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Le Manitoba réduit la fonction publique de 2,2 % en marge de la pandémie

Un homme à lunettes assis à un bureau.

Le ministre des Finances du Manitoba, Scott Fielding.

Photo : Radio-Canada

Une série de mises à pied et d’autres mesures du gouvernement du Manitoba ont permis à la province de faire des économies de 860 millions de dollars, selon le ministre des Finances du Manitoba, Scott Fielding.

Environ 500 millions de dollars proviennent de ce que le gouvernement appelle des programmes de base, selon le ministre. Toutes les économies ont été redirigées vers les travailleurs de première ligne, affirme Scott Fielding.

Une centaine de ministères, d’établissements postsecondaires et de sociétés de la Couronne ont réduit leurs dépenses opérationnelles de 4,9 %, et leurs dépenses en main-d’œuvre de 2,2 % au cours des dernières semaines.

Les mises à pied de travailleurs de casinos et d’autres mises à pied déjà annoncées par la province font partie des 2,2 %. Le ministre n’a pas voulu indiquer le nombre de travailleurs touchés par les mises à pied.

Le mois dernier, la province a demandé à certains départements, aux sociétés de la Couronne, aux universités et aux divisions scolaires de leur soumettre des plans de compressions de 10, 20 et 30 % pouvant inclure des mises à pied.

Le ministre a dit à plusieurs reprises lors d’une conférence de presse lundi que ces compressions étaient un « exercice en cours » et n’a pas répondu directement aux questions des journalistes qui voulaient savoir s’il y aurait plus des compressions et de mises à pied.

Il a répété à plusieurs reprises ceci :Notre but numéro 1 est d’éviter autant de mises à pied qu’il est possible, nous voulons que les gens restent au travail.

Le ministre a par ailleurs ajouté que les discussions se poursuivent avec le gouvernement fédéral et les syndicats, afin d’offrir une semaine de travail réduite à certains membres de la fonction publique, avec des prestations d’assurance emploi pour les jours où ils ne travaillent pas.

Plus de questions que des réponses, disent les syndicats

La présidente du plus important syndicat de la fonction publique provinciale, le syndicat des employés gouvernementaux et généraux du Manitoba (MGEU), Michelle Gawronsky, dit que cette annonce soulève des questions.

Nous avons toujours plus de questions que de réponses lorsque [les membres du cabinet] tiennent une conférence de presse, lance-t-elle.

Une femme devant un panneau rouge.

Michelle Gawronsky est présidente du Syndicat des employés généraux et des employés du gouvernement du Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

Selon Mme Gawronsky, le gouvernement a annoncé des compressions voilà trois semaines, et il n’y a toujours pas de détails sur les travailleurs qui seront touchés.

Il n’y a aucune sécurité de l’emploi pour qui que ce soit, fait-elle valoir, et ce n’est pas le moment, en pleine pandémie, de causer plus de peur et d’inquiétudes pour les travailleurs au Manitoba.

Si elle reconnaît que des compressions de 2,2 %, c’est mieux que 30 %, cela représente quand même des centaines de personnes qui perdent leur travail, dit-elle.

De son côté, le président de la Fédération des associations de professeurs universitaires du Manitoba, Scott Forbes, dénonce lui aussi un manque d’information concernant ces compressions.

Nous n’avons aucune information sur l’impact sur les universités, nous savons que les universités ont déjà mis à pied des centaines de personnes pour l’été, alors nous avons vraiment besoin de plus d’information afin de savoir si cela satisfait le ministre [ou s’il y aura plus de compressions], dit-il, en ajoutant qu’il ne sait même pas si ces compressions sont temporaires ou permanentes.

Par ailleurs, dit M. Forbes, les inscriptions aux cours montent en flèche depuis le début de la pandémie. Bien sûr que 2,2 % c’est mieux que 30 %, mais en ce moment, toute perte de ressources aura un impact sur les programmes qui sont offerts.

Pour l’opposition officielle néo-démocrate, le gouvernement provincial se trompe d’approche pour lutter contre les retombées économiques négatives de la pandémie.

Dans un communiqué, le chef du nouveau parti démocratique, Wab Kinew, dit que les compressions annoncées lundi représentent « la plus grande compression en une seule journée de l’histoire de la province ».

Wab Kinew parle avec les médias le 9 septembre. Il est vêtu d'un veston bleu sur une chemise blanche.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Wab Kinew, pendant la campagne électorale.

Photo : The Canadian Press / JOHN WOODS

Ce n’est pas une manière de soutenir des familles en crise, c’est une façon de miner la reprise économique. Le premier ministre devrait être en train de protéger des emplois, d’investir dans notre économie et d’offrir aux familles l’aide financière dont elles ont besoin, plutôt que de forcer des compressions pour des raisons idéologiques, dit M. Kinew.

Vers un déficit de 5 milliards 

Le ministre Fielding a indiqué que la province suivait la trajectoire budgétaire annoncée le mois dernier, c’est-à-dire qu'elle se dirige vers un déficit de 5 milliards de dollars, cette année, en raison de la pandémie.

La province s’attend à une baisse de revenus de 3 milliards de dollars, due notamment à la baisse de revenus de la Société manitobaine des alcools et des loteries. M. Fielding indique qu’il s’attend à une contraction du produit intérieur brut de 5 % à 8 %.

Il ajoute que la province s’attend à environ 2 milliards de dollars en dépenses directement liées à la COVID-19, dont 1 milliard pour l’achat d’équipement de protection personnelle.

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