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COVID-19 : des tests rapides fabriqués à Ottawa finalement jugés inefficaces

Une boîte métallique sur un muret de métal.

L’entreprise ontarienne Spartan Bioscience devra continuer à travailler sur son produit uniquement en laboratoire.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le Québec en avait acheté 200 000, l'Ontario près de 1 million, mais Santé Canada les juge inefficaces. Les tests de l’entreprise ontarienne Spartan Bioscience n’ont finalement pas obtenu l’homologation du fédéral et ne pourront pas, pour le moment, être utilisés au sein de la population.

À la lumière des résultats des études de validation clinique, Santé Canada a restreint l’utilisation du produit à la recherche, a indiqué l'organisme fédéral, dimanche.

Les tests de Spartan avaient été approuvés de façon conditionnelle par Santé Canada, en raison de l'urgence sanitaire. Il s’agit de tests rapides effectués par un appareil portable en forme de cube.

Des études supplémentaires ont été menées, en avril, au Laboratoire national de microbiologie, à Winnipeg. Elles ont démontré que la technologie de Spartan fonctionne bien en laboratoire, mais beaucoup moins en clinique sur des patients.

Spartan va procéder à un rappel volontaire des tests COVID-19 et effectuera des études cliniques supplémentaires sur la méthode d’échantillonnage ainsi que les cotons-tiges, a indiqué l’entreprise dimanche.

Environ 5500 de ces analyseurs portatifs, appelés Spartan Cube, avaient déjà été expédiés aux agences de santé fédérales et provinciales. L'entreprise de biotechnologie établie à Ottawa souligne que c'est de l'efficacité du prélèvement de l'échantillon dont Santé Canada doute, et non de l'appareil.

Le test rapide conçu par l’entreprise d’Ottawa ne pourra donc être utilisé qu’en laboratoire à des fins de recherche, pour le moment.

Cela souligne vraiment l'importance du type de contrôle de la qualité auquel nous soumettons les nouveaux tests. Nous agissons de façon prudente, car nous ne voulons pas que les tests soient incapables de détecter la maladie, a affirmé l'administratrice en chef de la santé publique du Canada, Theresa Tam, dimanche.

Le rôle des provinces

À Ottawa, le premier ministre Justin Trudeau a indiqué dimanche qu'à la lumière des nouvelles restrictions sur ce test rapide, il revient aux provinces de décider si elles peuvent encore aller de l'avant avec leurs plans de déconfinement ou si elles doivent rouvrir leurs économies plus lentement.

On a su dès le début qu'il fallait qu'on agisse rapidement dans cette crise, dans cette urgence, pour assurer qu'on faisait tout ce qu'on pouvait pour protéger les Canadiens. […] Mais, quand on fait ça rapidement, on apprend aussi rapidement différents niveaux de succès ou de défis associés à certains processus, à certains équipements, a dit M. Trudeau.

Québec a déjà acheté 100 appareils portables à Spartan, en plus de 200 000 ensembles de tests. Dimanche, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a indiqué que l’entreprise avait encore le temps de réagir, puisque l'équipement devait être livré le 31 mai. Le MSSS ajoute que la commande de 16 millions de dollars sera annulée en vertu d’une clause prévue à cet effet si l’homologation requise n'est pas obtenue.

Le gouvernement Ford, en Ontario, a aussi acheté un million de trousses de dépistage à Spartan Bioscience. Mais le ministère de la Santé ontarien ne semble pas perturbé outre mesure par la décision de Santé Canada.

Bien que l'Ontario n'ait pas encore utilisé les tests Spartan, nous sommes un leader au Canada en ce qui concerne les volumes de tests quotidiens par habitant et nous nous classons parmi les meilleurs au niveau mondial. Pour assurer la santé et le bien-être des Ontariens, nous continuons à investir et à maximiser la capacité de test de l'Ontario, a déclaré un porte-parole, dimanche.

Vendredi, Radio-Canada rapportait que les tests de Spartan suscitaient les doutes de certains experts.

Le même jour, Horacio Arruda a indiqué que si on veut augmenter les capacités de tester, ce genre de technologie est plus facile et plus rapide. Le directeur de la santé publique du Québec a ajouté que si le test n’était pas homologué, ça va changer nos scénarios, mais il y a d'autres alternatives.

Ces autres alternatives incluent des analyseurs automatisés de l’entreprise Roche. Québec en a commandé cinq à la mi-mars, et deux sont déjà en service au Centre universitaire de santé McGill et au CHU de Sherbrooke.

Les données publiées par l’Institut national de santé publique (INSPQ) indiquent que le Québec a testé entre 4300 et 5133 personnes par jour la semaine dernière.

Dans les jours qui viennent, le but de Québec est de passer à 14 500 tests par jour. Québec insiste pour dire que les tests de Spartan ne font pas partie de ce plan. Mais ces tests rapides auraient permis à Québec de passer rapidement à 20 000 ou 30 000 tests par jour, disait récemment M. Arruda.

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