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Des outils de gestion de crise pour les municipalités francophones

Une femme portant des écouteurs discute avec une autre femme par vidéoconférence sur ordinateur.

L'Associaiton française des municipalités de l'Ontario offre des webinaires sur la gestion de crise à ses membres.

Photo : iStock

Gérer les multiples aspects d’une crise sanitaire de l’ampleur de la pandémie de coronavirus peut s’avérer très compliqué pour les municipalités, surtout si ces dernières doivent aussi se préparer à d’autres incidents ponctuels comme les crues printanières. L’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO) a lancé cette semaine une série de webinaires pour permettre à ses membres de mieux faire face à de telles circonstances.

À Rivière des Français, comme dans les autres municipalités ontariennes, les autorités locales se sont assurées d’appliquer les mesures dictées par la province et de suivre les directives de la santé publique.  

Mais il ne s’agissait là que d’une partie de la gestion de crise, selon la mairesse Gisèle Pageau.

Le plus important ici, c’est l’aspect touristique parce que la moitié de notre population vient de l’extérieur de Rivière des Français et ils n’ont pas accès à leurs chalets ou à leurs maisons. Il y a beaucoup d’inquiétude, le téléphone n’arrête pas de sonner, explique-t-elle. 

Une femme devant une pile de sacs de sable.

Gisèle Pageau est la mairesse de Rivière des Français.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Projean

La moyenne d’âge de la population locale étant élevée, il était aussi important pour la municipalité de garder un œil particulièrement sur les personnes âgées.

Il faut s’assurer qu’ils soient sains et saufs, surtout du côté mental. Ils sont habitués à sortir, à participer à des dîners d’aînés, à aller jouer aux cartes, toutes ces choses-là sont annulées, alors nous avons un groupe qui fait la liaison avec nos aînés, note la mairesse Pageau.

Le sort des entreprises touristiques de la région, qui appréhendent de grandes pertes de revenus pour une troisième année consécutive, préoccupe également les autorités municipales. 

On essaie de les appuyer, mais nos mains sont liées. On essaie de faire du lobbying pour que nos entreprises touristiques obtiennent du soutien financier du gouvernement. On a eu les feux [en 2018], les inondations l’an dernier, et cette année, c’est le coronavirus. C’est très difficile pour elles de survivre dans le métier qu’elles font.

Gisèle Pageau, mairesse de Rivière des Français

Le dégel printanier amorcé, le niveau actuel des eaux n’inquiète pas pour l’instant la mairesse, qui avait dû déclarer l’état d’urgence l’an dernier.

Mme Pageau souligne toutefois que l’éventualité de feux de forêts qui pourraient incommoder les résidents de Rivière des Français, comme Parry Sound 33 en 2018, fait l’objet d’une réflexion continue des fonctionnaires municipaux. 

Éviter une double ou triple crise

Des cas comme celui de Rivière des Français illustrent la nécessité de renforcer les capacités des municipalités surtout en contexte de pandémie, selon l’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO). 

Un homme noir qui porte des lunettes et qui sourit

Yaye Peukassa est responsable du développement des affaires pour l'Association française des municipalités de l'Ontario.

Photo : Yaye Peukassa

Avec ses partenaires, l’organisme met à la disposition de ses membres des webinaires notamment sur la gestion du télétravail, la gestion du stress en situation de pandémie ainsi que des stratégies pour soutenir les gens pendant la crise.

Le responsable du développement des affaires de l’AFMO, Yaye Peukassa, reconnaît que les municipalités disposent déjà de plans de gestion d’urgences.  

Mais la plupart des programmes de gestion d’urgences n’intègrent pas le fait qu’une urgence se passe dans une autre urgence, ajoute-t-il.  

Cette pandémie survient au printemps, le temps du dégel. Certaines municipalités sont exposées aux crues et aux feux de forêt et risquent donc de se retrouver dans une triple crise. On regarde ça et on se dit qu’il faut qu’on essaie d’outiller et d’accompagner nos membres, ne serait-ce que pour attirer leur attention sur ces facteurs-là et leur éviter pour certains une double, et pour d’autres un triple crise.

Yaye Peukassa, responsable du développement des affaires et partenariats pour l’AFMO

L'importance du réseautage

Pour l’urbaniste de la Ville de Hawkesbury, Manon Belle-Isle, qui a participé jeudi au premier webinaire sur la gestion du télétravail, les formations de l’AFMO viennent à point nommé parce qu’elles permettent aussi un partage de connaissances entre les participants.  

C’est important de voir ce qui se fait ailleurs et ça nous permet de valider les démarches qu’on veut entreprendre. On se fie aux normes et protocoles établis par le gouvernement mais c’est aussi intéressant de discuter de ce que l’on vit dans le monde municipal, affirme-t-elle. 

L’AFMO avait lancé un sondage en février pour s’enquérir des besoins en formation professionnelle de ses membres. L’organisme compte ainsi poursuivre ses webinaires bien au-delà de la crise sanitaire au fur et à mesure que de nouveaux sujets se découvrent.  

Ce qui est important pour l’AFMO, c’est le service aux membres. Lorsqu’on a une association comme la nôtre, le service aux membres n’a pas de date d’expiration, conclut Yaye Peukassa.

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