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COVID-19 : 85 % des employés de Cargill ont peur de retourner au travail

Tom Hesse répond aux questions d'une journaliste devant les locaux de la section locale 401 du syndicat des Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce.

Tom Hesse indique que le syndicat qu'il préside a sondé plus de 600 employés de Cargill quant à leur éventuel retour au travail prévu le 4 mai 2020.

Photo : Radio-Canada / Charlotte Dumoulin

Huit employés sur dix s’opposent à la réouverture de l’usine Cargill de High River prévue lundi, tandis que 85 % d’entre eux craignent de retourner y travailler. C’est ce que révèle un sondage effectué par leur syndicat en fin de semaine.

L’usine ne doit pas rouvrir tant qu’elle n’est pas sécuritaire, a déclaré le président de la section locale 401 du syndicat des Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce Tom Hesse.

Selon le ministère albertain de la Santé, 1501 personnes atteintes de la COVID-19 ont été contaminées à la suite de l'éclosion massive de cas survenue à cette usine de conditionnement de la viande.

L’usine a fermé ses portes le 20 avril après que près de la moitié des 2000 employés (917 travailleurs) ont reçu un résultat positif au test de dépistage du coronavirus à l'origine de la COVID-19 et qu’un d’entre eux soit décédé des suites de la maladie.

L’usine doit reprendre ses activités lundi, une décision à laquelle le syndicat s’oppose fermement.

Ces derniers jours, de grandes usines américaines ont rouvert après deux semaines de fermeture et, depuis, on a vu le nombre de personnes ayant la COVID-19 doubler à certains endroits, met en garde M. Hesse.

Tord-boyaux

Bien après que la pandémie de COVID-19 ait été décrétée, aucune inspection préventive n’avait été effectuée dans les locaux de l’usine.

Après l’éclosion de dizaines de cas sur le site, la Commission de la santé et de la sécurité du travail en effectuera une, mais à distance, par écran interposé. Elle conclura tout de même que les locaux de l’usine répondent aux normes et que l’usine peut rester ouverte.

Pourtant, quelques jours avant la fermeture temporaire de l’usine, des travailleurs s’étaient plaints du non-respect des mesures sanitaires de la part de leurs employeurs.

Aucun pays civilisé basé sur l’État de droit ne met des personnes en danger pour qu’on puisse avoir un hamburger sur nos tables, s’est indigné M. Hesse.

Gros plan sur une affiche mise sur une barrière de l'usine indiquant en anglais: Cargill Foods. Danger. Défense de passer.

L'usine Cargill de High River est un des sites qui a connu la plus grosse éclosion de cas de COVID-19 en Amérique du Nord.

Photo :  CBC / Dan McGarvey

Pour rassurer ses employés, Cargill s’est engagée à leur fournir du matériel de protection individuel et à améliorer ses politiques en matière de santé et de sécurité.

La Commission de la santé et de la sécurité du travail a entre temps ouvert une enquête sur les conditions de travail chez Cargill.

Si le syndicat n’arrive pas à empêcher la reprise des activités la semaine prochaine, il rappelle aux employés qu’ils peuvent invoquer leur droit à refuser de travailler dans un environnement non sécuritaire.

À titre individuel, les employés ont toujours le droit d’arrêter de travailler s’ils sentent que c’est dangereux, abonde dans le même sens l’avocat spécialisé en droit du travail Andrew Monkhouse.

Le cas échéant des représentants des autorités sanitaires seront présents lors de la réouverture de l’usine Cargill le 4 mai.

Avec les informations de Sarah Rieger, Terri Trembath et Joel Dryden

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