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La réouverture des commerces du Grand Montréal repoussée d'une semaine

Des commerces sur l'avenue du Mont-Royal.

Le commerce de détail et les petits commerces vont rouvrir prochainement en cette période de déconfinement.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Tandis que plusieurs commerces de détail ont repris du service au Québec, le premier ministre François Legault a annoncé le report d'une semaine de la réouverture des magasins non essentiels dans la grande région de Montréal.

La semaine dernière, le gouvernement Legault a dévoilé petit à petit les grandes lignes du déconfinement, qui comprend notamment le retour au travail dans certains commerces de la province. Selon ce plan, le Grand Montréal devait reprendre graduellement ses activités à compter du 11 mai.

Les propriétaires de ces commerces devront finalement attendre une semaine de plus, soit jusqu'au 18 mai.

On retarde pour l'instant le déconfinement à Montréal, car la marge de manœuvre n'est pas assez grande, a indiqué M. Legault lundi lors de son point de presse quotidien. Mais la situation est stable, a-t-il ajouté.

Peu de temps après, la mairesse Valérie Plante a réagi à l'annonce de Québec, disant avoir entendu l'appel du premier ministre.

C'est une décision que j'appuie entièrement, puisqu'elle va nous permettre de continuer notre préparation et de nous assurer que les conditions sont optimales, a-t-elle déclaré en conférence de presse.

La mairesse de Montréal, qui dit être en contact quotidiennement avec les autorités provinciales, a assuré que son administration allait suivre les recommandations sans problème si jamais d'autres étapes de déconfinement devaient être repoussées.

La bataille n'est pas gagnée à Montréal et on doit vraiment continuer le combat.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

En entrevue avec Patrice Roy au Téléjournal, Mme Plante a d'ailleurs invité les autres paliers de gouvernement, soit Québec et Ottawa, à délier les cordons de leur bourse afin d'acheter des masques pour la population.

Elle a indiqué que Montréal en avait déjà commandé 50 000, qui seront distribués gratuitement aux populations les plus vulnérables, dont les personnes en situation d'itinérance, mais elle a précisé que la Ville n'avait pas les moyens d'acheter 2 millions de masques.

Mme Plante invite également les Montréalais à se responsabiliser et à se procurer ou se confectionner leurs propres masques puisque le couvre-visage doit devenir une habitude pour les Montréalais.

Progression des cas

Depuis le début de la crise, la moitié des cas confirmés de COVID-19 au Québec ont été recensés à Montréal.

La directrice régionale de santé publique de Montréal a fait état de la situation lundi. La métropole québécoise compte maintenant 16 606 cas confirmés de la maladie. Il s'agit d'une hausse de 355 cas au cours des dernières 24 heures.

On voit clairement que nous avons une progression du nombre de cas et nous ne sommes pas dans une baisse de la courbe épidémique. [...] On voit des plateaux, voire une augmentation du nombre de cas.

Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal

La Dre Drouin a également fait état de 1410 décès, soit 45 de plus en 24 heures. C'est encore principalement lié à la crise et aux nombreuses éclosions dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) et dans les résidences privées pour aînés (RPA), a-t-elle précisé.

En ce qui concerne les hospitalisations, la Dre Drouin affirme voir un plateau se dessiner. Présentement, à Montréal, 1055 personnes sont hospitalisées en raison de la COVID-19, dont 137 se trouvent aux soins intensifs, où l'on voit quand même une régression du nombre de nouvelles admissions.

François Legault a fait savoir lundi que sur les 7000 lits libérés pour les patients atteints de la COVID-19, 1772 ont été utilisés à ce jour, et la majorité d’entre eux se trouvent à Montréal. S'il y a suffisamment de lits disponibles à l’extérieur de la métropole, la situation reste serrée à Montréal, a-t-il évalué.

Nouvelle stratégie de dépistage

De manière générale, la situation demeure plus difficile dans certains arrondissements, dont Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Ahuntsic-Cartierville, Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, Montréal-Nord, Mercier–Hochelaga-Maisonneuve et Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.

Devant cette situation, la Ville a annoncé la mise sur pied de cliniques mobiles qui serviront à faire du dépistage dans les quartiers les plus touchés, ou encore ceux où certaines barrières géographiques ou de langue, par exemple, rendent plus difficiles l'accès aux soins de santé.

Des autobus de la Société de transport de Montréal (STM) seront utilisés à cette fin. Il devrait être possible de procéder à au moins une centaine de tests par jour dans chacun des véhicules.

Des cliniques locales ont aussi commencé à ouvrir leurs portes dans les quartiers les plus touchés. C'était notamment le cas cette fin de semaine dans Montréal-Nord, considéré comme le quartier le plus touché à travers la province.

Les personnes invitées à se prémunir de ce service sont celles qui présentent des symptômes apparentés à la COVID-19, comme de la température et des difficultés respiratoires, ainsi que les travailleurs essentiels qui ont des symptômes.

On va inclure aussi du dépistage plus ciblé dans des quartiers, des lieux de travail où on voit qu'il y a des éclosions, et on va même peut-être aller jusqu'à dépister des contacts de cas confirmés.

Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal

Le président du conseil d'administration de la STM, Philippe Schnobb, a pour sa part tenu à rassurer les chauffeurs qui seront amenés à déplacer ces autobus, car ceux-ci seront entièrement désinfectés.

Par ailleurs, M. Schnobb a fait savoir que la STM, qui s'attend à une hausse de l'achalandage avec l'amorce du déconfinement graduel, devrait présenter son propre plan sanitaire au cours de la semaine.

Mise en garde du PLQ

Le chef par intérim du Parti libéral du Québec (PLQ), Pierre Arcand, avait déjà exprimé qu'il jugeait que le déconfinement de Montréal à ce stade-ci représentait un manque de prudence total.

Un peu plus tôt lundi, le PLQ a demandé au gouvernement Legault de faire marche arrière en reportant le déconfinement progressif de la région métropolitaine.

Selon M. Arcand, la Direction régionale de la santé publique de Montréal devrait tenir des points de presse quotidiens pour dresser l'état de la situation. La ministre responsable de la métropole, Chantal Rouleau, devrait également y prendre part, elle qui a été très discrète au cours de la crise, selon lui.

Enfin, le chef par intérim du PLQ estime que le gouvernement devrait hausser de façon significative le nombre de tests effectués avant de fixer une date pour le déconfinement du Grand Montréal, et ce, même si la santé publique a annoncé vendredi dernier qu'elle allait changer sa stratégie de dépistage.

Pour faire valoir son point de vue, le député de Mont-Royal–Outremont avait convié la presse lundi matin devant le CHSLD Vigi Mont-Royal, un établissement pour personnes âgées de sa circonscription où la pandémie de COVID-19 a fait des ravages dans les dernières semaines.

Pendant ce temps, le reste du Québec a entamé son déconfinement. Les premiers barrages ont également été levés lundi matin dans les Laurentides, dans Lanaudière, dans Chaudière-Appalaches et à Rouyn-Noranda.

Quant aux travaux parlementaires, ils reprendront dans la semaine du 11 mai, comme l'avait appris Radio-Canada samedi. La CAQ, le PLQ, QS et le PQ ont confirmé lundi que les deux premières périodes de questions en personne se tiendront de façon consécutive le mercredi 13 mai. Les députés siégeront en nombre réduit pour respecter la distanciation physique.

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