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COVID-19 : comment le Royaume-Uni est devenu le pays d’Europe comptant le plus de morts

Une femme portant un masque, un poncho, une casquette et des verres fumés marche, seule, dans une gare.

Le Royaume-Uni et sa très internationale capitale, Londres, sont devenus un épicentre de l'épidémie de COVID-19.

Photo : Getty Images / Leon Neal

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Début mars, le Royaume-Uni se disait paré à la pandémie et voyait sans angoisse apparente ses voisins européens se confiner. Difficile alors d'imaginer que deux mois plus tard, il deviendrait le pays comptant le plus de morts de la COVID-19 en Europe, et le deuxième dans le monde.

Le 5 mars, les autorités britanniques annonçaient un premier mort du nouveau coronavirus. Le 17 mars, le conseiller scientifique du gouvernement, Patrick Vallance, déclarait qu'un nombre de décès à 20 000 serait « un bon résultat ».

Désormais, le bilan dépasse les 32 000 morts dont la maladie COVID-19 est la cause suspectée, probablement plus actuellement, car ces statistiques étaient arrêtées à fin avril. Le Royaume-Uni a donc un bilan des morts plus important que l'Italie et seuls les États-Unis dépassent ce terrible bilan, alourdi considérablement par la prise en compte récente des maisons de retraite.

Sur la BBC la semaine dernière, David King, conseiller scientifique du gouvernement de 2000 à 2007, jugeait l'ampleur de la mortalité « extraordinaire ».

« Il y a toute une série d'actions à entreprendre pour gérer une pandémie de ce type, et pourtant il semble qu'elles aient été absentes ici. »

— Une citation de  David King, conseiller scientifique du gouvernement de 2000 à 2007

Le premier ministre Boris Johnson, qui a lui-même été atteint par la maladie, a été accusé de ne pas avoir pris l'épidémie au sérieux. Il a même été jusqu'à se vanter d'avoir serré les mains de patients, certains atteints du coronavirus, lors d'une visite à un hôpital le 3 mars.

Tandis que le nombre de contaminations grimpait mi-mars, la recherche des contacts, qui implique de trouver et dépister les personnes ayant approché les malades, était largement abandonnée. Cette stratégie a pourtant été largement utilisée par la Corée du Sud ou encore la Nouvelle-Zélande afin de limiter les taux de transmissions.

Les autorités semblent alors perdre le contrôle de la maladie, mais Boris Johnson reste réticent à instaurer un confinement.

Son conseiller scientifique Patrick Vallance sème le trouble en suggérant qu'une « immunité collective » pouvait se développer si une partie de la population guérissait du virus.

Boris Johnson a les deux pouces levés en signe d'appréciation.

Boris Johnson se tient devant la porte de sa résidence de Downing Street.

Photo : The Associated Press / Kirsty Wigglesworth

Face aux critiques, le gouvernement s'empresse de démentir avoir choisi cette approche, affirmant qu'il s'agissait simplement d'un « concept scientifique et non d'un objectif ».

Un avertissement de l'Imperial College London évoquant des centaines de milliers de décès potentiels change la donne.

Le 20 mars, alors que le nombre de cas et de décès grimpe en flèche, le gouvernement ordonne la fermeture des écoles, pubs, restaurants et salles de sport. Le confinement suit trois jours plus tard.

Le pays et sa très internationale capitale, Londres, sont devenus un épicentre de l'épidémie.

À la mi-avril, le bilan des morts dans les seuls hôpitaux atteint 10 000 ­­– dont près d'un millier le 8 avril. Un chiffre qui va continuer de grimper, même si selon les autorités, le pic est passé.

Et les débats sur l'étendue réelle de l'épidémie au Royaume-Uni continuent de faire rage, la comparaison avec d'autres pays étant compliquée par les différentes méthodes de comptage employées à l'échelle internationale.

Le confinement décrété le 23 mars provoquant de graves conséquences économiques et sociales, le Royaume-Uni vise à revenir au traçage des contacts – une stratégie que le gouvernement n'aurait jamais dû abandonner, selon ses détracteurs.

Le gouvernement a assuré avoir atteint in extremis son objectif de 100 000 tests par jour fin avril, et une nouvelle application de traçage a commencé à être testée mardi sur l'île de Wight, dans le Sud.

Pour le rédacteur en chef du journal médical The Lancet, Richard Horton, la réponse britannique est le plus grand échec de politique scientifique depuis une génération.

Si nous avions dès février augmenté la capacité de dépistage et de recherche des contacts et commencé à augmenter le nombre de lits en soins intensifs, il est absolument clair que nous aurions sauvé des vies, a-t-il récemment déclaré au Financial Times.

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