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Retour au travail et COVID-19 : Sobeys plus stricte que la santé publique

Le devant d'une épicerie IGA.

Quelque vingt employés des marchés IGA Arbour-Leblanc de New Richmond et Paspébiac ont contracté la COVID-19 en avril.

Photo : Radio-Canada / Bruno Lelièvre

Sobeys confirme qu'avant d'être rappelés au travail, ses employés ayant contracté la COVID-19 sont obligés d'attendre 14 jours après la fin de leurs symptômes, et ce, sans salaire. Cette politique est plus sévère que les recommandations de l’Institut national de santé publique du Québec.

La mesure décriée par le syndicat représentant les employés du IGA de Paspébiac est une directive nationale de l’entreprise Sobeys, comme l’explique la porte-parole Anne-Hélène Lavoie.

Depuis le début de la crise, mentionne Mme Lavoie, Sobeys a un protocole très très rigoureux dans l’ensemble de nos bannières parce que notre objectif premier est d’offrir un environnement sécuritaire pour les employés et les clients.

La décision qui a été mise en place par l’entreprise est d’adopter 14 jours d’attente suivant les derniers symptômes avant un retour au travail.

Anne-Hélène Lavoie, porte-parole de Sobeys

Mme Lavoie précise qu’aucun test de dépistage négatif n’est demandé aux employés de Sobeys ayant contracté le virus « afin de ne pas surcharger, le système de santé ». On se fie à la responsabilité de l’employé, poursuit-elle, pour nous dire le moment de ses derniers symptômes et calculer 14 jours par la suite.

Cette directive de Sobeys est plus contraignante que les recommandations de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), qui, de son côté, permet un retour à la normale deux jours après la fin des symptômes de COVID-19 si 14 jours se sont écoulés depuis le début de la maladie.

Ainsi, un employé ayant contracté le virus le 1er avril et n'ayant plus de symptômes le 12 avril serait considéré comme guéri le 14 avril par l'INSPQ, alors que Sobeys accepterait son retour au travail seulement le 26 avril.

Critères de l’INSPQ pour la levée des mesures d’isolement dans la population générale

  • Période d’au moins 14 jours après le début de la maladie aiguë
  • Absence de symptômes aigus depuis 24 heures (excluant la toux et l’anosmie qui peuvent persister)
  • Absence de fièvre depuis 48 heures (sans prise d’antipyrétiques)

Ces critères s’appliquent aux personnes qui n’auront pas de test de confirmation de guérison, c’est-à-dire les cas isolés à domicile et les cas hospitalisés qui auraient leur congé avant la fin de leur période d’isolement.

Source : INSPQ

Appelé à commenter cette situation, le directeur régional de santé publique Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Dr Yv Bonnier-Viger admet que la politique de Sobeys n’est pas en phase avec les recommandations de l’INSPQ.

C’est une décision qu’il leur appartient, j’imagine, affirme Dr Bonnier-Viger. Mais d’un point de vue de la santé publique, nous on considère qu’une personne est rétablie, 14 jours après le début de ses symptômes si elle a deux jours sans fièvre et une journée sans autre symptôme.

On a suffisamment d’évidences scientifiques pour avoir pris cette position-là au Québec.

Dr Yv Bonnier Viger, directeur régional de santé publique Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine
Yv Bonnier-Viger, médecin et directeur de la Santé publique, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

Yv Bonnier-Viger, médecin et directeur de la santé publique Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

Photo : Radio-Canada

Le syndicat déplore un « décalage »

Le Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine–CSN, le syndicat qui représente les employés du IGA de Paspébiac, dénonce le décalage entre ce qui est recommandé par la santé publique et ce qui est exigé de Sobeys.

On n’est pas médecins ni microbiologistes à la CSN, mais chez Sobeys non plus, lance le représentant syndical Rémi Bellemare-Caron. Les professionnels spécialisés là-dedans, ce sont les gens de la santé publique qui ont donné une date de retour à la normale aux gens, mais Sobeys a une politique différente, et c’est ça que je trouve anormal.

Si Sobeys veut avoir une politique plus restrictive, on n’a aucun problème avec ça, mais c’est la compagnie qui doit assumer les salaires.

Rémi Bellemare-Caron, conseil syndical

Le syndicat dénonce que l’employeur demande à ses salariés touchés par le virus de s’en remettre à la Prestation canadienne d’urgence durant leur isolement prolongé, sans verser de sommes pour compenser les pertes financières.

Alors que la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) rapporte qu’un employeur pourrait exiger qu’une personne salariée demeure chez elle s’il juge qu’il y a un risque pour sa santé, le syndicat croit que la politique de Sobeys n’a pas de bien-fondé.

L’employeur n’a aucune preuve, avis médical ou motifs légitimes de croire que les gens sont encore contagieux, estime Rémi Bellemare-Caron. Dans la mesure où la santé publique leur a donné le OK pour un retour au travail, je ne vois pas sur quoi Sobeys s'appuie pour prendre cette décision-là.

Le syndicat entend déposer un grief auprès de Sobeys et recommande à ses membres d’entreprendre des démarches auprès de la CNESST.

Les employés du IGA de New Richmond, quant à eux, ne sont pas syndiqués.

Selon Sobeys, douze employés du IGA de Paspébiac (salariés et cadres) ont contracté le virus et huit au IGA de New Richmond.

Fermés au public depuis la découverte de cas de COVID-19, le supermarché IGA de Paspébiac a rouvert ses portes lundi tandis que celui de New Richmond acceptera de nouveau les clients sur place le 11 mai.

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Relations de travail