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Pas de gourdes, de doudous ni de casse-têtes : voici les nouvelles règles en garderie

La réouverture graduelle des services de garde va débuter dès la semaine prochaine.

Un enfant avec un jouet.

À partir du 11 mai, les services de garde pourront rouvrir leurs portes. Dans la région montréalaise, il faudra patienter jusqu'au 19 mai.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Finis les gourdes d’eau et le brossage de dents pour les enfants dans un service de garde au Québec.

Ces exemples de consignes et de règles sanitaires à suivre ont été transmis aux centres de la petite enfance (CPE), aux garderies privées, subventionnées ou non, et aux milieux familiaux qui s’apprêtent à rouvrir leurs portes d'ici quelques jours.

Dans un document de trois pages, le ministère de la Famille suggère de multiples recommandations. Un guide a également été publié par la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

Les ratios par éducatrice seront réduits de moitié, et il est demandé au personnel d’instaurer un triage strict dans le vestibule d’entrée. Tout enfant qui présente un symptôme pouvant être lié à la COVID-19, comme la toux ou la fièvre, sera refusé. Il le sera également si c'est son parent qui présente de tels symptômes.

Si possible, l’enfant devra être pris en charge à la porte d’entrée, pour limiter l’accès aux parents. Un seul adulte sera responsable de reconduire et d’aller chercher l’enfant. L’installation doit aussi tenter d’étaler les heures d’arrivée et de départ.

Près de 305 000 enfants en service de garde

Au total, 305 083 enfants fréquentent un service de garde au Québec, selon le dernier décompte du ministère de la Famille, daté de mars 2019. La majorité d'entre eux sont inscrits dans un CPE (96 084). On retrouve aussi 91 604 enfants dans un milieu familial, 70 174 dans des garderies non subventionnées et 47 221 dans des garderies subventionnées.

Des jouets et des enfants en arrière-plan.

Les jouets devront être désinfectés régulièrement.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Pas de pâte à modeler ni jeux de cartes

Durant la journée, le partage et le changement de locaux doivent être évités. Le personnel aura d'ailleurs à sa disposition, d'ici les prochains jours, des masques, des lunettes de protection et des gants fournis par le gouvernement.

Il est recommandé d’avoir un seul local par tandem enfants-éducatrice et le partage de matériel et d’équipements est à éviter. Pour les enfants autonomes, une distance de deux mètres avec l’éducatrice doit être privilégiée.

Le nombre de jouets et de jeux sera limité et ceux-ci seront désinfectés régulièrement, tout comme les modules extérieurs et la literie. Les sorties en dehors du service de garde sont d’ailleurs à favoriser au maximum, tout en limitant le nombre de personnes qui utilisent la cour.

Les casse-tête, les pâtes à modeler et jeux de cartes doivent quant à eux être proscrits, puisqu’ils sont difficiles à nettoyer.

Il est demandé également d’éviter d'apporter une nouvelle doudou à la garderie, de ne pas partager les ustensiles et les verres, et d’espacer, si possible, l’utilisation de chaises hautes par les poupons.

Le matériel de réconfort devrait rester dans les locaux et être nettoyé par le service de garde.

Extrait de l'aide-mémoire du ministère de la Famille « sur les bonnes pratiques sanitaires à l’intention des services de garde »

Enfin, si un enfant présente, en cours de journée, des symptômes, un local sécuritaire doit être prévu pour l’isoler avec surveillance, en attendant l’arrivée d’un parent. Les objets personnels de l’enfant, tels les draps pour la sieste et les vêtements, seront alors placés dans un sac en tissu ou en plastique pour les laver ou les remettre aux parents.

Deux poupons par éducatrice

Jusqu’au 8 juin, les ratios d’enfants par éducatrice seront considérablement revus. Une éducatrice ne pourra s’occuper que d’un maximum de deux poupons (moins de 18 mois), contre cinq habituellement. Pour les enfants de moins de 4 ans, il s'agit d’une éducatrice pour 4 enfants, contre 8. Le retour aux ratios normaux s’établira le 22 juin. Dans les milieux familiaux, la mesure est similaire et les ratios seront dans un premier temps réduits de moitié. Seule nuance : ce nombre doit inclure les enfants vivant sous le même toit que la responsable de ce service de garde, s'ils sont âgés de moins de 9 ans.

Un enfant marche dans une garderie.

Le nombre d'enfants par éducatrice va être revu à la baisse durant les prochaines semaines.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une reprise complète envisagée le 22 juin

Comme cela avait été annoncé, la réouverture des services de garde sera graduelle et facultative. Un ordre de priorité a également été prévu.

La semaine prochaine (le 19 mai pour la Communauté métropolitaine de Montréal), les installations ne devraient pas dépasser 30 % de leur taux d’occupation. Une exception pourrait néanmoins être faite (jusqu’à 50 %) aux établissements qui se situent à l'extérieur de la région métropolitaine, afin qu’ils puissent par exemple accueillir des enfants vulnérables.

En revanche, dès le 25 mai, ce taux grimpera à 50 % pour l’ensemble de ces milieux, quelle que soit leur localisation.

Pour le 8 juin, le gouvernement prévoit un taux d’occupation rehaussé à 75 %. Tous les parents auront ensuite accès aux services de garde le 22 juin. Ce calendrier peut néanmoins évoluer selon la situation sanitaire, précise le ministère de la Famille.

À cette date, le paiement des frais sera obligatoire, même pour les parents qui ne souhaitent pas déposer pour le moment leur enfant. Ils pourront néanmoins conserver leur place jusqu’au 1er septembre.

Calendrier de réouverture :

  • Phase 1 (11 et 19 mai) : 30 % du taux d’occupation
  • Phase 2 (25 mai) : 50 %
  • Phase 3 (8 juin) : 75 %
  • Phase 4 (22 juin) : 100 %

La compensation pour les garderies privées revue?

À la demande des garderies privées non subventionnées, qui comptent uniquement sur les frais exigés aux parents, le gouvernement Legault étudie actuellement une éventuelle réévaluation de la compensation financière offerte à ces établissements.

À ce jour, pour chaque enfant qui ne fréquente pas ces services de garde, le ministère de la Famille verse 5,95 $. On est loin du coût réel de ces garderies, affirment ceux-ci, qui peuvent demander un tarif d'environ 50 $ par jour dans des quartiers de Montréal, où les loyers de leurs installations sont élevés.

Ces garderies, qui ne reçoivent habituellement rien de Québec, réclament une aide journalière de 41 $ par enfant absent, pour compenser leur manque à gagner imposé en raison de la baisse du taux d'occupation.

Ce montant permettrait, a-t-on confié à Radio-Canada, de maintenir la survie de ces établissements, mais aussi de prévoir la hausse programmée des charges, avec l'achat de produits de désinfection et, potentiellement, des heures supplémentaires à débourser pour les éducatrices, afin d'étaler les heures d'ouverture et d'augmenter les activités de nettoyage des locaux.

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