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Avez-vous de meilleures habitudes alimentaires en confinement?

Les comportements en matière d'alimentation et de consommation ont changé depuis le début de l'état d'urgence sanitaire.

Femme poussant un panier d'épicerie.

De nombreux Canadiens profitent du confinement pour cuisiner davantage.

Photo : Radio-Canada

Depuis la mise en place des mesures pour limiter la propagation de la COVID-19, de nombreux Canadiens qui doivent rester à la maison grignotent plus que jamais. Toutefois, d'autres profitent de la période de confinement pour améliorer leur alimentation en adoptant de meilleures habitudes.

En bien ou en mal, le confinement a changé nos habitudes alimentaires.

En somme, les gens cuisinent davantage, c'est une excellente nouvelle, ils mangent moins d'aliments transformés, constate la docteure en nutrition Isabelle Huot.

Isabelle Ballety, une résidente de Toronto, a nettement amélioré son alimentation depuis qu'elle est à la maison.

Une femme sourit.

« Mon alimentation idéale est constituée de beaucoup de fruits et de légumes, mais prise dans le rythme du quotidien avec le travail et mes activités sportives, je ne prenais plus assez de temps », dit Isabelle Ballety.

Photo : Fournie par Isabelle Ballety

Comme plusieurs, elle prend désormais le temps de bien déjeuner au lieu de s'acheter un café sur le pouce.

Je mange beaucoup mieux depuis le début du confinement et c’est un des points positifs de cette période.

Isabelle Ballety, résidente de Toronto

Je cuisine, je fais les courses [...] Mon alimentation est donc particulièrement riche en fruits et légumes, ajoute Isabelle Ballety.

Prise dans le rythme du quotidien, elle ne prenait pas le temps de manger sainement.

J’avais beaucoup de difficulté, en mangeant à l’extérieur à midi, à maintenir une alimentation comme je le souhaitais. Le soir, de plus en plus, je faisais appel aux livraisons ou j'achetais des plats à emporter. Il n’était pas rare que je saute des repas.

Isabelle Ballety

Elle fait aussi preuve de plus de créativité et découvre des recettes qu'elle n'avait jamais eu le temps de faire.

Deux bols de soupe et des carottes râpées.

Isabelle Ballety a préparé un velouté de potiron et carottes râpées assaisonné de jus de citron, d’huile d’olive, d’ail et de persil.

Photo : Fournie par Isabelle Ballety

On a le temps de se faire de nouveaux plats, d'essayer de nouvelles choses, alors qu'avant c'était assez répétitif. Après, quand il n'y avait plus rien dans le frigo on prenait pour emporter, ajoute Isabelle Ballety.

Plus de plats faits maison, moins de gras trans

Cuisiner avec des ingrédients de base est l’habitude qui connaît la plus forte hausse à travers le pays, selon la firme de sondage Léger.

L'augmentation marquée de la vente de certains aliments, comme la farine et la levure, suggère que les gens cuisinent davantage. Généralement, la qualité de l'alimentation des personnes qui cuisinent est supérieure à celle des gens qui cuisinent moins, précise la docteure en nutrition Karine Gravel.

Un récent sondage (Nouvelle fenêtre) mené par la firme Léger indique que, dans les deux semaines suivant l'annonce de l'état d'urgence sanitaire, le tiers des Québécois sondés ont dit manger davantage de malbouffe qu’avant la crise.

Toutefois, 17 % des 1001 personnes sondées ont réduit leur consommation de boissons sucrées, bonbons, croustilles et fritures.

Ce moment exceptionnel est l'occasion de prendre conscience de notre relation avec les aliments.

Catherine Lefebvre, nutritionniste et auteure

Un autre sondage, mené par l’Observatoire de la consommation responsable de l’École des sciences de la gestion de l'UQAM, en collaboration avec MBA Recherche, s'est également penché sur le mode de vie et la consommation des Québécois en période de confinement.

Il révèle que près de 60 % des répondants ont cherché à améliorer leurs habitudes alimentaires.

Faits saillants du sondage :

  • 68,5 % ont davantage cuisiné pendant la période de confinement.
  • Parmi eux, plus de deux sur trois ont regardé des recettes en ligne et ont essayé de nouvelles recettes

Le sondage en ligne a été réalisé entre le 17 et le 21 avril 2020 par MBA Recherche auprès de 1000 internautes québécois âgés de 18 ans et plus.

Mark Harrison est un vidéaste et photographe qui voyage constamment pour son travail.

Un homme sur une planche de surf.

Mark Harrison a dû laisser de côté sa vie de nomade pour retourner chez ses parents pendant cette période d'isolement.

Photo : Fournie par Mark Harrison

Il n'avait pas de domicile fixe avant la crise de la COVID-19. Il habite maintenant temporairement dans le sous-sol de ses parents, à Toronto.

Normalement, ma routine, mes exercices et mes habitudes alimentaires sont très irréguliers. Nourriture d'avion mélangée avec des petits déjeuners d'hôtel, etc., avoue-t-il.

Depuis la vive recommandation du gouvernement fédéral d'éviter tout voyage non essentiel à l'étranger et la fermeture des frontières, Mark Harrison a un horaire beaucoup plus stable.

Maintenant que je suis en isolement, l'exercice est le point culminant de ma journée. Je prépare également mes propres repas, donc je sais exactement ce qu'ils contiennent et je ne commande de la nourriture thaïe ou des sushis qu'une fois par semaine, affirme Mark Harrison.

Il se sent mieux mentalement et physiquement depuis qu'il a fait ces changements.

Qu'est-ce qui encourage les gens à mieux manger pendant le confinement?

La raison principale pour laquelle les gens mangent moins de malbouffe est le temps.

Être à la maison toute la journée se traduit souvent par plus de cuisine. Les déplacements sont limités et une grande partie des Canadiens sont en télétravail.

Pour certains, le fait de cuisiner davantage indique probablement qu'ils ont réduit leur consommation de produits ultra-transformés ou de repas provenant de chaînes de restauration rapide pour leur dîner habituel au travail, note la nutritionniste et coanimatrice du balado On s'appelle et on déjeune sur OHdio, Catherine Lefebvre.

La réflexion sur notre mode de vie, avoir envie de ralentir, de prendre plus de temps pour soi peut encourager le fait de vouloir mieux manger, selon la nutritionniste Marianne Lefebvre.

Évidemment, cela dépend de la situation de chaque personne. Plusieurs parents, par exemple, n'ont pas le temps de jongler entre les enfants à la maison, le télétravail et une alimentation saine.

Certaines personnes ont davantage de temps pour cuisiner et c'est une activité qui peut faire du bien, surtout quand on est limité dans notre choix d'activités.

Karine Gravel, nutritionniste

La nutritionniste Marianne Lefebvre avance que plusieurs mauvaises habitudes peuvent également être évitées grâce au confinement.

Par exemple, il y a moins de gaspillage alimentaire.

Selon le sondage de l’Observatoire de la consommation responsable, plus de 4 personnes sur 10 ont fait davantage de recettes antigaspillage entre le 15 mars et le 15 avril 2020.

Marianne Lefebvre note que les gens auraient moins tendance à laisser pourrir des aliments ou à jeter des restes encore bons.

Isabelle Huot abonde dans le même sens. Selon la docteure en nutrition, les repas sont mieux planifiés et les gens improvisent davantage avec les aliments qu'ils ont sous la main.

Santé publique Ontario ne collige pas d'information sur les habitudes alimentaires des Ontariens pour l'instant.

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Alimentation et cuisine

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