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Plusieurs pays d'Europe amorcent un timide déconfinement

Dans plusieurs pays, notamment en Italie, en Espagne, en Autriche et en Belgique, le port du masque est obligatoire dans les transports publics.

Une Italienne portant une visière et un masque consulte son téléphone cellulaire près d'un autobus.

Une Italienne portant une visière et un masque consulte son téléphone cellulaire à un terminal d'autobus de Rome.

Photo : Getty Images / AFP/FILIPPO MONTEFORTE

Radio-Canada

« Enfin dehors! ». Après des semaines de strict confinement, plusieurs pays européens ont amorcé lundi une reprise de l'activité, qui reste toutefois très partielle et sous haute surveillance. Voici un point de la situation par pays.

En Italie, usines, chantiers et bureaux rouvrent leurs portes pour 4,5 millions de personnes appelées à reprendre le travail. Je n'ai pas eu de problème dans mon train, on était juste 5-6 personnes dans mon wagon, témoigne pour l'AFP Isabella Ferrari, 61 ans, femme de ménage à Milan.

Le port du masque, dont le prix va être limité à 0,5 euro l'unité (0,65¢ CA), est obligatoire dans les transports.

Je déteste ce masque, je respire mal, mais si c'est le prix à payer pour reprendre le travail... Enfin dehors! C'est ça qui compte.

Massimo Moi, un opticien romain de 53 ans

Les règles de distanciation restent en vigueur, y compris dans les parcs qui rouvrent. Les Italiens peuvent aussi rendre visite à leurs proches, à condition de porter un masque.

À Rome, connue pour ses embouteillages, la circulation est plus soutenue, même si l'on est loin de la normalité pour un lundi matin, observe un policier posté piazza Venezia, place centrale de la capitale.

Le secteur manufacturier, celui de la construction et le commerce de gros pour ces filières redémarrent, de même que les bars et restaurants, mais seulement pour la vente à emporter. Ils rouvriront complètement le 1er juin, avec les salons de beauté ou de coiffure.

Les écoles resteront fermées jusqu'en septembre.

Masque obligatoire aussi dans les transports publics espagnols

En Espagne, certains petits commerces, comme les coiffeurs, peuvent désormais recevoir des clients individuellement sur rendez-vous.

À Barcelone, dans le quartier ouvrier de la Sagrera, Conchi Navarro, 56 ans, ouvre son salon pour la première fois après deux mois de fermeture.

Aujourd'hui, c'est un peu chaotique, avec tous les appels de clients demandant rendez-vous.

Conchi Navarro, résidente de Barcelone
Un coiffeur coupe les cheveux d'un homme qui se regarde dans un miroir.

En Espagne, comme ailleurs en Europe, plusieurs personnes se sont précipitées chez des coiffeurs et des barbiers.

Photo : Getty Images / AFP/JOSE JORDAN

Bars et restaurants ont le droit de vendre à emporter.

Dans la station de métro et trains de banlieue de Puerta del Sol, en plein centre de Madrid, résonne le message : « L'usage du masque est obligatoire pour tous les usagers, à l'intérieur des wagons comme des installations ».

Des policiers municipaux tendent un masque à tous les voyageurs, au cinquantième jour d'état d'alerte et de confinement en Espagne.

En surface, quelques Madrilènes redécouvrent avec plaisir l'une des plus anciennes pâtisseries de la capitale, la Mallorquina, qui a rouvert avec un marquage au sol pour faire respecter la distance de sécurité dans la queue.

Certaines écoles rouvrent en Allemagne

Les écoles rouvrent lundi progressivement dans certains Länder. Les coiffeurs lèvent le rideau, de même que les lieux de cultes et les musées.

J'attends depuis 8 h. J'en ai marre de mes cheveux!, confie Galep Atmaca, un Berlinois de 15 ans dont l'abondante chevelure brune déborde de la capuche de survêtement.

Ramazan Uzun, un coiffeur de 27 ans du quartier berlinois de Kreuzberg, confirme l'emballement.

Nous avons beaucoup de rendez-vous pour aujourd'hui et toute la semaine. Les gens ont envie d'avoir une coupe correcte!

Ramazan Uzun, coiffeur à Berlin
Une quinzaine de personnes font la file à l'extérieur d'un commerce.

Des Allemands font la file lundi devant un commerce d'équipements électroniques de Berlin.

Photo : Getty Images / Maja Hitij

L'Autriche respire un peu mieux

En Autriche, les restrictions de déplacement sont levées, les rassemblements autorisés jusqu'à 10 personnes, avec respect de la distanciation sociale. Le port du masque est obligatoire dans les transports et les magasins.

Les lycées ont rouvert lundi pour les classes de terminale uniquement.

Je suis vraiment contente parce que je peux revoir mes amis et que je peux simplement beaucoup mieux me concentrer à l'école qu'à la maison, se réjouit Lea Karner, masque en tissu sur le visage, devant un lycée de Vienne, sous un ciel radieux.

