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L'inflation frappera le panier d'épicerie, affirme un expert

Des boîtes de différents légumes dans un étalage de marché.

Après la pandémie, préparez-vous à moins de choix à l’épicerie, avec des prix révisés à la hausse, selon Sylvain Charlebois de l’Université Dalhousie. (archives)

Photo : Radio-Canada

Nicolas Haddad

Le secteur agroalimentaire a vu ses coûts de production et de distribution monter en flèche dans l'ensemble des maillons de la chaîne — des coûts qui vont rattraper les consommateurs canadiens avant la fin de l’année, selon un expert.

Selon Sylvain Charlebois, les coûts causés par les mesures de distanciation physique imposées par les autorités partout sur le continent américain auront un impact certain sur le prix à la caisse.

La distanciation qu'on voit au supermarché s’applique à toute la chaîne, affirme Sylvain Charlebois, professeur titulaire à l’Université Dalhousie et directeur principal du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire.

Selon lui, les entreprises à toutes les étapes de la chaîne d'approvisionnement agroalimentaire ont dû s'adapter et fonctionner différemment.

Le professeur est assis à un bureau et avec une plante derrière lui.

Sylvain Charlebois est professeur titulaire à l'Université Dalhousie et directeur principal du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Il faut entraîner le personnel, engager d'autre monde, changer les équipements, acheter de l'équipement de protection... Ça coûte beaucoup plus cher d'opérer n'importe quelle entreprise agroalimentaire, comparativement à il y a deux mois, explique le chercheur.

Le prix du panier d'épicerie devrait augmenter de 4 % d'ici la fin de l'année, selon le professeur Charlebois. La hausse observée lors des dix dernières années est de 2,1 % par an en moyenne.

On s'embarque dans plusieurs années d'inflation alimentaire relativement élevée.

Une citation de :Sylvain Charlebois, directeur principal du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie

Une évolution de la demande

Pour les grossistes qui fournissent les restaurants, la demande n'a jamais été aussi basse. C'est ce qu'affirme Gus Bondi, le président de l’entreprise torontoise de distribution de fruits et légumes frais Bondi Produce. 80 % de ses clients sont des restaurateurs.

M. Bondi affirme que certains produits qui proviennent de l'extérieur du Canada deviendront de plus en plus rares. Il cite en exemple les herbes fraîches exportées de la Colombie par avion qui doivent faire trois arrêts avant d'atterrir à Toronto. Souvent, les herbes ont perdu leur qualité après le voyage et doivent être jetées.

L'offre de produits canadiens sera constante cet été. À l'arrivée de l'hiver, cependant, les choses pourraient changer, selon M. Bondi. Lorsque les producteurs américains commenceront à s’adapter, j’anticipe que cet hiver et cet automne, les prix vont augmenter, estime le grossiste.

Nos nouvelles habitudes peuvent mitiger la hausse des prix

Si les aliments risquent de coûter 4 % plus cher avant la fin de l’année, on parle d'un taux d'inflation élevé, mais en argent réel, le ménage épargne énormément récemment, estime Sylvain Charlebois.

Selon le chercheur, les habitudes des ménages canadiens ont beaucoup évolué au cours des dernières semaines.

On a cuisiné beaucoup depuis quelque temps, on se familiarise avec des recettes, on est mieux outillé et plus à l'aise en cuisine, explique-t-il.

L'intérieur d'un frigo ouvert qui contient des fruits, des légumes et des contenants en verre.

Depuis le début de la pandémie, les Canadiens ont appris à maîtriser leurs cuisines, selon Sylvain Charlebois (archives)

Photo : Évelyne Charuest

Il soutient que pour chaque dollar dépensé en épicerie, un ménage dépenserait 30 à 40 sous de plus en restauration.

Avant la COVID, le ménage moyen dépensait environ 36 % de son budget en alimentation sur de l'alimentation consommée à l'extérieur du ménage. Est-ce qu'on va revenir à ça après la COVID ? Moi, j'en doute, affirme le professeur Charlebois.

Il croit aussi que les Canadiens ont appris à gaspiller moins de nourriture en étant plus à l'affût de leurs inventaires et plus créatifs avec leurs restants, alors qu’avant la pandémie, un ménage moyen gaspillait 38 % de ce qu'il achetait au magasin de détail.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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