•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des analystes craignent une vague de faillites après la COVID-19

Les magasins Zara et Browns de la rue Robson sont fermés avec des planches de bois devant leur vitrine.

L'endettement des entreprises et des ménages était en hausse avant la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Lamic

Déjà lourdement endetté avant la crise de la COVID-19, le secteur entrepreneurial canadien pourrait connaître une hausse des faillites au cours du déconfinement, préviennent des analystes financiers.

Déjà, au début du mois de février, un mois avant que l'Organisation mondiale de la santé élève la maladie du nouveau coronavirus au rang de pandémie, la Banque TD soulignait sur le niveau d'endettement des entreprises canadiennes.

La dette élevée des entreprises n'est pas, à elle seule, le catalyseur d'une récession, mais elle accroît le risque financier en cas de déclin de l'économie, écrivaient deux analystes dans une note datée du 4 février.

Brett Saldarelli et James Orlando constataient que le paiement des intérêts et des frais d'amortissement des entreprises non financières canadiennes a augmenté, depuis 2011, plus rapidement que n'importe où dans le monde. La dette des entreprises équivaut même à près de 119 % du PIB du Canada, soit le taux le plus élevé après la France et la Chine, d'après la Banque des règlements internationaux.

Gopinath Jeyabalaratnam, analyste principal des politiques à la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), s'en inquiète : Dans un contexte comme celui-ci, demander aux entreprises de prendre plus de dettes et de payer des intérêts dessus, ou juste de reporter des factures qui doivent quand même être réglées plus tard, c'est un peu inconcevable pour la plupart d'entre elles, commente-t-il.

L'analyste, qui dit que la FCEI regroupe plus de 110 000 entreprises au pays, rappelle que le déconfinement se fera graduellement et que les entreprises mettront du temps avant de retrouver leur activité d'avant la crise de la COVID-19.

Les mesures gouvernementales mises en place doivent se poursuivre et doivent être renouvelées pour l'après-crise.

Gopinath Jeyabalaratnam, analyste principal des politiques à la FCEI

Les entreprises feront du télétravail, et d'autres besoins émergeront, estime-t-il. Les gouvernements devraient être en mesure de les soutenir, pas par des prêts, mais par des subventions.

Les consommateurs ne sont pas mieux lotis

La santé financière de nombreuses entreprises dépendra aussi de celle de leurs clients. En 2019, le nombre d'insolvabilités au Canada a augmenté de 9,3 % et concernait en grande majorité des consommateurs.

André Bolduc, de l’Association canadienne des professionnels de l’insolvabilité et de la réorganisation, craint que la tendance se confirme en 2020 : Avant la COVID-19, l'insolvabilité était à la hausse et on s'attendait à ce que ça continue. Maintenant, ça pourrait s'accélérer, confie-t-il.

Aux entreprises, André Bolduc conseille d'établir dès à présent un plan de reprise d'au moins 13 semaines.

Il faut être un peu pessimiste et se préparer pour le pire quand on fait le plan, dit-il. Si ça va bien, peut-être qu'on peut excéder le plan puis, si ça ne va pas comme on l'a planifié, c'est important d'ajuster tout de suite.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Entrepreneuriat

Économie