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Aînés et proches aidants : un assouplissement accueilli avec prudence

Un proche aidant tient la main de sa conjointe.

Dès le 11 mai, tous les proches aidants « significatifs » pourront réintégrer sous certaines conditions les milieux de vie pour personnes âgées.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Radio-Canada

La décision de Québec de jeter du lest concernant les visites des proches aidants dans les milieux de vie pour aînés est bien accueillie par les personnes et les organismes qui en faisaient la demande depuis un certain temps déjà.

Lors du point de presse quotidien du gouvernement, mardi, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a ainsi indiqué que le « fardeau de la preuve » serait renversé, et que les établissements souhaitant refuser l'accès à un proche aidant devraient dorénavant se justifier auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux.

À compter du 11 mai, tous les proches aidants « significatifs » (qui étaient déjà présents auprès d'un résident sur une base régulière avant la pandémie) pourront donc réintégrer les milieux de vie pour personnes âgées (CHSLD, résidences pour aînés et ressources intermédiaires), a fait savoir Québec.

En entrevue à l'émission 24/60, mardi soir, sur les ondes d'ICI RDI, la députée péquiste Véronique Hivon, porte-parole de sa formation politique en matière de soins de fin de vie, a évoqué « un choix humanitaire et un choix politique », mais aussi « un choix de santé publique ».

L'un des déterminants de la santé, c'est la santé mentale, a indiqué Mme Hivon, qui a aussi évoqué le « bien-être émotionnel » et la « présence des proches aidants » comme autant d'« éléments fondamentaux » pour assurer un minimum d'accompagnement, de dignité et d'humanité, et je pense que ce message a fini par être entendu.

Deux poids, deux mesures?

Il était temps, a renchéri la Dre Annik Dupras, gériatre à l'Hôpital Pierre-Le Gardeur. Nous avions une situation à deux standards, avec des aînés en résidences privées qui avaient des conditions de coercition que n'avaient pas les aînés en condominiums, a-t-elle ajouté.

Il y a encore du chemin à faire [...], il y a encore des situations qui doivent être corrigées.

Ainsi, selon la Dre Dupras, les mesures destinées à éviter que le coronavirus ne continue de circuler dans les résidences ne sont pas encore au point. Elle évoque ainsi un manque de matériel, par exemple, et une absence de plan de contingence, et non pas « des aînés qui n'ont pas fait attention ».

Si toutes les mesures de protection sont adoptées, a-t-elle répété, les personnes atteintes de la COVID-19 dans une résidence pour aînés ne devraient jamais entrer en contact avec des personnes en santé. Dans une résidence personnelle, des voisins de palier pourraient par exemple être atteints de la maladie, « et il serait quand même possible de sortir dans le corridor » sans risquer d'être contaminés, a ajouté la Dre Dupras.

Aux yeux de Véronique Hivon, l'assouplissement annoncé mardi était donc « clairement la décision à prendre », mais la députée attend aussi de voir comment tout cela sera appliqué « sur le terrain ».

Sa prudence, dit-elle, s'explique par le fait que le 14 avril dernier, Québec avait déjà annoncé que les proches aidants offrant régulièrement de l'aide pourraient se rendre dans les CHSLD et les résidences pour aînés. Or, ça ne s'est pas tellement concrétisé sur le terrain, pour toutes sortes de raisons. Il faut que cette décision s'applique clairement, et que nous ayons les moyens pour qu'elle s'applique.

Il ne faut pas seulement offrir aux proches de venir au chevet des aînés lorsque la mort n'est plus qu'une question de minutes, mais plutôt offrir « des moments de qualité » aux personnes âgées, a encore jugé Véronique Hivon, qui évoque un « traumatisme » lorsqu'il est impossible de faire son deuil avant et après la mort d'un proche.

Le droit à la dignité « au cœur » des actions

De son côté, le Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU) a dit être « rassuré » par les annonces du jour du gouvernement Legault.

Dans une déclaration transmise par voie de communiqué, le Regroupement se dit « soulagé de constater que le droit à la dignité » est « à nouveau au cœur des actions » du ministère de la Santé.

Les comités des usagers et de résidents, des agents facilitateurs qui font le pont avec les usagers et leurs proches, rapportent de nombreux cas brise-cœur où des résidents sont morts seuls, sans être accompagnés par un proche lors de leurs derniers moments. Il ne faut donc pas s’étonner que les conséquences physiques, psychologiques et émotives qui découlent de ces interdictions de visite se fassent sentir tant chez les résidents que chez leurs proches, rappelle-t-on.

Patricia Gagné, directrice générale du RPCU, s'est par ailleurs dite « heureuse de constater que la situation évolue » en ce qui concerne la reconnaissance des droits des usagers, et donc des résidents des CHSLD et des autres établissements.

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