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La crise sanitaire comme tremplin pour sortir le Québec de la pauvreté

Un homme tient dans sa main la poche renversée d'un jean pour montrer qu'elle est vide. L'image vise à illustrer le concept de pauvreté.

L'étude de l'IRIS révèle que de nombreux Québécois ne touchent pas un revenu viable.

Photo : Radio-Canada

Les mesures d’aide mises en place depuis le début de la pandémie de COVID-19 laissent entrevoir la possibilité d’offrir « un niveau de vie digne et exempt de pauvreté » à l’ensemble de la population, croit l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS).

Eve-Lyne Couturier, chercheuse à l’IRIS, affirme que la Prestation canadienne d’urgence (PCU) et les augmentations de salaire consenties aux préposés aux bénéficiaires témoignent d’une volonté des gouvernements d’assurer un « revenu viable » au plus grand nombre de personnes possible durant la crise sanitaire.

Il y a eu un effort qui a été fait, et cet effort-là, on pourrait dire qu'il reconnaît le fait que le revenu viable, c'est une cible à atteindre pour offrir de bonnes conditions de vie aux gens, ce que le gouvernement essaie de faire, en ces temps difficiles, plus que d'habitude, observe-t-elle.

Le revenu viable est un indicateur mis au point par l’IRIS pour déterminer la somme disponible, après impôt, qui permet de vivre dignement hors de la pauvreté. Ce nouvel indice diffère de la mesure du panier de consommation (MPC) qui établit le montant qu’une personne seule ou qu'un ménage doit dépenser pour répondre strictement à ses besoins de base.

Une femme poussant un panier dans une épicerie.

Au Canada, la mesure du panier de consommation a été désignée comme le seuil officiel de la pauvreté.

Photo : Radio-Canada

La MPC correspond au seuil officiel de la pauvreté au Canada. Mme Couturier précise toutefois que, même en gagnant un peu plus que la MPC, on ne sort pas de la pauvreté pour autant.

Il faut définir c'est quoi, sortir de la pauvreté. À l'IRIS, on a décidé que c'était une vie qui permet de faire des choix et de pouvoir répondre à des imprévus.

Eve-Lyne Couturier, chercheuse à l’IRIS

« Vie raisonnable et digne »

Par faire des choix, l’IRIS entend la possibilité de partir en vacances, de se procurer certains aliments même s’ils ne sont pas vitaux, comme du café, ou d’acheter des vêtements neufs. Il n’est pas question ici d'extravagance ni de luxe, mais de ce qui fait partie d’une vie raisonnable et digne.

Eve-Lyne Couturier a piloté la plus récente étude de l’IRIS sur le revenu viable, dont les résultats sont dévoilés mercredi. Les nouvelles données permettent de constater, une fois de plus, que bien des Québécois ont un revenu inférieur au revenu viable, et ce, même s’ils travaillent à temps plein et qu’ils gagnent davantage que le salaire minimum.

À titre d’exemple, le revenu viable d’une personne seule vivant à Montréal est établi à 27 948 $ en 2020. C’est un peu plus que ce que gagne une personne travaillant 35 heures par semaine à un taux horaire de 18 $ (27 231 $), après impôt.


Pour consulter l'étude de l'IRIS, cliquez sur ce lien (Nouvelle fenêtre).

Eve-Lyne Couturier en entrevue dans les studios de Radio-Canada.

Eve-Lyne Couturier, chercheuse à l'IRIS

Photo : Radio-Canada

Eve-Lyne Couturier mentionne que la crise sanitaire a mis en lumière la précarité de nombreux Québécois pourtant considérés comme des travailleurs essentiels. La pandémie aura eu ceci de bon qu’elle aura permis de valoriser leur contribution.

On trouvait que les employés à bas salaires [et] les employés précaires étaient un peu rejetés du revers de la main. On ne se préoccupait pas beaucoup d'eux avant la pandémie. Maintenant, on se rend compte que ce sont des emplois qui sont essentiels pour faire rouler notre société, note la chercheuse.

Tracer la voie

Elle espère que cette reconnaissance se traduira par des politiques gouvernementales favorisant une meilleure redistribution de la richesse. Mme Couturier rappelle que des études ont démontré que les conditions de vie des 20 % les plus nantis s'améliorent plus rapidement que celles des 20 % les moins nantis.

Il serait temps de rééquilibrer ça, fait valoir la chercheuse.

Le secteur privé pourrait également apporter sa contribution, notamment en augmentant certains salaires, quitte à réduire les bonis versés aux gestionnaires.

En amenant le gouvernement et des entreprises privées à mieux rémunérer certains salariés, à commencer par les préposés aux bénéficiaires, Eve-Lyne Couturier est d’avis que la crise actuelle trace la voie pour sortir d’une économie de travailleurs et de travailleuses pauvres.

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