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Le cri du coeur de Véronique Hivon contre la mort sans dignité

La députée réclame un « minimum d'humanité » parce que des proches ne parviennent toujours pas à accompagner leur parent mourant de la COVID-19, malgré la directive qui le permet.

Plan rapproché de Véronique Hivon

La députée Véronique Hivon est connue du grand public pour sa gestion du dossier « Mourir dans la dignité ».

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Véronique Hivon hausse le ton contre le gouvernement, dans une entrevue accordée à Radio-Canada. La députée derrière la Loi concernant les soins de fin de vie au Québec constate que beaucoup trop d'aînés meurent encore seuls et sans dignité dans les CHSLD. Elle s'inquiète pour la santé mentale des proches.

Je ne peux pas croire qu'on va laisser toujours plus d'aînés mourir seuls. C'est l'inverse de la dignité, dit Véronique Hivon, très affectée par la situation. C'est l'inverse de l'approche qu'on voulait tellement humaine et proactive au Québec.

Dans une société aussi avancée, aussi humaine, aussi solidaire que celle du Québec, où on a tellement travaillé sur la mort dans la dignité, sur l'accompagnement de la fin de vie, il me semble que l'on doit bien ça aux aînés qui ont bâti le Québec.

Véronique Hivon, députée de Joliette, Parti québécois

Une directive datée du 23 mars (Nouvelle fenêtre) du ministère de la Santé du Québec permet les visites aux proches en fin de vie, y compris dans les CHSLD. Une personne à la fois est autorisée, avec la présence maximale de trois proches à tour de rôle par période de 24 heures.

Comment ça se fait que ce n'est pas appliqué alors que tout est supposé être mis en place pour ça, lance-t-elle.

Le 8 avril, la ministre de la Santé Danielle McCann a réitéré le « mot d'ordre » aux établissements d'appeler et de tenir informées les familles de la santé de leurs proches. Les familles, on ne vous oublie pas, avait-elle déclaré.

Le 11 avril, le premier ministre François Legault a même suggéré d'embaucher du personnel pour se consacrer à cette tâche de communication, reconnaissant un écart entre la directive qui est donnée et ce qu'il est possible humainement de faire à certains endroits.

Trouver des solutions

La députée péquiste reconnaît que le manque de personnel complique les choses dans cette crise sans précédent, mais elle se demande si les efforts suffisants sont faits : Je ne peux pas croire qu'on n'est pas assez imaginatifs et créatifs au Québec pour trouver des moyens.

Véronique Hivon recommande de recourir aux comités d'usagers ou aux comités de résidents, un peu laissés de côté depuis le début de la crise, afin de faire la liaison avec les familles.

Comme la Dre Joanne Liu, elle suggère aussi d'autoriser les proches aidants à revenir dans les résidences, même celles aux prises avec la COVID-19.

Ce n'est pas plus risqué pour un proche qui porte tout le matériel de protection que pour un bénévole sans expérience qui vient prêter main-forte et s'occuper de 20-30 résidents.

Véronique Hivon, députée de Joliette, Parti québécois

La députée cite l'exemple du Montréalais Réal Migneault, dont la présence aux côtés de sa mère mourante a même réussi à renverser son état, avant de se voir interdire l'accès au CHSLD. Il y a un univers de différence qui peut être créé par la présence des proches, dit-elle.

Inquiétude pour la santé mentale des proches

Connue du grand public pour sa gestion du dossier Mourir dans la dignité, Véronique Hivon exhorte les CHSLD de ne pas appeler la famille quelques heures avant la mort d'un résident, mais quelques jours plus tôt. Les proches et la personne mourante vont souvent préférer avoir un contact réel avec une certaine conscience, explique-t-elle.

La députée s'inquiète pour la santé mentale de centaines, voire de milliers de Québécois, qui n'ont pas eu (ou n'auront pas) la possibilité de tenir la main de leur parent en fin de vie pour lui dire un dernier adieu : Vous imaginez apprendre le décès de votre proche, quelques heures après, sans avoir pu lui tenir la main? C'est un choc terrible.

Partout au Canada, des familles déplorent la mort isolée de leurs proches, comme cet exemple en Alberta ou cet autre au Nouveau-Brunswick.

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