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Legault ouvre la porte au déconfinement des personnes âgées

Son gouvernement donne du lest aux résidents des RPA et aux proches aidants.

Un homme âgé sur son balcon.

René Prud'Homme prenant un bol d'air frais sur le balcon de sa résidence pour aînés, à Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Québec assouplit certaines des mesures adoptées ces dernières semaines en lien avec la pandémie de COVID-19 dans le but de « redonner [aux aînés] une vie plus normale ».

Lors de sa conférence de presse quotidienne, le premier ministre Legault, la ministre des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, et le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, ont annoncé que plusieurs restrictions touchant les personnes âgées du Québec seront relâchées.

L’heure est venue d’assouplir les règles pour redonner [aux aînés] une vie plus normale et amoindrir une détresse psychologique qui est en train de s'installer, a expliqué la ministre Blais, reconnaissant que son gouvernement leur avait enlevé beaucoup de liberté de mouvement depuis le début de la pandémie.

Il ne faut pas protéger la santé physique au détriment de la santé mentale.

François Legault, premier ministre du Québec

D'abord, le gouvernement va permettre un déconfinement graduel dans les 1900 résidences privées pour aînés (RPA) du Québec.

Les résidents des RPA où le virus de la COVID-19 n'a pas fait son nid pourront dorénavant sortir prendre l'air sans supervision, a indiqué le gouvernement Legault. Ils pourront ainsi rencontrer leurs proches... à deux mètres de distance, bien entendu.

À partir du lundi 11 mai, le gouvernement offrira des plages horaires destinées spécifiquement aux aînés des RPA qui souhaitent faire leurs courses dans des commerces inscrits sur la liste des services essentiels, comme les pharmacies et les épiceries. Il leur sera toutefois recommandé de porter un couvre-visage, a précisé le Dr Arruda.

Le premier ministre François Legault s'adresse aux médias tandis que la ministre des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, le regarde.

Le premier ministre François Legault a annoncé un assouplissement des restrictions visant les RPA en compagnie de la ministre des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Ensuite, Québec change de paradigme concernant le retour des proches aidants. Depuis le 15 avril, ceux-ci pouvaient théoriquement revenir dans les habitations pour aînés, mais en pratique, la plupart de ces établissements les refusaient, évoquant une pénurie d'équipement de protection personnel, un manque de personnel pour accompagner le visiteur, etc.

Le fardeau de la preuve sera maintenant renversé, a expliqué le Dr Arruda. Désormais, si un établissement veut refuser l'accès à un proche aidant, il devra justifier cette exception auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux, a ajouté la ministre Blais.

À compter du 11 mai, tous les proches aidants « significatifs » (qui étaient déjà présents auprès d'un résident sur une base régulière avant la pandémie) pourront donc réintégrer les foyers pour personnes âgées, qu'il s'agisse d'un CHLSD, d'une RPA ou d'une RI-RTF.

Comme il a été spécifié il y a deux semaines, ils devront toutefois se plier à de nombreuses conditions. De plus, les proches aidants qui se rendront dans les établissements exempts de COVID-19 devront passer un test de dépistage préalable et aussi souvent que nécessaire.

Le gouvernement Legault lève également l'interdiction de visites dans les unités de soins palliatifs des milieux de vie pour aînés. Celles-ci seront permises, peu importe le caractère imminent, ou non, de la fin de vie, a précisé Mme Blais. Vous pourrez dire adieu à vos parents, et les parents pourront dire adieu à leurs enfants ou à leur conjoint.

Selon nos informations, le gouvernement Legault a voulu faire un geste envers les proches aidants après avoir pris connaissance de l'histoire de Thérèse Marineau, une résidente du CHSLD Berthiaume-Du Tremblay qui, paradoxalement, a été privée de visite après que celle de son garçon, venu lui dire adieu, eut largement contribué à améliorer son état.

Le Dr Arruda a même écrit à son fils, Réal Migneault, pour lui dire que les choses allaient changer.

La députée péquiste Véronique Hivon – connue pour avoir fait adopter la loi sur les soins de fin de vie au Québec – ainsi que l'ancienne présidente de Médecins sans frontières Joanne Liu avaient également appelé le gouvernement Legault à assouplir les règles empêchant les proches aidants de prendre soin des aînés en fin de vie.

Pour la population en général, par contre, aucun nouvel assouplissement n'a été annoncé mardi. L'interdiction absolue de se rassembler est maintenue jusqu'à nouvel ordre. Ça va venir, décourageons-nous pas, a lancé le Dr Arruda.

M. Legault a aussi dit que la première phase de déconfinement des commerces, qui s'est mise en branle lundi en région, s'était bien déroulée.

Des absences par milliers

En ce qui a trait au personnel de la santé, le réseau continue de devoir composer avec 11 200 travailleurs en moins, parce que les employés sont malades, qu'ils sont « à risque » ou qu'ils craignent d'être infectés par la COVID-19, a expliqué le premier ministre.

Afin de combler ces absences, de nouvelles primes salariales pourraient être annoncées aussi tôt que mercredi; M. Legault dit avoir mandaté le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, afin qu'il se penche sur cette question.

Le premier ministre se dit par ailleurs prêt à procéder de manière unilatérale pour augmenter le salaire des préposés aux bénéficiaires si les négociations avec les syndicats, qui durent depuis deux semaines, n'aboutissent pas.

Car le temps presse dans les CHSLD et les RPA, où se trouvent à l'heure actuellement 4804 personnes atteintes de la COVID-19, selon M. Legault. Ce chiffre ne tient toutefois pas compte des décès engendrés par la maladie ni des personnes qui en sont maintenant guéries.

Le nombre d'habitations pour personnes âgées où le nouveau coronavirus s'est installé vient d'ailleurs de franchir le cap des 600 établissements.

À l'échelle du Québec, la santé publique signalait mardi 2398 morts, soit 118 de plus que lundi, ainsi que 33 417 cas, une hausse de 794 par rapport à la veille.

À l'heure actuelle, le Québec compte 1821 hospitalisations, dont 218 aux soins intensifs.

Aux dernières nouvelles, 243 363 tests ont été effectués, alors que 714 personnes attendent toujours leurs résultats, et 7923 personnes sont officiellement rétablies.

« Marguerite la Ponce Pilate »

Enfin, la ministre Blais « prend [sa] part de responsabilité » dans le fiasco actuel des CHSLD, elle qui a siégé comme députée libérale dans les gouvernements de Jean Charest et de Philippe Couillard et qui a occupé le poste de ministre des Aînés de 2007 à 2012.

Mme Blais affirme toutefois qu'elle avait à l'époque les pieds et les mains liés par rapport à tout ce qui touche les milieux d'hébergement, parce que c'était la responsabilité du ministre de la Santé. Elle reconnaît aussi que le réseau des CHSLD a fait les frais des mesures d'austérité imposées par le gouvernement Couillard.

Ces remarques ont fait vivement réagir l'ex-ministre libéral de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette, qui siège aujourd'hui dans l'opposition officielle.

Sur Twitter, il a qualifié son opposante de Marguerite la Ponce Pilate et l'a décrite comme une ministre sans influence dans tous les gouvernements où elle a participé, affirmant que jamais Mme Blais n'était venue le voir pour mieux payer le personnel, embaucher plus, stabiliser localement le personnel ou changer les ratios.

Avec les informations de La Presse canadienne

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