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Changements climatiques : les tempêtes tropicales se déplacent

Vue sur l'océan Atlantique de l'espace où l'on voit la formation de nuages en spirale propres aux ouragans à trois endroits distincts, soit les tempêtes tropicales Florence, Isaac et Helene.

La tempête tropicale Florence vue de l'espace par un satellite du Centre national des ouragans.

Photo : Centre national des ouragans

Radio-Canada

Alors que les changements climatiques ne semblent pas influer significativement sur le nombre moyen annuel de tempêtes tropicales depuis quarante ans, ils semblent cependant avoir un impact sur les endroits où ces tempêtes se produisent, montre une étude réalisée pour le compte de l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA). Explications.


On sait encore peu de choses sur l’influence des changements climatiques en cours sur les tempêtes tropicales. En 2018, une étude montrait que les tempêtes tropicales avaient tendance à se déplacer moins rapidement d’environ 10 % depuis les dernières décennies, en particulier dans les zones côtières. Mais les scientifiques à l’origine de ces travaux n’avaient pas identifié la cause du phénomène observé, même s’ils estimaient que les changements climatiques n’y étaient pas étrangers.

Ces tempêtes portent différents noms en fonction de l’océan où elles apparaissent, mais ces appellations décrivent toutes le même phénomène météorologique :

  • Ouragan dans l'océan Atlantique, et dans l'est et le centre du Pacifique;
  • Typhon dans le nord-ouest du Pacifique;
  • Cyclone dans l'océan Indien.
Le typhon Hagibis vu de l'espace

Le typhon Hagibis vu de l'espace

Photo : Twitter / Hagibis

Des changements et des tempêtes

Dans les présents travaux, des chercheurs américains, japonais, et chinois ont analysé l'activité globale des tempêtes tropicales entre 1980 et 2018.

Leurs données indiquent que le nombre d’ouragans a augmenté depuis 1980 dans l'Atlantique Nord et le centre du Pacifique, tandis que les typhons et les cyclones ont diminué dans le Pacifique et l'océan Indien.

Pour la première fois, nous montrons que le schéma géographique observé ne peut pas être expliqué uniquement par la variabilité naturelle, dit Hiroyuki Murakami, chercheur en climatologie au laboratoire de dynamique des fluides géophysiques de la NOAA dans un communiqué.

Les chercheurs affirment que leurs modèles climatiques permettent de déterminer que les gaz à effet de serre, les aérosols d'origine humaine, mais aussi les éruptions volcaniques, déterminent l'endroit où les cyclones tropicaux se développent.

Les images satellites de la NOAA montrent l'ouragan et son œil qui s'approche de l'archipel.

L’ouragan Lane au large de l’archipel d’Hawaï.

Photo : NOAA / Noaa

Trois forces en présence

Les gaz à effet de serre réchauffent la haute atmosphère et les océans. Cette réalité créerait une atmosphère plus stable, si bien qu’il y aurait moins de risques que la convection des courants d'air mène à la formation des tempêtes.

M. Murakami explique que la pollution par les particules fines et autres aérosols contribue à créer des nuages et à réfléchir la lumière du soleil loin de la terre. Ce phénomène provoque un refroidissement.

Selon lui, une diminution de la pollution par les particules due aux mesures de contrôle de la pollution pourrait augmenter le réchauffement de l'océan en permettant à une plus grande quantité de rayons solaires d'être absorbés par l'océan.

La diminution des aérosols d'origine humaine est l'une des raisons de l'activité des cyclones tropicaux dans l'Atlantique Nord au cours des 40 dernières années, a déclaré M. Murakami.

Cependant, vers la fin de ce siècle, les cyclones tropicaux dans l'Atlantique Nord devraient diminuer en raison de l'effet apaisant des gaz à effet de serre.

Les éruptions volcaniques modifient également l'emplacement des tempêtes, affirment les chercheurs. Par exemple, les éruptions d'El Chichón au Mexique en 1982 et du Pinatubo aux Philippines en 1991 ont provoqué un refroidissement de l'atmosphère de l'hémisphère Nord, déplaçant ainsi l'activité des tempêtes tropicales vers le sud pendant quelques années.

Selon ces chercheurs, le réchauffement des océans a repris depuis 2000, entraînant une augmentation de l'activité des cyclones tropicaux dans l'hémisphère Nord.

Une visualisation satellite de Dorian.

L'ouragan Dorian au-dessus des Bahamas.

Photo : Université du Colorado/CIRA

L’avenir

Les auteurs de ces travaux prévoient un nombre moins élevé de tempêtes d'ici 2100, passant à l’échelle mondiale de 86 à environ 69 en moyenne. Mais cette baisse n’annonce rien de bon, puisque celles qui se développeront devraient être plus importantes.

L'ouragan Florence.

Florence était le sixième ouragan de la saison 2018 dans l'océan Atlantique Nord.

Photo : NOAA

Des diminutions sont prévues dans la plupart des régions, sauf dans l'océan Pacifique central, y compris à Hawaï, où l'activité des cyclones tropicaux devrait augmenter. L'augmentation des températures à la surface de la mer alimente l'intensité des tempêtes tropicales.

Nous espérons que cette recherche fournira des informations qui aideront les décideurs à comprendre les forces à l'origine des tempêtes tropicales, et à élaborer des plans en conséquence pour protéger les vies et les infrastructures.

Hiroyuki Murakami

Le détail de ces travaux est publié dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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Changements climatiques

Science