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Les 252 millions $ d’Ottawa sont insuffisants, selon des agriculteurs du Manitoba

Un entrepôt rempli de pommes de terre.

Pat Owen, un partenaire de la ferme River Trail Potato Co dans le sud du Manitoba, dit avoir 10 millions de kilos de pommes en attente d'être vendues sur le marché.

Photo : Soumise par Pat Owen

Radio-Canada

Un groupe représentant des producteurs agricoles du Manitoba affirme que l’aide financière annoncée par Ottawa est un bon début, mais reste insuffisante pour soutenir cette industrie pendant la pandémie.

Le gouvernement Trudeau a annoncé mardi une série de mesures totalisant 252 millions de dollars pour venir en aide au secteur agroalimentaire, durement touché par la pandémie de coronavirus.

Une somme de 125 millions de dollars sera notamment investie par l'entremise du programme Agri-relance, qui vise à soutenir les agriculteurs après une catastrophe naturelle. Cette aide doit aider les producteurs de bœuf et de porc à s'adapter à la nouvelle réalité du marché.

Le financement doit servir à trouver des solutions à un épineux problème : faute de débouchés pour leurs produits, comme le steak ou le bacon, des producteurs doivent garder leurs animaux plus longtemps, ce qui entraîne des coûts importants.

Pour répondre à cette réalité, la Fédération canadienne de l'agriculture a demandé la création d’un fonds d’urgence de 2,6 milliards de dollars en avril.

Nous voyons une reconnaissance de 10 % [de cette somme] avec l’annonce d’aujourd’hui, je suggère que ça ne sauvera pas tout le monde, lance Bill Campbell, le président du groupe Manitoba’s Keystone Agricultural Producers (KAP).

Nous avons un bâtiment en flammes, et le gouvernement nous a donné un seau d’eau.

Bill Campbell, président, KAP

C’est quelque chose, et je ne veux pas cracher sur l’annonce d’aujourd’hui, mais nous devons venir en aide à toutes les formes de production agricole, dit-il, en notant que les industries du champignon, des fruits de mer et équines sont exclues.

Le programme Agri-relance est financé à 60 % par Ottawa et à 40 % par les provinces. Selon M. Campbell, cette annonce permet de gagner du temps, mais il souhaite que le programme soit plus accessible pour les producteurs qui en ont le plus besoin.

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister a indiqué que la province est en train d’étudier le programme fédéral. S’il y a un besoin de soutien provincial comme complément à ce que fait le gouvernement fédéral, nous allons le prendre en considération, dit-il.

L’industrie porcine est menacée

L’industrie porcine a besoin d’une aide immédiate pour rester en affaire, affirme M. Campbell.

Boyd Penner est propriétaire d’une exploitation mixte près de Blumenort, à 45 minutes au sud-est de Winnipeg. Il affirme que ses porcheries sont vides, et que l’industrie du porc souffrait déjà avant la pandémie, en raison de subventions aux États-Unis.

Il va se concentrer sur la production de blé et de maïs. Il s’inquiète toutefois que les marchés pour ces produits seront aussi au ralenti à l'automne. Tout ce que nous pouvons faire, c’est espérer, dit-il.

Une somme de 77 millions de dollars doit permettre aux transformateurs de fournir des équipements de protection individuelle à leurs travailleurs et à adapter leurs protocoles sanitaires à la nouvelle réalité.

M. Penner croit que le gouvernement fédéral devrait aider les producteurs, plutôt que les abattoirs. Le gouvernement canadien, je ne crois pas qu’il aime les fermiers, point à la ligne, affirme-t-il.

Surplus de patates

Le reste de la somme, soit 50 millions de dollars, permettra au gouvernement d'acheter des produits alimentaires et ainsi d'éviter qu'ils soient gaspillés. Les produits doivent être acheminés vers des banques alimentaires.

Le Manitoba est deuxième au rang des producteurs de pommes de terre au Canada. L’industrie est confrontée à une importante baisse de demande, notamment due à la fermeture de restaurants.

Pat Owen, le copropriétaire de River Trail Potato Co près de Carmen à 75 kilomètres au sud-ouest de Winnipeg, dit qu’il a encore des millions de kilogrammes de pomme de terre de la récolte de l’an dernier dans un entrepôt, parce qu’aucun des transformateurs ne souhaitait en acheter.

Il croit que le financement d’Ottawa est un bon début, mais que cela ne correspond qu’à un cinquième de ce dont les producteurs de son industrie ont besoin.

Avec les informations de Riley Laychuk

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