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Propos de Pompeo sur l'origine du coronavirus : la Chine contre-attaque

Les drapeaux américains et chinois sous un ciel gris.

Le ton continue de monter entre Washington et Pékin.

Photo : iStock / Narvikk

Radio-Canada

La télévision publique chinoise CCTV a trempé ses critiques dans le vitriol contre le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, lundi, au lendemain de ses allégations sur l'origine du coronavirus.

Le malfaisant Pompeo, qui a tenu des propos déments et imprécis, crache son venin et répand des mensonges sans raison, a accusé la chaîne chinoise, après que celui-ci eut affirmé détenir une « quantité importante de preuves » montrant que le nouveau coronavirus était sorti d'un laboratoire chinois de la ville de Wuhan, berceau de la pandémie.

S'il n'a pas contesté la conclusion des services de renseignement américains selon laquelle le virus n'était pas d'origine humaine, l'ancien directeur de la CIA n'a pas hésité à rejeter la responsabilité sur la Chine.

Il y a une quantité significative de preuves que cela vient de ce laboratoire à Wuhan, a déclaré Mike Pompeo au réseau ABC, sans toutefois les fournir, faisant encore monter d'un cran la tension entre la Chine et les États-Unis.

Ces remarques biaisées et insensées de politiciens américains font comprendre à de plus en plus de gens que ces "preuves" n'existent pas, a dénoncé la chaîne publique chinoise.

Les politiciens américains tentent de rejeter la faute sur quelqu'un d'autre, de truquer les élections et de réprimer la Chine, alors que leurs propres efforts contre l'épidémie sont un désastre.

CCTV

Le Quotidien du peuple, l'organe officiel du Parti communiste, a pour sa part qualifié M. Pompeo de clown menteur.

La théorie conspirationniste brandie par l'administration Trump a été démentie à plusieurs reprises par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et plusieurs experts.

Très critique sur la façon dont la Chine a géré l'épidémie depuis son apparition, M. Trump a lui-même assuré avoir la preuve que le laboratoire de Wuhan était la source de la pandémie la semaine dernière, sans davantage appuyer ses dires. Il a en outre dit envisager des taxes punitives, comme lors du conflit commercial que se sont livré pendant des mois les deux premières économies mondiales.

En mars dernier, le ministre chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, avait pour sa part allégué que l'armée américaine avait apporté le virus en Chine.

Climat de tension

Gros plan du visage de Mike Pompeo.

Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, n'a pas fourni les preuves qu'il dit avoir sur les origines du coronavirus.

Photo : Getty Images / Alex Wong

Les deux pays s'accusent de désinformation.

Si les médias chinois se gardent d'attaquer directement le président américain, ils ne se gênent pas pour s'en prendre au secrétaire d'État américain, qu'ils ont critiqué à plusieurs reprises au cours des derniers jours.

Par ses mensonges et sa diffamation, Mike Pompeo est la honte des États-Unis et même l'ennemi de l’humanité, a affirmé CCTV la semaine dernière, cité par le quotidien Le Monde.

À la fin de janvier, le président américain avait annoncé l'interdiction d'entrée aux États-Unis aux voyageurs étrangers en provenance de Chine. Il a aussi provoqué la colère de Pékin en faisant référence au virus chinois.

Plus récemment, Donald Trump a en outre évoqué la possibilité de demander à la Chine de payer des milliards de dollars de réparation pour les dommages causés par l'épidémie.

Selon plusieurs analystes des relations internationales, les relations n'ont jamais été aussi tendues entre Pékin et Washington depuis la reprise de leurs relations diplomatiques, il y a près de 50 ans.

Des déclarations « spéculatives », dit l'OMS

L'Organisation mondiale de la santé a pour sa part dit ne pas avoir de preuves matérielles des allégations de l'administration américaine, et a ajouté se fonder uniquement sur les données scientifiques mises à sa disposition.

Nous n'avons reçu aucune donnée ni de preuve spécifique du gouvernement américain concernant l'origine présumée du virus, donc pour nous cela reste spéculatif, a déclaré le directeur des programmes d'urgence de l'OMS, Michael Ryan, lors d'une conférence de presse virtuelle depuis le siège de l'organisation à Genève.

Comme toute organisation se fondant sur la preuve, nous aimerions vivement recevoir toute information sur l'origine du virus [...]. Si ces données et ces preuves sont disponibles, il revient au gouvernement américain de décider s'il peut les partager et quand, mais il est difficile pour l'OMS de se prononcer en l'absence d'information soutenant ces hypothèses, a affirmé ce haut responsable de l'agence sanitaire de l'ONU.

Nous nous concentrons sur les preuves dont nous disposons, et les preuves que nous avons à partir du séquençage et de tout ce qu'on nous a transmis, c'est que le virus est d'origine naturelle, a précisé Michael Ryan. La science trouvera les réponses.

L'OMS a offert à la Chine de concourir aux recherches scientifiques. Si les questions sur l'origine du virus sont exprimées comme une enquête agressive sur une faute, je crois que ça peut être beaucoup plus difficile à gérer. Ça devient une question politique, a mis en garde Michael Ryan.

Une autre responsable de la gestion de la pandémie à l'OMS, Maria van Kerkhove, a de son côté rappelé que le séquençage du nouveau coronavirus avait permis de déterminer qu'il provenait des chauves-souris et qu'il avait été ensuite probablement transmis à d'autres animaux sauvages vendus sur un marché de viande à Wuhan avant de contaminer l'humain.

Nous devons vraiment savoir quel a été l'hôte intermédiaire - l'animal infecté par les chauves-souris -, puis qui a infecté des personnes dans les premiers cas, a-t-elle ajouté.

Depuis la fin de 2019, le coronavirus a tué plus de 250 000 personnes dans le monde. Plus de 3,6 millions de personnes, dont environ le tiers aux États-Unis, ont été infectées.

Le président Trump est lui-même sous le feu des critiques pour sa gestion de la pandémie aux États-Unis.

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