À la maison, nous n'avions qu'un ordinateur portable que nous partagions avec maman et mon petit frère, c'était très fatigant.

Lea Karner, lycéenne autrichienne

Lent redémarrage en Belgique

En Belgique, les entreprises qui n'accueillent pas de public ont pu redémarrer.

J'avais un grand sentiment de lassitude, j'en avais marre du confinement, explique à la sortie du métro Schuman, dans le quartier européen de Bruxelles, Jean-Baptiste Bernard, un architecte de 27 ans, qui sort pour la première fois depuis le début du confinement, le 18 mars, pour un rendez-vous de chantier.

Le masque est obligatoire dans les transports. Dans les bus, la montée se fait par l'arrière, la porte avant et le premier rang sont condamnés pour isoler le chauffeur. Dans le métro, des panneaux lumineux rappellent le port obligatoire du masque.

Ça ne va pas, les enfants sont seuls à la maison, mais on est obligés de travailler pour manger.

femme de ménage turque croisée au métro Schuman, à Bruxelles

Dans le tram, des sièges sont barrés d'une croix rouge, une interdiction pas toujours respectée. Globalement, l'affluence est très réduite dans les transports en commun, contrairement à la circulation automobile, qui a repris.

Deux policières devant une rame de métro discutent avec une usagère qui ne porte pas de masque.

À Bruxelles, des policiers vérifient si les usagers portent un masque, comme l'exigent les autorités.

Photo : Getty Images / AFP/ARIS OIKONOMOU

Des déconfinements à géométrie variable

Au Portugal, librairies et concessionnaires automobiles ont pu rouvrir, ainsi que les commerces de moins de 200 m2. Les salons de coiffure et d'esthétique peuvent recevoir sur rendez-vous. Dans les transports publics, le masque est obligatoire.

En Pologne, les hôtels, les centres commerciaux ainsi qu'une partie des institutions culturelles, dont des bibliothèques et certains musées, ont rouvert leurs porte.

À Varsovie, les Polonais sont assez nombreux à se précipiter – tous masqués, obéissant à la consigne des autorités – vers les galeries commerciales.

En Islande, les universités, musées et salons de coiffure ont rouvert. Le Danemark et la Norvège, en régime de semi-confinement, ont été parmi les premiers pays européens à alléger leurs restrictions.

En Croatie, les commerces impliquant un contact rapproché avec le client, comme les coiffeurs, rouvrent.

Après six semaines, je vais enfin pouvoir me faire une teinture. Je la faisais chez moi, mais ce n'était pas le même résultat!, plaisante Vesna Kovacic, 45 ans, qui habite à Zagreb. Je serai parmi les premières clientes, je me sens en sécurité, dit-elle.

En Serbie, ce sont les cafés et restaurants qui rouvrent, mais avec distanciation sociale. Les transports publics redémarrent, avec port du masque obligatoire. Le couvre-feu est maintenu.

Nebojsa Marovic, un musicien de 42 ans, prend le soleil sur la terrasse de son café préféré à Belgrade pour la première fois depuis plus d'un mois.

Je n'aurais jamais imaginé qu'une telle petite chose m'apporterait autant de plaisir. Cette épidémie m'a fait réaliser que ce sont précisément ces petites choses, que l'on tient trop souvent pour acquises, qui rendent la vie si précieuse.

Nebojsa Marovic, musicien à Belgrade

En Bulgarie, après la réouverture des parcs et jardins publics, les randonnées sont autorisées depuis dimanche. Il était grand temps qu'on nous laisse sortir pour respirer! Notre fils était fou de joie : il gambadait et chantait "Virus, Virus, tu es fini", se réjouit Elka Hristova, 39 ans, consultante.

En Grèce, les librairies, les papeteries, les magasins d'équipements sportifs, les électriciens, les coiffeurs, les centres d'esthétique, les fleuristes et pépinières ont rouvert.

Evanthia Voglis, femme de ménage, a repris le métro pour la première fois depuis le 23 mars. Avec un masque et des gants en plastique, elle estime avoir pris ses précautions.

Nous étions peu nombreux dans les rames du métro. Beaucoup de gens ont encore peur et ne se déplacent pas en transport en commun, relate-t-elle.

Seulement 10 % de la population a vraiment repris le travail. Les Athéniens se baladent aujourd'hui, car ils sont surtout épuisés par le confinement. Ce n'est pas sûr qu'ils aillent faire pour autant des emplettes, car il ne faut pas oublier que plusieurs personnes ont été mises en chômage partiel ces derniers mois et n'ont ni le moral ni les moyens de faire du shopping!, constate Nikos Kontos, propriétaire d'un magasin d'équipements électriques.

J'avais hâte de pouvoir ressortir, reprendre une vie sociale, et me faire tailler la barbe pour ne plus ressembler à un ours!, plaisante Alexis Protopappas devant un barbier du quartier athénien de Pagrati.

Avec les informations de Agence France-Presse

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