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Le ministre Guilbeault promet des détails d'ici quelques jours sur l'aide en culture

Les médias qui rêvent de voir les géants du web partager leurs revenus devront toutefois attendre.

Le ministre prend la parole. Il est assis et porte un micro-cravate.

Le ministre Guilbeault lors d'une conférence à Ottawa, le 30 janvier dernier

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La Presse canadienne

Parmi toutes les mesures d'aide annoncées par le gouvernement fédéral depuis le début de la crise sanitaire, une enveloppe de 500 millions de dollars a été réservée à Patrimoine canadien pour soutenir le milieu de la culture et du sport. Lundi, le ministre Steven Guilbeault a promis que les détails liés à cette aide financière seraient dévoilés dans les prochains jours.

Tous ne sont pas égaux face à la pandémie de la COVID-19, et c'est aussi vrai en ce qui concerne la crise économique engendrée par la mise sur pause de la vie en société. Les lieux de diffusion, les lieux de création et les organisations sportives pourraient ne pas pouvoir reprendre leurs activités avant plusieurs mois encore, ce qui pourrait sonner le glas de plusieurs d'entre eux, a reconnu le ministre lors d'une conférence virtuelle organisée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

Il a cependant assuré que l'aide financière était disponible et qu'elle serait acheminée sous peu.

Il nous reste quelques fils à attacher, mais on est très près de pouvoir en faire l'annonce publique, et je parle vraiment de quelques jours, a-t-il répondu au président et chef de la direction de la CCMM, Michel Leblanc, qui espérait obtenir des détails.

S'il concède que tout le monde ne pourra pas être sauvé, Steven Guilbeault dit vouloir avant tout préserver l'écosystème culturel afin d'appuyer sur l'accélérateur au moment de la relance économique de l'après-COVID-19.

C'est-à-dire qu'on ne perde pas des morceaux de notre écosystème et qu'une fois que l'on est prêt à faire cette relance-là, on ne puisse pas le faire dans le domaine des arts et de la culture parce qu'on a perdu des pans complets, explique-t-il.

Le ministre a également laissé entendre que l'aide financière devrait passer par les structures déjà existantes afin d'éviter des délais supplémentaires. Des mesures devraient toutefois permettre d'élargir la portée de certains programmes pour permettre à des organisations n'ayant pas encore reçu de soutien fédéral de bénéficier de cette aide d'urgence.

Dans le cas des fédérations sportives et autres organismes du monde du sport, le soutien financier versé par Ottawa devrait transiter par les provinces qui, elles, entretiennent déjà des liens étroits avec les responsables et leurs athlètes.

Rénover le fond et la forme

Le ministre du Patrimoine canadien s'est montré disposé à appuyer des initiatives d'innovation dans l'industrie culturelle afin d'aider des créateurs à s'adapter à une économie postpandémie.

Si Steven Guilbeault croit que le numérique peut représenter une planche de salut pour plusieurs milieux, il est tout à fait conscient que ce n'est pas le cas de toutes les formes d'art, dont plusieurs ont besoin de la présence du public pour exister.

Toutefois, cet arrêt prolongé des activités dans l'industrie culturelle pourrait représenter une occasion, selon lui, de lancer d'importants chantiers de rénovation pour toutes les institutions qui prévoyaient entreprendre des travaux à court ou moyen terme.

Nous sommes très favorables à ça, a-t-il dit en précisant avoir abordé la question avec la ministre des Infrastructures, Catherine McKenna. Dans les grandes provinces, il y a des centaines de millions de dollars en infrastructures culturelles. Je pense que c'est le moment.

Ces sommes d'argent sont versées aux provinces dans le cadre d'ententes de partenariat et sont consacrées à des projets d'infrastructures sportives ou culturelles.

Prudence avec les géants du web

Dans un autre domaine où la situation est critique, les médias, Steven Guilbeault mentionne que le gouvernement du Canada veut agir avec prudence face aux géants du web que sont Google, Apple, Facebook et Amazon (GAFA). Il ne faut donc pas s'attendre à ce qu'Ottawa impose subitement des mesures radicales et unilatérales pour les forcer à partager des redevances sur les contenus.

Des projets de surtaxes sur la publicité en ligne et sur la vente de données personnelles dans un but publicitaire sont tout de même en préparation. Ce qui freine Ottawa, c'est la crainte d'un ressac politique à Washington.

On le sait, on a un voisin au sud qui peut réagir de façon assez prompte parfois quand il se sent interpellé.

Steven Guilbeault, ministre du Patrimoine canadien

Il n'y a pas énormément d'appétit au sein de notre gouvernement pour une nouvelle guerre commerciale avec les États-Unis, c'est pourquoi le Canada veut attendre un consensus au sein des pays membres de l'OCDE pour agir de manière concertée.

En attendant, Ottawa prévoit imposer le plus rapidement possible la taxe fédérale sur les produits et services (TPS) aux GAFA.

Steven Guilbeault a également rappelé que les entreprises médiatiques sont admissibles aux programmes de subvention salariale; que le gouvernement a assumé le coût des frais de licence des diffuseurs auprès du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC); et que le crédit d'impôt sur la masse salariale des médias écrits est sur le point d'être versé.

Selon ce qu'a déclaré le ministre, les chèques devraient être envoyés d'ici la fin de l'été, et on chercherait même à raccourcir ce délai, puisque plusieurs médias pourraient ne pas se rendre jusque-là.

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