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Le casse-tête logistique des importations de matériel de protection médicale

Un immense avion immobilisé sur un tarmac.

Construit en Ukraine, l'Antonov 225 est actuellement considéré comme le plus gros avion du monde.

Photo : Radio-Canada / Yessica Chavez

L’Antonov 225 qui a atterri vendredi soir à Mirabel avait à son bord près de mille mètres cubes de blouses de protection importées de Chine pour le gouvernement du Québec. Combien de centaines de milliers de blouses, on l’ignore encore. À cause de la logistique extrêmement compliquée de ces vols en provenance de Chine, tout le monde reste très discret. Au cas où ça ne marcherait pas, on craint l’échec et la déception.

Québec lance un appel d’offres pour du matériel de protection par l'intermédiaire de son service SigmaSanté. Un client, l’importateur, fait une soumission. Alexandre Triquet, du groupe Tridan, associé à Stéphane Gagnon, de VSLG, font une soumission.

Ces soumissionnaires, dont les noms sont restés secrets jusqu’à l’atterrissage de l’Antonov 225 vendredi soir, cherchent les fournisseurs en Chine, avec l’aide du représentant du Québec en Chine et son réseau de contacts.

Ils cherchent une compagnie de transport et demandent à Nolinor, mais cette entreprise ne dispose pas d’avions capables d’aller en Chine.

Normalement, c’est une firme de Toronto qui s’appelle Momentum Solutions qui nous appelle pour noliser nos avions, explique le PDG de Nolinor, Marco Prud’Homme. Mais cette fois, c’est nous qui les avons contactés pour leur dire : “Vous êtes un courtier en transport; pouvez-vous nous trouver un avion d’importance pour aller chercher du cargo en Chine?” La solution, c’est le gros Antonov avec lequel Momentum Solutions a déjà réalisé des opérations humanitaires.

Le déchargement de la cargaison s'est déroulé dans la nuit de vendredi à samedi.

Un Antonov 225 livre au Canada une cargaison de matériel de protection médical

Photo : Radio-Canada / Daniel Thomas

La filière fédérale

Ottawa et les provinces collaborent relativement à l’importation des produits de protection médicaux. Ottawa fait affaire avec Air Canada, qui a transformé des avions passagers en cargo, et Cargojet, le plus grand transporteur cargo du Canada, dont la base aéroportuaire est à Hamilton. Le matériel arrive de Shanghai, dont l’aéroport est saturé, et où la compagnie française Bolloré Logistics s’occupe de l’entreposage et des douanes.

Le matériel de protection commandé est loin d’être livré dans son entièreté. Le ministère des Services et de l’Approvisionnement a commandé par exemple plus de 327 millions de masques chirurgicaux et n’en a reçu que 26 millions. Pour les N95, 154 millions ont été commandés, seulement 9 millions ont été reçus.

En attendant la production locale de matériel médical, les vols sont de plus en plus nombreux. La semaine dernière, il en arrivait un par jour. Voici comment Jean-François Lépine, directeur des représentations du Québec en Chine, décrit la situation actuelle.

Disons qu’actuellement la production en Chine est à un rythme intéressant. Donc, il y a moins de cannibalisme entre les pays, c’est plus contrôlé. Le problème, c’est encore le volume dans les aéroports. Surtout à l’aéroport de Shanghai, qui est le principal aéroport de départ des produits médicaux; imaginez la congestion dans les douanes, les entrepôts des aéroports. C’est un défi logistique très important, constate Jean-François Lépine.

Un avion cargo immobilisé sur un tarmac, une douzaine d'employés à l'intérieur qui est rempli de boîtes.

L'Antonov 225 a atterri à l'aéroport de Mirabel en soirée vendredi.

Photo : Radio-Canada / Yessica Chavez

On commence à penser au moyen et au long terme ainsi qu'à l’utilisation de navires, plus gros et moins coûteux que l’avion. La location de l’Antonov 225 a coûté 1,7 million de dollars. Beaucoup moins cher qu’Air Canada, nous dit-on.

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