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L’abattoir Cargill à High River reprend ses activités malgré l’opposition syndicale

Avec plus de 900 travailleurs infectés, l'abattoir est le lieu de la plus importante éclosion de COVID-19 au Canada.

Un homme porte un panneau sur lequel est écrit, en anglais : « les vies au-dessus des profits ». Derrière lui des membres font flotter des drapeaux du syndicat.

Des membres de la section locale du syndicat se sont rendus devant l'usine de transformation de viande Cargill, à High River.

Photo : Radio-Canada / Dan McGarvey

Les employés de l’usine de transformation de viande Cargill de High River, en Alberta, sont retournés au travail lundi, deux semaines après qu’une multiplication de cas de COVID-19 eut contraint à la fermeture de l'établissement.

Un concert de klaxons de membres du syndicat des travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce les a accueillis aux portes de l’usine. Des masques leur ont été également distribués.

Le syndicat aura essayé toute la fin de semaine d’obtenir la prolongation de la fermeture de l’abattoir, où est transformé plus du tiers du boeuf canadien, mais les négociations avec la commission des relations du travail n’ont pas abouti.

Tom Hesse porte un masque sur lequel il est marqué : « La sécurité avant tout » (« safety first » en anglais).

Tom Hesse, le président du syndicat local des employés de l'abattoir Cargill

Photo : Radio-Canada / Dan McGarvey

Selon le président de la section locale du syndicat, Tom Hesse, ces négociations se poursuivent lundi.

Ces travailleurs ne resteront pas invisibles, ces problèmes ne resteront pas invisibles. Cargill fait vraiment honte à la province, et la population ne le tolérera pas, a clamé M. Hesse.

Il souhaite obtenir l’assurance que tout l’équipement de protection personnelle sera distribué aux employés et que l'entreprise tiendra des réunions quotidiennes de santé et sécurité au travail.

Des employés mécontents

Le syndicat encourage les employés en santé à se présenter au travail, mais il leur a rappelé qu’ils avaient le droit de refuser toute tâche jugée dangereuse. Je suis sûr que l’activité va être ralentie. Les gens sont effrayés, ils ne veulent pas venir au travail, a affirmé M. Hesse.

Selon un sondage effectué par le syndicat auprès de plus de 600 travailleurs, 8 sur 10 s’opposaient à la réouverture de l’usine.

L’entreprise Cargill a souligné pour sa part que des représentants de Services de santé Alberta et de Santé et sécurité au travail ont examiné les mesures mises en place et approuvé la réouverture.

Des aménagements ont été mis en place pour assurer un meilleur éloignement entre les travailleurs. Des visières plastiques sont fournies là où l'éloignement n’est pas possible.

Le premier ministre Justin Trudeau, interrogé à ce sujet, a rappelé que la sécurité des travailleurs était de compétence provinciale, mais il a assuré le soutien d'Ottawa si l'Alberta en avait besoin dans la gestion de cette éclosion.

Commémoration virtuelle

Plus de 900 travailleurs de l’usine ont attrapé la COVID-19. Une employée en est morte.

L’organisme Action Dignity a organisé un hommage en ligne à cette victime nommée Bui Thi Hiep. [Celle-ci] ne mérite pas d’être connue comme la travailleuse vietnamienne de Cargill morte de la COVID-19, affirme l’organisme sur l’avis de commémoration.

Un coeur est dessinné sur une affiche. Le nom de Bui Thi Hiep est inscrit dans le coeur.

L'organisme Action Dignity a organisé un événement diffusé sur Facebook pour rendre hommage à Bui Thi Hiep.

Photo : Radio-Canada / Dave Gilson

Selon le mari de la travailleuse, sa femme est arrivée au Canada en 1992 comme réfugiée vietnamienne. Elle a été engagée à l’abattoir Cargill trois ans plus tard et elle y est restée plus de 20 ans.

Je suis tellement triste. Je n’ai pas de mots parce que je ne vais plus jamais voir ma femme, a dit Nga Nguyen par le biais d’un interprète.

Nous étions l’ombre l’un de l’autre.

Nga Nguyen, mari de la travailleuse morte de la COVID-19

Il a décrit Bui Thi Hiep comme une femme souriante qui aimait son travail. Elle préparait des bonbons qu’elle offrait à ses collègues.

La femme de 67 ans enlevait des os de la viande destinée à être hachée, dans des conditions frigorifiques avec un ventilateur dans le dos.

L’organisme espère avoir rendu hommage à tous les travailleurs essentiels du secteur de l’alimentation grâce à cet événement virtuel.

Avec les informations de Dan McGarvey

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