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Québecor presse le Cirque du Soleil de lui ouvrir ses livres

L'entreprise québécoise a manifesté à la direction du Cirque du Soleil et à ses créanciers son désir d’en devenir l’actionnaire principal.

Trois femmes posent en costume noir et blanc.

Québecor souhaite fortement devenir l'actionnaire principal du Cirque du Soleil.

Photo : afp via getty images / ED JONES

Radio-Canada

Souhaitant devenir l’actionnaire principal du Cirque du Soleil, Québecor a interpellé le gouvernement Trudeau dans une lettre où elle déplore le fait que la direction du Cirque lui refuse l'accès à ses détails financiers.

Québecor a d’abord envoyé vendredi une lettre au gouvernement fédéral pour lui faire part de son intention d’acquérir le Cirque. Elle a ensuite fait savoir lundi qu’elle songe à accorder un financement à court terme de plusieurs dizaines de millions de dollars à l’entreprise culturelle, puis d'y injecter plusieurs centaines de millions de dollars pour relancer ses activités.

Pour ce faire, il lui faut cependant avoir accès à une analyse détaillée de la situation financière du Cirque, des chiffres qu’elle ne parvient pas à obtenir en raison du blocage de la direction, déclare Québecor.

L’entreprise de télécommunications dénonce l'absence d'empressement d’agir du Cirque, ce qui, dit-elle, hypothèque dangereusement des milliers d’emplois.

Elle met également en garde les autorités politiques, qui pourraient selon elle regretter de ne pas avoir agi pendant qu’il était encore temps pour conserver le siège social de l’entreprise à Montréal.

En entrevue à RDI économie, le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, a expliqué l'intérêt de Québecor pour le Cirque par l'importance d'assurer la pérennité de l'entreprise culturelle.

On sait que le Cirque, en grande partie, doit son succès à ceux qui le font de façon quotidienne, aux artistes, aux collaborateurs. Et c'est important justement de faire en sorte que cette pérennisation existe. C'est la raison pour laquelle nous avons fait connaître notre intérêt, a-t-il soutenu.

Il a aussi réitéré son intention de procurer au Cirque un financement à court terme parce que la direction a elle-même invoqué le fait qu'ils avaient des besoins urgents, et ils n'étaient pas en mesure de pouvoir payer leurs collaborateurs.

Un plaidoyer pour Ottawa

Dans sa lettre adressée au ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, à la ministre du Développement économique, Mélanie Joly, au ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, et au leader du gouvernement et lieutenant politique du Québec, Pablo Rodriguez, Québecor affirmait vouloir protéger ce fleuron québécois en en devenant l’actionnaire majoritaire.

Nous souhaitons proposer une solution solide, pérenne et viable, affirmait-on dans la lettre. Québecor est un groupe diversifié aux assises financières solides, en plus d’être un opérateur performant et reconnu avec l’expertise de l’événementiel et la connaissance du monde artistique, pouvait-on y lire.

Québecor croit fermement à la valeur intrinsèque et pérenne du Cirque, au potentiel d’une solution financière équilibrée et souhaite ardemment faire partie d’une stratégie de relance et de création de valeur à long terme afin de préserver les milliers d’emplois et l’importante activité économique permettant de créer une richesse collective pour le Québec et le Canada.

Extrait de la lettre envoyée par Québecor au gouvernement fédéral

L'entreprise de télécommunications se disait assurée que le Cirque redeviendra rentable lorsque la crise sanitaire et économique que nous vivons prendra fin.

Une copie de cette lettre, signée par M. Péladeau, a également été envoyée au premier ministre Justin Trudeau.

L'homme d'affaires a par ailleurs confirmé qu'aucune offre formelle n'avait été déposée. Le processus en tant que tel ne semble pas avoir démarré. Nous souhaitons donc nous y intégrer. Nos conseillers financiers sont en relation avec eux, ainsi que nos avocats, a-t-il expliqué.

Le Cirque du Soleil connaît de grandes difficultés financières depuis le début de la pandémie de COVID-19. Il a dû annuler l’ensemble de ses 44 spectacles dans le monde, ce qui a entraîné la mise à pied de 95 % de son personnel. L'entreprise songerait même à se placer sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité.

Ce serait, selon moi, la moins bonne des solutions, étant donné que, lorsqu'on rentre dans un processus, c'est toujours extrêmement difficile de pouvoir éventuellement mener l'organisation à bon port, a argué M. Péladeau. Ce n'est pas nécessairement pour le bénéfice de l'entreprise et de ceux et celles qui ont fait leur richesse.

Le Cirque du Soleil, qui aurait une dette estimée à 900 millions de dollars américains, a aussi raté l'échéance de paiement de certaines de ses marges de crédit, selon les agences de notation Moody's et Standard and Poor's. Cette dernière agence a d'ailleurs décoté le Cirque du Soleil en faisant passer sa note de CCC- à D.

Actuellement, l'actionnaire principal du Cirque du Soleil est le fonds d'investissement américain TPG Capital, avec une participation de 60 %, contre 20 % pour le fonds chinois Fosun Capital Group et 20 % pour la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).

Le Cirque du Soleil envoie une mise en demeure à Québecor

Selon des informations obtenues par La Presse, le Cirque du Soleil a pour sa part envoyé une mise en demeure à Québecor vendredi dernier afin que l’entreprise fasse modifier des informations fausses et trompeuses portant sur le Cirque et qui ont été diffusées dans les médias qui lui appartiennent.

Le Cirque dit avoir de sérieuses raisons de croire que Québecor cherche, par l’entremise de ses plateformes médiatiques, à faire baisser la valeur du Cirque pour l’acquérir à meilleur prix et qu'elle tente également d’écarter des parties intéressées à lui procurer de l’aide financière.

Lundi, Québecor a de son côté déploré les manœuvres navrantes du Cirque. Elle lui reproche d’avoir rendu publiques les propositions qu’elle a faites à ses créanciers et ses actionnaires.

Honnêtement, nous aurions souhaité et préféré que ce processus-là se fasse en général de la même façon que ça se produit, c'est-à-dire de façon confidentielle, a répété Pierre Karl Péladeau.

On a un petit peu de difficulté à comprendre les tenants et aboutissants de cette opération, a-t-il ajouté.

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