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Réouverture des librairies : un nouveau chapitre pour l'industrie du livre

Un client cherche un livre dans un rayon de la librairie Laliberté.

La librairie Laliberté accueille ses premiers clients depuis le début de la crise du coronavirus.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Avec la réouverture des librairies de l'extérieur de la grande région de Montréal, le monde du livre est le tout premier secteur de l'industrie culturelle à reprendre ses activités. La reprise s'annonce toutefois difficile et toute la chaîne de production, de l'auteur au libraire, devra s'adapter.

Lorsque Christian Laliberté a reçu le dernier roman d'Hélène Dorion, Pas même le bruit d'un fleuve, au début du mois de mars, il ne se doutait pas qu'il s'agissait de la dernière nouveauté québécoise qu'il allait mettre sur les tablettes de sa librairie avant plusieurs semaines.

De son côté, l'éditeur Antoine Tanguay ne pensait pas que ce même roman serait le seul qu'il allait mettre en marché ce printemps. Quelques semaines auparavant, les exemplaires de ce livre avaient quitté le plancher de l'imprimerie Marquis qui a dû cesser toute la production jugée non essentielle. Près de deux mois plus tard, toute cette chaîne de production se remet en marche.

On a eu la permission de reprendre la semaine dernière, donc on est en train de produire les prochains titres qui vont permettre de relancer le libraire, explique Pierre Fréchette, vice-président de l'Imprimerie Marquis.

Il y a des titres majeurs, qui sont en impression présentement, que les libraires vont attendre même si mai et juin ne sont pas propices à lancer des nouveautés, poursuit-il

Les nouveautés ne nous arrivent pas encore. On est sur les dernières livraisons qu'on a reçues dans la dernière semaine avant le "confinage", précise Christian Laliberté, le propriétaire de la librairie Laliberté.

Christian Laliberté, propriétaire de la librairie Laliberté.

Christian Laliberté, propriétaire de la librairie Laliberté qui a rouvert ses portes lundi.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Mais il n'y a pas que les délais d'impression et de livraison; plusieurs éditeurs ont aussi décidé de repousser la date de parution de certains livres. Chez les collègues, j'ai vu des titres importants prévus pour mars reportés en septembre, affirme Antoine Tanguay, président des Éditions Alto.

Une bonne chose, selon lui, car les libraires n'arriveraient tout simplement pas à absorber l'arrivée d'une trop grande quantité de nouveautés dans leurs rayons.

Les libraires n'ont pas eu la vie facile au cours des dernières semaines. Pour garder la tête hors de l'eau, ils ont misé sur les ventes en ligne, mais l'augmentation de ces ventes n'a pas pallié complètement la baisse des revenus. Le chiffre d'affaires des libraires a chuté de 75 %. Ils n'ont plus les liquidités pour s'approvisionner au même rythme qu'avant.

Le président des Éditions Alto, Antoine Tanguay.

Le président des Éditions Alto, Antoine Tanguay, croit que les auteurs devront accepter qu'il y ait moins de nouveautés cette année.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Pour survivre, ils doivent compter sur la collaboration de toute la chaîne de production.

L'auteur devra accepter que la crise nous a fragilisés et que le nombre de nouveautés sera moindre, croit Antoine Tanguay.

Quant aux éditeurs, ils devront réduire la cadence, ajoute-t-il. Peut-être un 15 à 20 % moins de production pour ne pas arriver après la crise avec énormément de nouveautés que le libraire ne pourra pas tenir parce que [la librairie] n'a pas la trésorerie, résume-t-il.

Le prochain chapitre de la relance, ce sera peut-être au lecteur de l'écrire. C'est beau d'avoir des nouveautés en librairie, mais vont-elles trouver preneurs? se demande Pierre Fréchette.

Pour continuer à faire rouler son usine, cet imprimeur compte sur le consommateur. Si seulement 5 % des ventes en librairie se transfère vers le produit québécois, là, on aide l'industrie, et si les Québécois pensent à ça dans plusieurs secteurs d'activité, on est en business, dit-il.

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