébranler des valeurs en nous, comme société, remarque-t-elle.

Elle enchaîne en disant que l’objectif est de lancer un message de réconciliation entre la nourriture, notre corps et notre esprit, et aussi d’encourager les gens à adopter une alimentation équilibrée. Ce n’est pas seulement du point de vue de la valeur nutritive des aliments qu’ils consomment, précise André-Ann Dufour Bouchard, ajoutant que le plaisir, la socialisation et le réconfort font partie d’une alimentation équilibrée.

Une balance sur un vieux plancher

Le poids d'un individu n'est pas un indicateur de sa santé, disent les experts. Il faut plutôt regarder ses habitudes de vie.

Photo : getty images/istockphoto / Srdjanns74

La nutritionniste Roxanne Bertrand, qui pratique à Val-d’Or, abonde dans le même sens. Elle croit que la journée est une occasion de mettre le focus ailleurs et de passer à autre chose, dans nos vies, que de toujours parler de régime et de perte de poids.

L’Association de la santé publique du Québec prévient elle aussi la population (ASPQ) des risques liés aux régimes amaigrissants. Selon les études à ce jour, dans les 5 années suivant le régime, plus de 9 personnes sur 10 reprennent le poids perdu et, parfois, même plus.

Pour écouter l'entrevue complète avec Roxanne Bertrand à l'émission Des matins en or, cliquez ici.

Régimes et confinement

Selon l’ASPQ, 34 % des Québécois ont connu une augmentation de leur préoccupation à l’égard de leur poids depuis le début de l’état d’urgence. André-Ann Dufour Bouchard souligne que le fait de manger plus ou moins n’a pas intrinsèquement de valeur morale.

On voit que la peur de prendre du poids est très importante, dû aux changements dans les habitudes de vie, mais ce qu’on lance comme message aux gens à cette période-ci, c’est de prendre un moment d’arrêt pour réaliser que c’est normal, vu que c’est une situation exceptionnelle, que nos habitudes sont chamboulées, remarque-t-elle.

Quelques statistiques sur les régimes et la grossophobie :

  • Selon l’ASPQ, 59 % des jeunes considèrent que des camarades de classe se font traiter de tous les noms, taquiner ou intimider en raison de leur poids
  • On dénombre plus de 100 causes à l’obésité
  • 95 % des personnes qui perdent du poids à la suite d’un régime le reprendront un jour
  • Selon une étude du gouvernement du Canada, 1,5 % des femmes canadiennes âgées entre 15 et 24 ans ont souffert d’un trouble alimentaire

Roxanne Bertrand suggère de profiter de l’occasion pour trouver d’autres façons que le contrôle du poids pour se sentir bien dans sa peau. Ça peut être bien de prendre le temps d’écouter notre corps pour manger ce dont on a envie, de respecter le corps qu’on a et de mettre en place des habitudes de vie qui nous font du bien.

Confinement et… grossophobie?

Les photos et les blagues à propos de prise de poids pendant la période de confinement lancent un message qui peut contribuer à renforcer le culte de la minceur. On peut penser aux images montrant une silhouette plus large après le confinement qu’avant. André-Ann Dufour Bouchard appelle la population à prendre conscience que ces images peuvent avoir un impact négatif, même si elles essaient d’aborder la situation avec humour.

Les photos comme ça, ça fait la promotion de la grossophobie parce que ça laisse croire que les gens gros mangent automatiquement mal ou bougent moins, alors que ce n’est pas le cas parce qu’une personne, peu importe son poids, peut avoir de saines habitudes de vie, dit-elle.

Roxanne Bertrand reconnaît que les nutritionnistes ont souvent été des catalyseurs de la grossophobie et de la fausse idée selon laquelle le poids est directement lié à des problèmes de santé. Ce message-là d’épidémie d’obésité, c’est souvent un raccourci intellectuel qu’on utilise. Ce qu’on voit de plus en plus, ce n’est pas le surpoids ou le fait d’être obèse qui amène les problèmes de santé, mais tout ce qui est autour, nuance-t-elle.

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Abitibi–Témiscamingue

Santé physique et mentale