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COVID-19 : le défi de la réouverture pour les commerces de l'Outaouais

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Certains commerces de détail ne pourront pas rouvrir, faute de temps pour se préparer (archives).

Photo : Radio-Canada / Hugo Belanger

Radio-Canada

Alors que le déconfinement s’élargit au Québec avec la réouverture de plusieurs secteurs d’activité économique, certains commerçants sont difficilement parvenus à se préparer pour la réouverture, tandis que d’autres préfèrent simplement attendre encore avant d’accueillir à nouveau des clients.

Les membres sont très heureux, ils ont très hâte au 4 mai, a observé le président pour le Québec du Conseil canadien du commerce au détail, Marc Fortin. Mais, tout n’est pas rose. Ce n’est pas tout le monde qui va être prêt, parce qu’on a eu un avis très court, a-t-il concédé.

Tout le monde a eu la même réaction : ''c’est un peu tôt, on ne sait pas comment le virus va réagir, on va y aller un peu mollo'', a souligné la copropriétaire de la boutique gatinoise Le Local, Marie-France Roy.

D’autant plus que les nouvelles mesures sanitaires pour limiter la propagation de la COVID-19 impliquent des dépenses supplémentaires. Lundi, on n’a pas de désinfectant. On n’a pas de masques pour les clientes, a précisé Mme Roy.

Une semaine, ce n’est pas assez pour que tout le monde puisse vraiment se préparer.

Une citation de :Marc Fortin, président pour le Québec du Conseil canadien du commerce au détail

Et même pour les entreprises qui ont pu se préparer à faire le saut, un certain doute persiste. On demeure maître de nos décisions, c’est comme ça qu'on le prend. Si un moment donné, on est inquiets ou on n’est plus à l’aise avec notre décision, on recule et c’est tout, a insisté la propriétaire de la boutique Habitude Design, Marie-Josée Fernandez.

Marie-Josée Fernandez utilise une caisse enregistreuse.

Marie-Josée Fernandez a été en mesure de préparer sa boutique pour le 4 mai, mais elle pense qu'il lui aurait fallu plus de temps.

Photo : Radio-Canada

Oui, il y a des baisses de vente, comme on a connu au mois de mars et d’avril, a reconnu le copropriétaire de la boutique Sports Experts Gatineau et Hull, Pierre Champagne. Toutefois, il ne sait pas si cette baisse pourrait durer, puisque les clients ont pris l'habitude d'acheter davantage de produits en ligne, selon lui.

Un homme dans son commerce à Gatineau.

Pierre Champagne, copropriétaire de Sports Experts Gatineau et Hull.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Des défis à court terme

Les commerces qui ont fait le pari de rouvrir lundi ne devraient toutefois pas s’attendre à rouler sur l’or après la période de disette du confinement. On s’attend à ce que, d’ici la fin mai, on ait 30 % de l’affluence régulière, a noté M. Fortin du Conseil canadien du commerce au détail.

Les entreprises qui ne sont pas prêtes à accueillir des clients de nouveau resteront dépendantes des ventes en ligne et des commandes à venir chercher en magasin. Mme Roy estime qu’elle effectue une dizaine de ventes par Internet chaque jour, une forte augmentation, selon elle. Cependant, elle a aussi constaté que ce chiffre commence tranquillement à diminuer.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

La facture pour l’installation de plexiglas aux caisses ou l’achat de masques, de gants et de désinfectant est particulièrement salée pour certains commerçants. Toutefois, une deuxième vague de contamination par la COVID-19 serait encore plus coûteuse, fait valoir M. Fortin.

Les gens ont des entrepôts remplis d’inventaire de produits saisonniers, et ça, c’est l’autre hantise : si vous avez acheté des produits qui étaient saisonniers, vos inventaires risquent d’être invendus, a-t-il expliqué. La première vague, on est encore capables de la gérer et il faut ouvrir et qu’on commence à vendre ces produits.

S’il y a une deuxième et vague et qu’on se retrouve au mois de juin-juillet, oubliez ça. Les faillites vont être vraiment énormes.

Une citation de :Marc Fortin, président pour le Québec du Conseil canadien du commerce au détail

Des inspections

Par ailleurs, des guides ont été fournis aux commerces québécois pour les aiguiller et faciliter le retour dans un contexte difficile. Les quelque 300 inspecteurs de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) vont être à pied d’oeuvre dans les prochaines semaines.

Les inspecteurs vérifieront si la distanciation physique entre les employés est respectée, s'ils peuvent se laver les mains et s'ils peuvent avoir recours à du désinfectant lorsqu'il n'y a pas d'eau courante, selon le porte-parole de la CNESST, Nicolas Bégin.

Dans le cas contraire, l'inspecteur peut juger que le milieu de travail n’est pas sécuritaire, il peut exiger des mesures correctives à l’employeur, il peut donner un avertissement. [...] Il peut même exiger la fermeture temporaire de l’établissement, souligne M. Bégin.

Certains commerces de nouveau ouverts en Ontario

Du côté d'Ottawa, il est désormais possible de se rendre chez les certains concessionnaires automobiles, sur rendez-vous, de faire laver sa voiture dans un lave-auto automatique, mais aussi de préparer son potager grâce à la réouverture des centres de jardinage (seulement pour les commandes à emporter).

Bel-Air Toyota, par exemple, a dû faire quelques ajustements : des heures de service allongées et un nombre de rendez-vous réduits, notamment. Pour le département des ventes, ça roule quand même assez bien, mais c’est sûr que ce ne sont pas les mêmes chiffres, a admis la gestionnaire des opérations de l'entreprise, Josianne Parent.

Avec les informations d'Antoine Trépanier, Fiona Collienne, Claudine Richard et Christian Milette

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